HONUMBNTS DU DROIT CANONIQUE
L^inlnence de TËglise fut tràs grande sous les rois francs qoi fùreDt les saccesseurs de Clovis. De nombreux édits des rois méroyingiens approuvèrent les décisions des conciles et les fiitot mettre à exécution. Un éditde Childebert II défendait cou*formément aux lois de l'Église les mariages entre parents proches, entre beau-frère et belle-sœur, entre tante et neveu, ancle et nièce. L'adultère et le rapt étaient punis de mort. Mais si l'Église avait une grande influence sociale, les rois francs de leur côté , imitant l'exemple des empereurs de Constantinople , intervenaient fréquemment dans les affaires de l'Église. Ils convoquaient les conciles nationaux, fixaient l'époque et le lieu de leur réunion , y assistaient par eux-mêmes ou par des délégués. Ils arrivèrent même à prendre une part directe dans la nomination des évêques. D'après les lois de l'Église, remontant aux premiers temps du christianisme, les évêques étaient élus par le clergé et le peuple , avec l'assentiment du métropolitain et des autres évêques de la province. Malgré l'opposition des conciles il arrivait souvent que les habitants d'une ville demandaient au roi de confirmer le choix qu'ils avaient fait. Quelquefois même les rois faisaient eux-mêmes la désignation du candidat (*).
Les monuments du droit canonique de la première époque sont :
1* Un Recueil de décisions des conciles que fit faire le pape saint Léon , en 460 , sous le nom de Codex canonum EcclesUs umversœ. Ce fut la principale source du droit canonique en Gaule jusqu'à Charlemagne.
2* Le Corpus canonum ou Recueil fait par le moine Denys !e Petit vers l'an 500. En l'an 787 , le pape Adrien fit cadeau d'un exemplaire de cette compilation à Charlemagne qui , à son tour, en envoya de nombreuses copies dans les églises et monastères. C'est le seul recueil qui ait été reconnu sans réserve par les rois de France, et Louis XIV le fit encore réimprimer au Louvre en 1687. On peut dire que ce Code des canons de l'É-
(1) J. Tardif y Êùude sitr les institutions politi(iues et administratives de la France, p. 136.
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glise est devenu le Code de TÉglise gallicane. Le Corpus canonum comprend les cinquante premiers canons attribués aux apôtres par l'Église grecque , les décisions des conciles de Nicée, de Constantinople, d'Éphèse, de Chalcédoine , de Sardiqne, les canons de TÉglise d'Afrique et trente-quatre décrétâtes reodues depuis Tan 385.