‹ Précis de l'histoire du droit français (volume 2)Chapitre 20 sur 162 · LA GAULE APRÈS LES IIITASIONS DES BARBARES · texte numérisé non relu

LA GAULE APRÈS LES IIITASIONS DES BARBARES

Oepals la olinte de l'empire d*OooicLent jasqu'à la f^dalit^. (V« au Xe siècle.)

Les Germains avant les invasions.

Avant de nous occuper de la société qui s'établit en Gaule d la suite des invasions germaniques , indiquons brièvement en quel état se trouvaient les Germains avant la période des invasions. Nous n'avons] guère sur ce point qu'à rappeler les usages des Aryens primitifs que nous avons déjà signalés dans notre partie générale. Le document auquel il faut recourir pour connaître les anciens Germains , est , comme on sait , le traité De moribus germanorum de Tacite , et , s'il est possible que Tacite se soit moins préoccupé d'être exact que de faire la critique des mœurs romaines en les opposant aux mœurs germaniques , Dé&Dmoins il est permis de penser, à raison des relations fréquentes des Romains avec la Germanie , que le tableau qui nous est présenté par cet auteur est fidèlement tracé , et que les traits généraux en sont sensiblement exacts.

Organisation politique. — La Germanie était composée d'un grand nombre de peuplades ayant à leur tête des chefs auxquels on donnait le nom de rois. Ces rois étaient élus et choisis dans la classe aristocratique parmi les membres de la tribu les plus distingués par la naissance , ce qui n'empêchait pas les Germains en temps de guerre de choisir les généraux plutôt d'après leur

78 PÉRIODE GALLO-FRANQUB.

valeur que d'après leur origine : « Aeges ex nobilitate, duces ex virtute sumunt W. »

Les affaires de la tribu les moins importantes étaient abandonnées aux chefs , les plus graves résolues par la tribu tout entière. D'après Tacite, les Germains se rendaient les armes à la main à ces assemblées dans lesquelles Montesquieu a voulu voir l'origine du régime parlementaire. Ils manifestaient leur désapprobation par des murmures , et leur assentiment en agitant leurs framées (2).

A côté de la tribu existait d'ailleurs ce qu'on peut appeler le régime du patronage militaire. Dans les peuplades guerrières , les jeunes gens, dès qu'ils étaient en état de porter les armes, se réunissaient autour d'un chef et il n'y avait aucune honte à se trouver sous une semblable dépendance. Une sorte d'émulation s^établissait entre le chef et les soldats à qui se distinguerait le plus par son courage. On appelait arimanie le groupe de soldats réunis sous un même chef. Il existait dans ce groupe des rapports de confraternité, mais aussi de dépendance; le chef devait protection à ses hommes et ceux-ci en retour devaient obéissance et combattaient pour la gloire du chef : principes pro Victoria pugnant, comités pro principe (3). C'était une sorte de féodalité , mais sans la possession de la terre et la hiérarchie de propriétés. Trois siècles après Tacite , le régime de la tribu pastorale et agricole qui dominait de son temps , fut presque partout remplacé par celui du patronage militaire.

La justice pour les crimes les plus graves était rendue par l'assemblée du peuple. Pour les affaires les moins importantes, on choisissait dans cette assemblée des chefs qui rendaient la justice, assistés d'un certain nombre d'assesseurs qui devaient les aider de leurs conseils et les appuyer de leur autorité. « Eligunturin iisdem conciliis principes qui jura per pagos vicosque reddunt. Centeni singulis ex plèbe comités cansilium simul et auctoritas adsunt W. »

(i) Tacite , De moribus germanarum, § 7.

(2)/*frf.,§ll.

(3)/Wd.,§!4.

(4) Ibid., § 12.

Page 1