‹ Précis de droit civilChapitre 4 sur 278 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

liberté da taux de l'intérêt conventionnel de l'argent en matière commerciale, et je signale toutes les modifications que la loi du 9 avril 1881, sur la création d'une caisse d'épargne postale, et la loi du 20 juillet 1886, relative à la caisse des retraites pour la vieillesse, ont apportées à la condition des mineurs et des femmes mariées.

Je me suis conformé au plan suivi par les rédacteurs du code civil, sans m'aslreindre toutefois à observer l'ordre des articles compris dans une division déterminée. Je n ignore pas les critiques qu'on a adressées à la méthode de la loi ; mais j'ai pensé qu'il y aurait de graves inconvénients à la modifier d'une manière trop sensible. L'auteur, qui substitue ses classifications, fussent-elles plus logiques, à celles du code, s'expose à faire perdre de vue le texte, qu'on ne saurait mettre assez fréquemment sous les yeux des étudiants. C'est aussi dans ce but que le Précis de droit civil reproduit les articles en caractères italiques et entre guillemets. J'ai employé cette notation, quoique peu usitée en imprimerie, pour mettre mieux en relief le texte de la loi.

Persuadé que la jurisprudence fournit des éléments très précieux pour l'interprétation du droit, j'indique sur la plupart des questions controversées le sens dans lequel elle s'est ou paraît s'être fixée. Mais, pour ne pas enlever à mon ouvrage son caractère de précis, je me suis borné à citer les arrêts les plus récents et de préférence ceux qui constituent des décisions de principe. Toutefois j'ai analysé d'une manière complète la jurisprudence des dix dernières années, sur laquelle les autres ouvrages de droit civil même les plus récents ne contiennent aucune indication, à raison de la date de leur publication.

Je me suis fait une règle de ne pas rapporter les noms des auteurs à l'appui des opinions que j'adopte ou que je combats. A ceux qui pourraient s'en étonner, je ferai observer que, dans un livre où l'on se propose moins de tout dire que de donner des solutions exactes et de poser les fondements d'une science, tout peut rester à l'état de notions impersonnelles. Les doctrines tirent leur force des raisons qu'elles invoquent, et non des jurisconsultes qui les soutieiment. Il est bon d'habituer de bonne heure la jeunesse à la pratique

PRÉFACE Vil

de ce précepte trop souvent oublié : non exemplis, sed legibus judicandum.

On m'a reproché de n'avoir pas placé en marge du Précis un questionnaire, correspondant aux matières traitées dans le corps de l'ouvrage. Ce procédé permettrait aux étudiants de s'interroger sur ce qui fait l'objet de leurs études, et faciliterait la préparation aux examens. J'ai cru qu'il leur serait plus profitable encore de rédiger eux-mêmes ce questionnaire; pour cela j'ai fait imprimer cette troisième édition sur papier collé et laisser des marges suffisantes. Ce travail, auquel je les convie, les contraindra à se recueillir et à résumer sous forme de questions les pages qu'ils auront lues. Excellent moyen de vérifier et de rendre plus solides les connaissances qu'ils y auront puisées.

Avant de finir, je veux acquitter une dette en remerciant ceux de mes lecteurs qui ont eu la bonne pensée de me faire part de leurs observations. J'en ai tenu compte avec conscience, dans la mesure qui m'a paru vraie. J'accueillerai de même avec reconnaissance toutes celles qui me seront adressées dans l'avenir, même par des étudiants. Je ne me dissimule pas que le Précis de droit civil présente encore des imperfections à réparer; je fais appel à la bienveillance de tous pour me les signaler. Un livre qui vient de naître a tous les défauts inséparables de son âge; il reste ensuite à le corriger, le redresser, le compléter, l'améliorer. C'est une éducation à faire, et cette tâche est plus longue et plus pénible que la première. Ce sera la constante occupation de ma vie; mais pour réussir j'ai besoin que la critique vienne activer, éclairerai féconder mes efforts personnels.

Bordeaux, 1" mai 1888.

G. BAUDRY-LACANTINERIE.

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