‹ Précis de l'histoire du droit français (volume 2)Chapitre 14 sur 162 · LA GAULE SOUS LA DOMINATION ROMAINE · texte numérisé non relu

LA GAULE SOUS LA DOMINATION ROMAINE

I>«piiia la oo]iq.Tiôte de Céoar jtUBqxi'à la oliute de Templre d*Oooidaiit.

(476 de Tère chrétieime.)

Quelles furent les conséquences de la conquête romaine?

Lorsque César eut triomphé des Gaulois, les divisions intestines qui séparaient les diverses peuplades les unes des autres disparurent, et en même temps prirent fin ces institutions de patronage qui étaient si fréquentes avant la conquête. L'autorité romaine étant assez forte pour protéger les faibles et empêcher les exactions des puissants, le patronage perdit sa raison d'être pour reparaître plus tard au moment où l'empire romain tomba en décadence et finalement s'effondra sous le coup de l'invasion des Barbares.

La conquête romaine eut pour effet de faire disparaître les mœurs gauloises et d'assimiler dans un laps de temps relativement assez court la race conquise à la race conquérante. On s'explique aisément ce résultat si l'on songe que les Celtes et les Romains sortaient les uns et les autres de la souche aryenne, ces derniers ayant fait seulement des progrès plus rapides par leur évolution intérieure et par l'influence de la civilisation grecque qui leur avait été transmise. Ajoutons, pour rendre compte de cette transformation de la Gaule, le prestige qui entourait le nom et la civilisation de Rome chez les peuples qu'elle avait subjugués, et peut-être aussi le caractère plus particulièrement léger et mobile de la race gauloise déjà remarqué par César : « In consiliis capiendis mobUes et novis

plerumque rébus student (*). » Les Gaulois devinrent peu a peu semblables aux citoyens romains , se servant de la même langue, régis par les mêmes lois, participant aux avantages de la même civilisation. A partir d'Auguste, les empereurs accordèrent souvent le titre de citoyen , le jus dvitatis, aux plus riches et aux plus distingués des Gaulois jusqu'à ce que , sous Caracalla, tous les habitants de Tempire fussent investis des droits de citoyen romain.

Les Gaulois adoptèrent assez vite la langue de la race conquérante, et aujourd'hui encore notre langue est comprise parmi les langues latines et contient peu de traces des expressions celtiques. Cela tient sans doute à ce que, lorsqu'un peuple veut s'assimiler les progrès d'une nation plus civilisée, il est forcé en même temps de s'approprier les termes même qui désignent les objets qui lui étaient inconnus, les idées qui lui étaient étrangères. Ce qui est plus singulier encore, c'est que les Gaulois aient renoncé i leur culte druidique pour professer le paganisme romain. Ceci est plus difficile a expliquer à raison de la force du sentiment religieux qui a son siège dans les profondeurs de l'âme humaine. Peut-être peut-on dire que le culte des druides était tellement sanguinaire et barbare que déjà il était tombé en décadence au moment de la conquête romaine. Ne pourrait-on soutenir également qu'il y avait dans la religion de Rome un fond commun à toutes les croyances originaires de l'Asie (2) et que les Gaulois reconnurent leurs propres dieux dans ceux que leur apportaient les légions romaines? On pourrait invoquer à l'appui de cette manière de voir que, dans beaucoup de localités, les dieux celtiques reçurent les noms des divinités de l'Olympe du paganisme. Quoi qu'il en soit, si l'assimilation de la Gaule avec Rome fut aussi prompte à tous les points de vue, on s'explique sans peine que les Gaulois se soient plies sans effort aux institutions des Romains et aient adopté presque complètement les dispositions de leur droit.

(i)CaB8.,iv, §B.

(2) Klipfel, Étude sur le régime municipal gallo-romain. Nouvelle Renie kistorique de droit français et étranger, 4879, p. 275.

Page 1