Partie Dynamique
La Paissance musculaire s’ignore tant que le point d’appui est méconnu ; elle se révèle à elle-même dès que le point d’appui est fixé, par rapport au centre de gravité du corps, alors seulement entre en valeur réelle la résistance, constituée par les segments mis en action. La lixation du point d’appui et, avec le point d’appui, celle du centre de gravité du corps lui-même, et celle du segment articulaire en jeu, permet d’éviter les attitudes de compensation prises instinctivement par le corps pour le moindre travail à produire, en vue du moindre effort, ainsi que nous l’établissons au Chapitre IV, dans les fautes à éviter. L’ignorance de ce principe est la cause de toutes les erreurs commises jusqu’à ce jour en gymnastique rationnelle ; elle a fait prendre le mouvement pour la gymnastique. Le mouvement ne se suffit pas à lui-même, pas plus que la parole. Il est régi par une syntaxe et cette syntaxe a pour base même la science du point d’appui, c’est-à-dire de la position fondamentale.
Exemple : Dans l’attitude du corps : debout, bras tendus en bas, le point d’appui est à la plante des pieds ; la résistance est dans le bloc du tronc et de la tcte ; la puissance est dans les muscles cervico- dorso-lombaires s’opposant à la chute du corps en avant. Pour que l’effet de la puissance musculaire soit complet et bien réglé dans un mouvement de flexion du tronc en avant, il faut que les jambes soient placées en position fondamentale fixe, c’est-à-dire tendues et rigides, formant un bloc inférieur, sur lequel le bloc supérieur, constitué par le tronc et par la tète, également tendus et rigides, grâce à la contraction des muscles extenseurs cervico -dorso-lombaires, doit s’incliner d’après des angles plus ou moins ouverts ou fermés. Le jeu du tronc sur les jambes peut être comparé à celui d’une lame de couteau jouant sur son manche ; le ressort d’acier qui maintient la lame droite sur le manche représente la puissance des muscles du tronc.
Avec l’aide d’agrès très simples, tels que barres, poutres, espalier, etc. ; avec le mobilier scolaire : pupitre, banc, table, chaise, tabouret, etc. ; avec le mobilier de la caserne r lit, table, banc, tabouret, planche à pain, etc. ; avec le mobilier des chambres : lit, armoire, commode, chaise, etc.; avec un mur, un plancher, une cheminée, etc., on peut assurer l’immobilisation des segments et agir ainsi, en loca-
lisant le travail musculaire par celui des bras de leviers mieux réglé, comme résistance segmentaire.
Toute la science du professeur consiste à connaître d’avance le pourquoi mécano-physiologique du mouvement qu’il doit provoquer en partant de l’une des cinq positions fondamentales ou d’une position fondamentale dérivée, sous-dérivée, annexe ou sous -annexe auxquelles est appliqué quantitativement et qualitativement le mouvement dans ses manifestations en Force, en Durée, en Rapidité ou Rythme, en Répétition, et en Combinaison.
I. Force. — La Force déployée dans l’exécution d’un mouvement dépend de la longueur du bras de levier mis en action ; de l’ouverture de l’angle du bras de levier et du poids du segment lui-même libre ou surchargé d’un poids supplémentaire, haltères, mils, opposants élastiques ou humains, etc. La force est ainsi augmentée par l’adjonction d’un poids. La force doit être proportionnée au développement de la puissance musculaire antagoniste. La valeur du travail mécanique utile produit par les muscles dépend de la pureté de la forme prise par le corps placé en position fondamentale au départ du mouvement exécuté en équilibre indifférent, stable ou instable ; en positions dérivées, sous -dérivées, annexes ou sous -annexes. Les segments du corps tendent à prendre automatiquement, d’après la loi du moindre effort, des attitudes de compensation opposant, au poids à mouvoir, leur propre poids par le déplacement, et avec l’aide du poids placé à leur centre de gravité. Celte faute est la plus fréquente. Elle est cause de bien des erreurs en gymnastique rationnelle. La Force se calcule au