I. Notions générales sur la famille
408. La famille est l'ensemble des personnes unies entre elles par un lien de parenté ou d'alliance. Quelquefois le mot famille se prend dans un sens plus restreint, comme désignant seulement l'ensemble des personnes qui sont unies par le lien de la parenté.
A. De la parenté.
409. La parenté résulte des rapports de filiation. On peut la définir : le lien qui unit les personnes descendant les unes des autres ou d'un auteur commun.
DU MARUGË 239
On voit par cette définition qu'il existe deux espèces de parenté, savoir la parenté directe, qui relie entre elles les personnes descendant les unes des autres, par exemple le père et le fils, Taïeul et le petitfils, et la parenté collatérale (quasi a latere), existant entre personnes qui, sans descendre les unes des autres, descendent d'un auteur commun, par exemple entre deux frères, dont Tauteur commun est le père, ou entre deux cousins germains, qui ont pour auteur commun l'aïeul.
Mes parents, directs ou collatéraux, sont dits paternels ou maternels, suivant qu'ils me tiennent par mon père ou par ma mère. En d'autres termes, mon père et tous ses parents sont mes parents paternels ; ma DQère et tous ses parents sont mes parents maternels. Une même personne peut m'étre parente par mon père et par ma mère ; elle est alors mon parent paternel et maternel tout à la fois. Ëclaircissons tout cela par des exemples. Deux frères qui ont le même père et une mère différente sont, l'un par rapport à l'autre, parents paternels ; on les appelle frères consanguins (vulgo frères de père). Deux frères qui ont la même mère et un père différent sont parents maternels ; on les appelle frères utéiHns (vulgo frères de mère). Enfin deux frères issus du même père et de la même mère sont parents paternels et maternels tout à la fois ; ils sont dits frères germains»
410. On distingue en matière de parenté la ligne et le degré. a. — La ligne est la série des parents. Elle est directe ou collatérale. La ligne directe comprend la série des parents directs. Elle est ascendante ou descendante, suivant qu'on envisage les auteurs ou la postérité d'une personne : — ses auteurs, ou autrement dits ses ascendants, père, mère, aïeuls, aïeules, etc., d'où le nom de ligne ascendante;— sa postérité, fils, petits-fils, arrière-petits-fils..., ou autrement dit ses descendants, d'où le nom de ligne descendante. En d'autres termes, la ligne directe est ascendante ou descendante, suivant qu'on envisage la série des parents qu'elle comprend en remontant ou en descendant: en remontant, du fils au père, de celui-ci à l'aïeul, de ce dernier au bisaïeul ; en descendant, du père au fils, du fils au petitfils, de celui-ci à Tarrière-petit-fils.
La ligne collatérale comprend la série des parents collatéraux. La ligne collatérale est une ligne double qui a son point de jonction à l'auteur commun.
b. — Le degré est la distance qui existe entre deux parents (1). On calcule cette distance par le nombre des générations.
(1) En matière de succession, la loi emploie quelquefois le mot degré dans un sens tout différent, comme désignant Tensemnle des personnes appelées simultanément à - recueillir la même succession. 11 est alors synonyme de rang. V. art. 786 et 787.
240 PRÉCIS DE DROIT civa
Entre deux parents en ]igne directe il y a aulant de degrés que de générations : ainsi le pore et le fils sont parents au premier degré, Taïeul et le petit-fils, au deuxième et ainsi de suite.
Le calcul du degré est un peu plus compliqué pour les parents collatéraux. La difflculté vient de ce^uejes collatéraux descendent, non les uns des autres, mais d'un auteur commun : ainsi deux frères descendent d'un auteur commun qui est le père, deux cousins germains, d'un auteur commun qui est l'aïeul; de sorte que, pour mesurer la distance qui sépare deux parents collatéraux, ou autrement dit leur degré de parenté, il y a deux lignes de parenté à considérer, ou plus exactement deux branches d'une même ligne, qui ont leur point de convergence à l'auteur commun.
Le trait d'union qui existe entre deux parents collatéraux étant l'auteur commun, il est tout naturel de calculer la distance qui les sépare, ou en d'autres termes leur degré de parenté, en faisant la somme des distances qui existent entre chacun d'eux et l'auteur commun. De là cette règle, écrite dans l'art. 738, que, pour compter les degrés en ligne collatérale, il faut remonter de l'un des parents jusqu'à l'auteur commun, en comptant le nombre de générations ou degrés qui les séparent, et y ajouter le nombre de générations ou degrés que Ton trouve en redescendant de l'auteur commun jusqu'à l'autre parent.
On voit ainsi que deux frères sont parents au deuxième degré. En effet l'auteur commun de deux frères est le père. De moi à mon père il y a un degré, de mon père à mon frère, un degré également ; total deux degrés. C'est le degré le plus rapproché en ligne collatérale : il n'y a pas ici de premier degré, ou, si l'on veut, le premier degré est le deuxième. De même deux cousins germains sont parents au quatrième degré. De moi à mon aïeul, auteur commun, il y a deux générations et par suite deux degrés. Il y a deux degrés également de mon aïeul à mon cousin germain, total quatre degrés. Il existe une génération de moins entre l'oncle et le neveu, par conséquent il sont parents au troisième degré.
C'est ce que l'on voit très facilement à l'aide de la figure ci-dessous, dans laquelle chaque individu est père ou mère de la personne qui se trouve immédiatement au-dessous d'elle sur la même ligne. Cette figure a en outre l'avantage de présenter aux yeux la parenté collatérale en la forme imagée §ous laquelle on la présente ordinairement à l'esprit, celle d'une échelle double ayant son sommet à l'auteur commun, et dans laquelle chaque génération est représentée par un degré de l'échelle. Gradtis dicti sunt a similitudine scalarum.