‹ Précis de gymnastique rationnelle de plain pied et à mains libresChapitre 20 sur 36 · JAMBES · texte numérisé non relu

JAMBES

Pente. — Jambes ouvertes, tendues en avant, transverse avant, transverse, transverse arrière, arrière, de trois longueurs de pied sur les branches de l’étoile. Fente droite avant, le pied droit se pose sur la branche, à 90° ; dans Fente oblique droite avant, le pied droit se pose sur la branche oblique à 45° ; dans Fente transverse droite, le pied droit se pose sur la branche latérale droite à 0°. (page 4^).

La fente latérale se fait bilatéralement. Le corps étant en Fixe et le centre de gravité placé dans l’axe, on déplace la jambe droite à droite, puis la jambe gauche à gauche, les deux petites fentes ainsi produites tour à tour à droite et à gauche ramènent le centre de gravité dans le plan où il se trouvait avant l’exécution de la première petite fente à droite. Les deux petites fentes en s’additionnant constituent la fente normale.

Une grande fente à droite ou à gauche produite du premier

coup rompt trop l’équilibre du corps par un trop grand angle de déplacement du centre de gravité.

Pente. — Fautes : Mômes fautes qu’en Fixe. Jambes mal tendues et anguleuses. Pieds reposant mal sur le sol. Reins non fixés, etc.

Fente sur l’Étoile. — Dans la position fondamentale dérivée de Fente sur Etoile, les pieds doivent tour à tour être placés sur les branches de l’étoile, à droite et à gauche. Sur cette position fondamentale des jambes, le tronc prend des positions annexes auxquelles s’ajoutent par degrés d’intensité les positions annexes ou sous-annexes des bras et de la tête, (page 63).

Fléau. — Jambes tendues, raidies, formant la masse d’un fléau jouant autour de l’articulation du bassin, dans la position debout, couchée sur le dos, ou en suspension par les mains, à un point d’appui, le dos étant maintenu verticalement le long de l’espalier ou d’un mur. Le jeu des jambes sur le bassin se règle au i/4, à la 1/2, aux 3/4 d’ouverture d’angle.

Le fléau est une fente des jambes avec un seul point d’appui pris sur une jambe, l’autre jambe étant soulevée au-dessus du sol, ou bien avec un point d’appui sur le dos ou sur le ventre ; les deux jambes étant libres, sont mises en fente, (page 46)-

Fléau. — Fautes : Mêmes fautes qu’en Fixe, en Couché ou en Suspendu.

En Fixe : Les jambes sont anguleuses et mal tendues, le pied de la jambe soulevée n’est pas tendu. Le centre de gravité du corps n’est pas fixé dans le plan vertical. Par attitude de compensation, le tronc est

projeté sur le plan opposé à celui de la jambe soulevée : en arrière quand la jambe est soulevée (Fig. 33) en avant ; en avant quand la jambe est soulevée en arrière Fig. 33. — Fléau avant. (Fig. 34 ) ; à Levier du 1er genre. gauche quand (Équilibre instable.) la jambe est soulevée à droite ; à droite quand la jambe est soulevée à gauche.

La figure 35 eu fléau arrière établit la diflérence du travail musculaire de la région dorso-lombaire d’après la fixation ou la non fixation du tronc dans le plan vertical. Avec la non fixation du tronc on a affaire

— Ii8 —

;i un levier du I f^ciiro intcvcippui en équilibre instable sans action directe sur le. développement de la cage thoracique ; avec Ja fixation du tronc, on a aflaire a un levier interpuissunt , en équilibre d’autant plus

stable que les muscles du massif dorso-lombaire sont mieux entraînés. Le travail est différent. Dans le premier cas il est soumis à la loi du moindre effort, le poids du tronc, déplacé sert à soulever le poids de la jambe sans localisation du travail musculaire; dans le second cas il est soumis à, la loi du plus grand effort, avec localisation du travail musculaire.

En CouciiiL : Les jambes sont anguleuses et mal tendues. Dans le fléau avec une jambe, l’autre jambe est soulevée par attitude de compensation. Dans le double fléau avec les deux jambes, celles-ci sont anguleuses, la pureté de la flexion des jambes sur le bassin dépend de la pureté de la fixation du dos sur le plan horizontal. Dans l’abaissement des jambes, celles-ci reviennent trop vite, sur le sol, le muscle grand droit de l’abdomen n’est pas assez tendu, les muscles des lombes ne sont pas assez puissants pour fixer les vertèbres donnant un Levier du 3» genre dans l’attitude Point d’appui rigide aux faisceaux lombaires verticale du tronc équilibre du psoas-iliaque.

stable). La respiration est supprimée, d’où con-

gestion du cerveau.

En Suspendu : Mêmes fautes qu’en Couché, avec projection du bassin en avant et ensellure compensatrice des reins. Mêmes fautes au point de vue respiratoire.

Fig. 35. — Fléau

Levier du ter genre dans l’attipenchée du tronc (équiinstable).

tude

libre

Fléau droit, avant. — La jambe droite rigide est soulevée dans le plan antérieur de l’étoile (90°). (page 46).

Fléau droit, transverse, avant. — La jambe droite rigide est soulevée dans le plan oblique antérieur de l’étoile (45°).

Fléau droit, transverse. — Jambe droite rigide soulevée dans le plan transverse de l’étoile (o°).

Fléau droit, transverse, arrière. — Jambe droite xdgide soulevée dans le plan oblique postérieur de l’étoile (3i5).

Fléau droit, arri&re. — Jambe droite rigide soulevée dans le plan postérieur de l’étoile (270°). (page 46).

Fléau gauche, avant. — Jambe gauche rigide soulevée dans le plan antérieur de l’étoile (90°).

Fléau gauche, transverse, avant. — Jambe gauche rigide soulevée dans le plan oblique antérieur de l’étoile (i35°).

Fléau gauche, transverse. — Jambe gauche rigide soulevée dans le plan transverse de l’étoile (x8o°). (page 46).

Fléau gauche, transverse, arrière. — Jambe gauche

rigide soulevée dans le plan oblique postérieur de l’étoile (220°).

Fléau gauche, arrière. — Jambe gauche rigide soulevée dans le plan postérieur de l’étoile (270°).

Fléau droit, oblique. — La jambe droite étant placée en crochet oblique, la tendre fortement.

Fléau gauche, oblique. — Même mouvement que pour la jambe droite.

Fléau accroupi. — Le corps accroupi sur une jambe pliée, soulever l’autre jambe en avant, tendue en fléau, (page 46).

Fléau appuyé. — La jambe soulevée prend un point d’appui par le pied à un agrès ou bien est maintenue à main d’homme.

Ainsi : Fléau droit, transverse avant appuyé veut dire jambe droite tendue rigide soulevée dans le plan oblique antérieur par 45° de l’étoile et maintenue fixe à un point d’appui.

Double fléau couché. — Dans la position fondamentale Couché sur le dos, élever les jambes à angle droit, les entr’ouvrir en fcw’me de V et les refermer alternativement, (page 46).

Double fléau suspendu. — Dans la position fondamentale Suspendu par les mains à l’espalier, soulever les jambes à angle droit, les entr’ouvrir en forme de Y et les refermer alternativement, (page 46).

1/4 Losange. — Pieds en équerre, demi pointé, quart de flexion des cuisses sur les jambes ouvertes de dedans en dehors, formant un losange, tronc vertical, (page 46).

1/2 Losange. — Même mouvement, avec demi- flexion des cuisses formant un losange, tronc vertical.

Losange fermé. — Pieds en équerre, demi pointé, flexion complète des cuisses sur les jambes, siège reposant sur les talons, tronc vertical.

Losange. — Fautes : Mêmes fautes qu’eu Fixe pour le tronc et qu’en pointé pour les pieds en Equerre.

Les genoux ne sont pas assez. écartés.

Le tronc n’est pas fixé dans le plan vertical, les bras sont mal tendus le long du corps.

Pentagone. — Fente, sur étoile, pointé, demi flexion des cuisses sur les jambes. Les cuisses, les jambes et la ligne du sol doivent passer par un plan sur lequel les cinq lignes dessinent un pentagone régulier, (page 46).

Pentagone. — Fautes : Mêmes fautes qu’on Fixe pour le tronc et qu’en Pointé pour les pieds.

La fente n’est pas assez grande. Les jambes ne sont pas assez écartées.

La flexion des jambes n’est pas assez prononcôo ou l’est trop.

Crochet. — Cuisse levée formant un angle droit avec l’axe vertical du corps, jambe tombant vers le sol à angle droit sur la cuisse et formant crochet. Le crochet est le fléau brisé à angle droit, à l’articulation du genou, (page 46)-

Crochet. — Fautes : Mêmes fautes qu’en Fixe pour le tronc. La jambe est plus ou moins pliée sur la cuisse. Cette faute est très fréquente. La pointe du pied n’est pas dirigée vers le sol.

Crochet pointé -pédale. — Alternativement, extension du pied sur la jambe, pointe du pied dirigée vers le sol, pied tendu de haut en bas, et flexion du pied sur la jambe, pied plié de bas en haut. Mouvement excellent pour l’entraînement du pied.

Crochet oblique droit. — La jambe droite soulevée étant placée en crochet, faire exécuter à la cuisse un mouvement de rotation en dehors, comme pour l’attitude losange.

Crochet oblique gauche. — Même mouvement pour la jambe gauche, (page 46).

Battu. — Mouvement alternatif de la jambe soulevée en crochet et passant en fléau.

Battu oblique. — Mouvement alternatif de la jambe soulevée passant du crochet au fléau oblique.

Rond de jambe à terre. — Fixe. Fente droite avant, fléau pointé, le bout des orteils touchant le sol, tracer avec la pointe du pied droit un cercle sur le sol, dont le diamètre est représenté par la distance. qui sépare les deux pieds l’un de l’autre. Exécuter les ronds de jambe en suivant. De même de la jambe gauche.

Rond de jambe soutenu. — Fixe. Crochet droit latéral (jambe ouverte comme dans losange), pied droit tombant, la pointe en bas verticalement, exécuter alors dans l’espace avec la pointe du pied un cercle en dehors puis en dedans. De même pour la jambe gauche.

Crochet appuyé. — Même attitude de la jambe pliée sur la cuisse, le pied de la jambe en crochet appuyant sur le sol, sur un banc, une poutre, l’espalier, ou maintenu sur les genoux d’un opposant, (page 4?> Genou).

Crochet suspendu. — Même attitude de la jambe pliée sur la cuisse, le point d’appui étant pris à l’articulation du genou à la barre, à la poutre ; le corps est alors en suspension en l’air, (page 46).

Crochet appuyé, pointé. — Même attitude qu’en crochet appuyé, mais avec point d’appui de la jambe pris sur la pointe du pied.

Double crochet. — Les deux jambes sont placées en crochet, après point d’appui pris sur le dos, en position couchée sur le sol, ou suspendue en l’air par les mains, comme pour double tléau à l’espalier, (page 4<J» Crochet suspendu).

Califourchon. — Les jambes sont écartées et placées à cheval autour d’un point d’appui : selle, poutre, banc, qu’elles serrent.

Califourchon appuyé. — Même attitude qu’à califourchon mais les pieds reposant sur le sol sans serrer l’appui.

Pas normal. — Marche à l’allure individuelle, en scandant le pas. Le tronc maintenu dans la verticale, la poitrine développée.

Pas pointé. — Marche à l’allure normale sur la pointe des pieds en souplesse; le tronc maintenu dans la verticale, la poitrine développée.

Pas glissé. — Jambes tendues, le corps soulevé sur la pointe des pieds. Le tronc fixé dans la verticale, glisser sur le sol sans plier les jambes.

Pas talonné. — Tronc lixé dans la verticale, jambes tendues et rigides, marche sur les talons.

Pas suédois. — Pieds en équerre. Pied gauche porté en avant ou latéralement à droite ou à gauche, de om io à 0“ i5, d’après la longueur des jambes; pointé sur les deux pieds avec élévation du corps, le tronc maintenu dans la verticale ; pendant cette élévation, rapprocher le pied droit du pied gauche, puis baisser les deux pieds de façon que les deux talons touchent à terre, partir ensuite du pied droit. Ainsi en continuant.

Pas Suédois. — Fautes : Mêmes fautes qu’en Fixe, l’articulation du cou-de-pied n’est pas fortement fixée, elle s’incline en dedans ou en dehors par relâchement des ligaments de l’articulation.

Pas polké. — Pas de la polka, à trois temps, tronc maintenu dans la verticale.

Pas de parade. — Comme pour le pas suédois, mais avec ouverture des jambes plus grande de o™25 à ora32 environ pour une taille de i“74 avec une ouverture des jambes de o"‘8o, le pas de parade doit avoir environ o”32 de longueur.

Pas prussien. — Pas de parade allemand. Le tronc étant

fortement cambré, le maintenir dans la verticale, élever aussi haut que possible la jambe mise en crochet, la lancer brusquement en avant en fléau très tendu, de la pointe du pied au bassin, et la laisser retomber sur le sol, sur la pointe du pied.

Pas losangé. — Les jambes étant placées en flexion en demi losange, soulever le corps sur la pointe des pieds, le tronc maintenu dans la verticale, progresser ainsi sur la pointe des pieds.

Pas losangé couru. — Même pas que le pas losangé, mais en courant.

Pas losangé sauté. — Même attitude que pour le pas losangé mais avec saut eq flexion losangé, le tronc étant lixé dans la verticale.

Pas gymnastique. — Pas de course sur la pointe des pieds, le buste droit, avec lixation des muscles dorso-lombaires, le tronc dans la verticale, les épaules rejetées en arrière sans raideur, les bras légèrement pliés à angle droit sans raideur.

Pas à reculons. — 1° Sur plan horizontal : Si le pas s’exécute sur la terre, tracer sur le sol une ligne droite de quatre à cinq mètres. Si le pas s’exécute dans une chambre, utiliser une des rainures du parquet. Se placer dans le plan vertical de la rainure, en position Fixe, pieds en équerre, immobiliser le tronc et la tête, creuser les reins, placer le pied droit devant le pied gauche en uni ; soulever la jambe droite en fléau avant ; rotation de la jambe ainsi tendue, à droite, en fléau transverse, rotation de la jambe en arrière en fléau arrière ; venir chercher le talon gauche avec la pointe du pied droit en uni. Cambrer les reins en itf Courbe raidie, reporter le centre de gravité du corps d’avant en arrière, redresser le torse et le ramener dans le plan vertical de Fixe. Reprendre le même mouvement, à reculons, avec l’autre jambe. Ainsi en continuant. Il faut toujours s’appliquer à bien respirer et à dépister les attitudes de compensations qui suppriment la valeur de l’exercice ;

2" Sur plan incliné : On choisit une côte ou un escalier. Mêmes mouvements qu’à reculons. Si on l’exécute sur un escalier, placer le tronc dans le plan vertical de la marche sur laquelle le pied de la jambe droite tendue s’appuie ; la jambe gauche étant pliée, le pied reposant sur la marche supérieure, la tendre ensuite en fléau en lui imposant un mouvement de rotation de dedans en dehors en fléau trans-

verse, puis en fléau arrière ; venir chercher avec la pointe du pied la marche inférieure en étendant fortement le pied, laisser descendre lentement le corps sur le bout des orteils et sur la plante du pied gauche, déplacer le centx-e de gravité du corps lentement, d’avant en arrière, le tronc toujours fixé dans le plan vertical, les reins cambrés. Ainsi en continuant, (page 48)-

Pas à reculons. — Fautes : Mêmes fautes qu’en Fixe pour le tronc.

Mêmes fautes qu’en Fléau pour les jambes.

Sauts. — Les sauts démontrent mieux que tout autre exercice physique la valeur de la fixation voulue de tel ou tel groupe musculaire ou de telle ou telle articulation en vue d’un résultat recherché. En effet, selon qu’il est exécuté méthodiquement ou non, le saut constitue un exercice de gymnastique éducative rationnelle et pédagogique ou un exercice de gymnastique sportive. Le saut appartient aux mouvements commandés et aux mouvements libres. Jusqu’à ce jour, en France, le saut est considéré comme un exercice sportif alors qu’il constitue surtout un exercice pédagogique.

Saut éducatif. — Dans le saut de la gymnastique rationnelle de développement tous les mouvements sont réglés de façon que chaque articulation et chaque groupe musculaire entre en fonction d’après sa valeur propre, en vue du travail général imposé par l’analyse du mouvement. Celuici doit être exécuté dans des plans articulaires recherchés, établis d’avance et imposés en vue de l’entraînement rationnel qualitatif et quantitatif de tel ou tel groupe musculaire. Le massif musculaire cervico- dorso-lombaire et surtout le massif lombaire qui maintiennent la colonne vertébrale dans le plan vertical, au point d’arrivée, dans la chute, sont surtout entraînés dans le saut méthodique. Il en est de même du quadriceps fémoral et des jumeaux. Le centre de gravité du corps est déplacé sur des plans géométriques fixes, en raison même de la pureté du jeu de toutes les articulations coopérant entr’elles dans une action synergique précise et voulue d’avance.

Dans la chute du saut, le buste doit rester toujours vertical de façon à laisser les bras libres. Il faut que le sauteur soit toujours maître de ses mouvements pour le redressement du corps. Toute la décomposition des forces doit porter sur l’articulation du bassin et sur l’articulation des genoux. Le sauteur doit s’habituer à tomber dans la verticale et dans l’aire la plus restreinte possible que lui offre le sol ou

la nature du terrain. Les bras ne doivent pas être projetés en avant à l’arrivée, car ils peuvent rencontrer un obstacle et s’y heurter. Le poids des bras déplace le centre de gravité, il tend à faire basculer le corps en avant, d’où chute sur la ligure. L’idéal, pour le sauteur, consisterait à savoir sauter dans un tonneau et à y tomber verticalement sans en toucher les bords.

L’attention du maître doit donc être particulièrement portée sur la position d’arrivée dans la chute qui doit se faire ainsi que suit: buste vertical ; bras tendus en bas, le long du corps ; jambes demi fléchies en losange, demi pointé sur le bout des pieds. Le redressement des jambes s’opère par l’action des orteils, des mollets, des muscles extenseurs de la cuisse et du dos, le buste demeurant toujours dans le plan vertical et n 'ondulant pas sur luimême de bas en haut pour s’élever. On doit s’entraîner aux sauts de la gymnastique rationnelle par des flexions préparatoires des jambes en x/4 losange et en 1/2 losange. On procède ensuite à de petits sauts sur place, puis en avant, en espaçant graduellement la distance. L’attitude à prendre avant de procéder au saut doit être assurée par les mouvements préparatoires suivants : Fixe, tendu arrière, équerre pointé, il4 losange, r 14 salutation, sautez ! (Voir page 55, fig. 23.)

Quand le corps est ainsi préparé, le saut en longueur s’exécute sans élan ou avec élan. Dans les deux cas, on projette les bras en avant au moment de l’extension du corps pour faciliter le déplacement du centre de gravité, qui doit être porté d’arrière en avant. Dès que le centre de gravité a été ainsi déplacé, les bras qui passent brusquement, par une vive détente de tendu arrière en invocation, sont aussitôt ramenés le long du corps, en tendu, alors les reins se creusent pour assurer la fixation et l’immobilisation de la colonne vertébrale dans le plan vertical, la poitrine se développe en avant, la tète est fixée dans le plan vertical. La chute s’opère verticalement, le tronc étant rigidement fixé et suspendu sur l’articulation du bassin, sur les articulations des genoux et du cou-de-pied, par le massif musculaire cervico-dorso lombaire, les muscles du triceps fémoral et ceux du mollet. Le saut éducatif a pour effet d’entrainer les muscles du massif dorso-lombaire, surtout le grand dorsal, dans le lancement des bras en Invocation.

S’il entraîne les muscles de la cuisse et de la jambe, il a une action directe sur l’articulation du cou-de-pied et sur-

tout sur les articulations tarsiennes, métatarsiennes et métatarso - phalangierines.

Saut éducatif. — Fautes : 1° /I vaut, le saut : L’attitude de Fixe a été mal prise au départ, les pieds sont mal placés en équerre, les jambes ne sont pas assez écartées ou elles le sont trop en losanpe ; le tronc n’est pas fixé, les muscles lombaires ne sont pas suffisamment contractés, les épaules penchent en avant ainsi que la tête, les bras no sont pas assez tendus en arrière, l’articulation du coude n’est pas fixée, les bras sont anguleux, les mains ne sont pas dans l’axe des bras.

Dans le mouvement de Salutation les reins ne sont pas creusés, la tête penche en avant ;

2° Pendant le saut : La détente des bras de tendu en arrière en invocation est molle ; les bras anguleux ne sont pas fortement tendus en invocation dans leur élévation au-dessus de la tête. La détente des jarrets n’est pas assez forte. Le tronc ne se redresse pas en Fixe au cours du saut, il ne retombe pas ainsi dans le plan vertical. La tête penche en avant n’étant pas fixée dans le plan vertical. Les reins ne sont pas creusés.

3» Après le saut : Dans la chute du corps sur le sol, les pieds portent à faux, l’articulation du cou-de-pied n’est pas fixée dans le plan antéropostérieur. Les jambes sont molles, l’articulation du genou n’est pas fixée par les muscles : quadriceps fémoral, couturier, etc. ; par les ligaments, etc.

Le tronc tombe en avant, par côté ou en arrière. La tête penche en avant, les bras ne sont pas tendus le long du corps, ils sont tendus en avant en appel ou en tendu avant ; ou en arrière, en tendu arrière. Le redressement du corps sur les pied», en position Fixe, ne se produit pas dans le plan vertical. (Voir figures 25, 26, 27, 30.)

Une erreur consiste avant le saut à placer les bras en invocation, à s’élever sur la pointe des pieds, à porter les bras vivement en arriére en tendu arrière, et à sauter ensuite. Le brusque passage des bras d 'invocation en tendu arrière mobilise le centre de gravité du corps. Celui-ci n’étant pas fixé ne peut recevoir une impulsion bien définie des bras en vue du saut à accomplir. La fixation du tronc est ainsi détruite, celui-ci tombe en équilibre instable sur le sol alors qu’il doit tomber en équilibre stable dans le plan vertical. Cet équilibré doit être recherché aussitôt après le saut. (Voir page 50 (Saut) et figures 23, 24, 28, 29, 31. Le retour à la position de Fixe ne doit être accompli qu’après avoir fixé le tronc dans le plan vertical. Cette correction est très importante.

Saut sportif. — Dans le saut sportif, la liberté la plus grande est laissée au sauteur qui s’accomode au milieu d’après ses moyens propres, la longueur de ses leviers osseux, le développement de tel ou tel groupe musculaire, la puissance de telle ou telle insertion tendineuse, le déplacement plus ou moins facile de son centre de gravité. La loi du moindre effort régit l’acte basé d’après tous les accomodements entre sa constitution anatomique, le centre de gravité de son corps et le centre de gravité de la terre. Toutes les attitudes compensatrices sont permises, recherchées, conseillées. La lin justilie les moyens. La lin est de sauter, bien ou mal, mais de sauter le plus haut ou le plus

loin. Le saut sportif n’est ni physiologique, ni éducatif. Il ne répond à rien au point de vue du développement physique rationnel du corps. Il ne fortifie aucun muscle parce qu’il n’utilise pas le poids du corps placé au centre de gravite, comme opposant sa résistance à la puissance musculaire. C’est donc commettre une erreur de donner comme exemple du saut méthodique les épures chronophotographiques des sauteurs sportifs. Chacun saute d’après son style, tous les sauteurs n’ont pas le même style. Cependant le style est modifié par l’entraînement même au saut éducatif, celui-ci sert d’entraînement nécessaire au saut sportif. Les Suédois qui pratiquent le saut éducatif, sont l»s meilleurs sauteurs sportifs, ainsi que le prouvent les concours sportifs dans les Jeux du Nord sur patin ou sur ski.

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