I. - ËPOQUE HfiROVINGIBNNE
Droit public.
OrgaJiisation politique.
Les rois francs , après avoir triomphé de leurs adversaires et fait reconnaître leur puissance par toute la Gaule , établirent leur gouvernement sur des principes semblables à ceux qu'ils voyaient accepter dans le monde romain. Tandis que dans les forêts de la Germanie les rois étaient choisis par le peuple, sous les Mérovingiens le pouvoir monarchique devint héréditaire. On a contesté ce fait, et prétendu que la transmission par rhérédité ne commença qu'avec les Carolingiens, en se fondant sur ce que, au début de chaque règne , il y avait des réunions de guerriers pour acclamer le nouveau roi; mais nous savons par de nombreux exemples qu^à la mort de chaque roi les fils succédaient à leurs pères et les réunions que Ton invoque semblent n'avoir eu pour objet que de célébrer solennellement la prise de possession de la couronne (*). Sans doute elles étaient un souvenir des élections usitées en Germanie.
Les rois avaient auprès d'eux une administration centrale qm s'appelait du nom qu'elle avait reçu sous les fonctionnaires romains , le palatium. Celui qui était placé à la tête de cette administration s'appelait magister of/ictorum palaiinorum ou magister palatii, d'où le nom de maître ou maire du palais. Les maires du palais qui paraissent n'avoir eu à l'origine que les fonctions modestes de simples intendants préposés à l'administration d'une résidence royale, virent leur importance s'accroître , surtout pendant les époques de minorité des rois francs et les régences des reines. Ils s'emparèrent alors de l'administration du royaume et finirent par substituer leur autorité à celle des rois. Auprès d'eux se trouvaient un grand nombre de fonc-
(1) Fustel de Coulanges, op, cit., p. 485. — J. Tardif, Études sur les institutions politiques et administratives de la France, p. 8.