‹ Précis de gymnastique rationnelle de plain pied et à mains libresChapitre 9 sur 36 · GRAMME · texte numérisé non relu

GRAMME

II. Durée. — La Durée de l’exercice doit être réglée au chronomètre ; elle varie d’après l’âge et le degré de l’entraînement. L’intensité du travail musculaire et de la fatigue sont en rapport direct avec la durée de l’exercice. La Durée se calcule à la minute.

III. Rapidité ou Rythme du mouvement. — La Rapidité ou la lenteur dans l’exécution augmente ou diminue le travail en le précipitant ou en le retardant. Il appartient au professeur de proportionner le rythme du mouvement au degré de l’entraînement ; à l’amplitude du mouvement exécuté par les bras de levier ; et surtout à l’action, conges* tive ou décongestive du mouvement.

Les mouvements de flexion du corps en avant congestionnent ou décongestionnent la tôle selon qu’on contracte ou non les muscles cervicaux, dorsaux ou du massif lombaire et qu’on immobilise ou non la tête dans le plan vertical du tronc.

Afin de mettre de l’ordre dans l’exécution des exercices il est bon de diviser chaque mouvement en trois parties : r une au départ dans laquelle le corps doit être placé dans une attitude recherchée et établie d’avance afin de bien lixer les points d’appui sur lesquels vont fonctionner les bras de levier mis en action. La valeur du mouvement dépend de la pureté de la forme donnée à celte tenue initiale statique ; 2° une dans l’action ou dynamique, c’est ici qu’il faut considérer la force à déployer et le rythme adopté ; 3° une à l’arrivée dans laquelle le segment, mis en fonction conserve l’attitude fixée d’avance en vue d’un meilleur travail gymnastique, cette attitude statique d’arrivée a une aussi grande valeur que l’attitude statique du départ. En résumé, la tenue est l’attitude d’arrêt prise par un segment du corps avant et après l’exécution d’un mouvement ; l'action est l’exécution du mouvement lui -même.

Exemple : Dans le soulèvement des bras tendus le long du corps pour les placer en attitude horizontale latérale de Croix, la tenue est constituée : i° par la position des bras tendus en bas avant l’exécution du mouvement ; 2° par la position de croix, à la fin du soulèvement du bras. L’action est constituée par le passage de la station des bras tendus en bas, en bras tendus en croix. Pour l’exécution des mouvements à mains libres et de plain pied le temps compté pour la tenue et pour l’action peut varier en secondes ou en divisions de secondes, d’après le segment mis en fonction, l’âge, le sexe et l’entraînement. Si le rythme est, par exemple, fixé à i seconde dans le mouvement d’élévation des bras au-dessus de la tête, bras partant de tendus le long du corps en bas, pour se tendre au-dessus de la tête en invocation en passant par croix, le temps que durera le mouvement sera de 5 secondes ainsi réparties : i” pour la tenue au départ, avant le mouvement d’élévation du bras ; i” pour l’action (élévation des bras en croix) ; i” pour la tenue des bras en croix ; î” pour l’action (élévation des bras en invocation ; i” pour la tenue en invocation. La profondeur du travail musculaire est en raison directe du rythme. La lenteur du rythme facilite la correction des faux mouvements très importante en gymnastique.

Dans les mouvements des bras, on utilise un rythme vif quand on veut agir fortement sur les muscles de la cage thoracique soit dans le plan vertical (en invocation) ou latéral (en croix).

On peut intercaler un rythme rapide dans le cours de rythmes lents et vice versa , un rythme lent dans le cours des rythmes rapides, selon qu’on agit sur tel ou tel segment du corps, inférieur ou supérieur, ou qu’on veut provoquer un effet respiratoire ou circulatoire plus ou moins superficiel ou plus ou moins profond. Le maître est seul juge de cette application. Il peut intercaler par exemple un rythme pour les bras à une 1/2” dans des rythmes de 1”, 2”, 3” du tronc ou des jambes. La Rapidité se calcule à la seconde ou a la division de seconde. On peut adopter pour le commandement la mesure musicale : en ronde, blanche, noire, croche ou double-croche.

IV. Répétition. — La Répétition est également un facteur important avec lequel il faut compter pour provoquer ou pour éviter la fatigue. Elle porte sur les mouvements, au cours même de la leçon. La Répétition se calcule à la quantité des mouvements.

V. Combinaison des mouvements. — Les mouvements combinés sont établis sur le principe de la division du travail, par ordre de valeur du travail de chaque segment entrant en fonction sur une position fondamentale établie d’avance.

Sur cette position, le professeur greffe des positions dérivées et Sous- dérivées ; des positions annexes et sousannexes, d’après la douceur ou la force du travail qu’il veut provoquer. La Combinaison se calcule à la qualité des mouvements.

Une leçon de gymnastique rationnelle, d’après la méthode suédoise, est toujours agréable et reposante. Elle nécessile des maitres très instruits. Elle peut devenir fatigante et ennuyeuse avec des maîtres incompétents. Il n’y a pas d’enseignement ennuyeux, il n’y a que des maîtres ennuyeux. Ils sont ennuyeux parce qu’ils sont ignorants.

L’élasticité de la leçon de gymnastique suédoise est très grande pour le maître qui sait utiliser simultanément : i° les cinq positions fondamentales ; 2° les cinq divisions du travail musculaire ; 3° les douze parties de la leçon-type.

Le maître. se trouve dans la situation d’un artiste devant un piano, sa valeur éducative est en raison directe des

nuances qu’il sait ménager dans le travail psyclio- moteur du clavier qu’est le corps humain, clavier très délicat, surtout chez l’enfant.

Le maître doit toujours avoir pour objectif la liberté du jeu du diaphragme. Un sujet entraîné rationnellement par la gymnastique éducative est toujours prêt à l’action sportive pour si intense qu'elle soit. Il est toujours en forme. La force lui vient sans la chercher non seulement dans la gymnastique mais surtout dans les jeux et dans les sports. La gymnastique éducative est aux sports ce que les gammes ou le solfège sont à la musique.

Mouvements tl’ortlre et de mise en plaee.

Les mouvements d’ordre et de mise en place sont nombreux, les plus faciles sont les meilleurs. En voici un que j’ai vu appliquer dans les écoles et dans les casernes de la Suède. Il est très simple et très rapide.

Les élèves arrivent par rang de taille en conservant entre les deux rangs un espace de quatre-vingt centimètres à un mètre environ.

Le numérotage se fait de gauche à droite par appel de i, 2 — i, 2 — i, 2 — i, 2, etc., par chaque élève placé au premier rang ; chaque élève placé au second rang et couvrant son compagnon de premier rang, prend le numéro d’ordre de celui-ci.

Au commandement Hanche ! tous les élèves placent leurs mains sur les hanches, les coudes largement entr’ouverts et se touchant mutuellement. Cela fait, ils laissent retomber les mains dans le rang. Un autre commandement à forme plus gracieuse, consiste à tendre un bras et à poser la main sur l’épaule du voisin. La distance entre chaque élève est celle de la longueur du bras ainsi tendu horizontalement, l’autre bras est tendu en bas, dans le rang. Ce commandement s’annonce : Épaule ! Au commandement de Fixe, tous les bras rentrent dans les rangs, soit qu’on ait pris les distances en Hanche ou en Epaule. On peut encore tendre le bras gauche en avant, en appel et placer le bout de la main sur l’épaule du voisin d’en face, tandis que le bras droit est tendu en Croix, le bout de la main reposant sur le moignon de l’épaule du voisin d’à côté. On prend ainsi les distances nécessaires à l’évolution de chaque élève en avant et par côté.

Cela fait, on dédouble les rangs. Au commandement

Ouvrez ! tous les n°” 2 du premier rang' font deux pas en avant, et tous les n”’ 2 du second rang font deux pas en arrière. Au commandement : Fermez ! tous les n" 2 du premier rang font deux pas en arrière et tous les n08 2 du second rang font deux pas en avant, comme un accordéon cpii s’ouvre et qui se ferme, au moyen du Pas suédois.

Quand on veut déployer latéralement on ouvre ou on ferme par côté en faisant une fente à gauche ou à droite suivie de un, deux, trois ou quatre pas latéraux exécutés au moyen du Pas suédois.

Schéma du mouvement d’ordre.

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