OBLIGATIONS DU VASSAL
que cette église loi fournirait sod intervention auprès de tel ou tel saint et s'engagerait à l'assister de ses prières. Quelquefois d'aillears, ces fiefs n'avaient d'autre objet que de placer le vassal soQs la protection temporelle des vidâmes qui étaient chargés désintérêts deTÉglise.
Obligations qui résultaient de la constitution du fief .
Les devoirs féodaux peuvent être envisagés, soit en ce qui ooDceroe les obligations du vassal, soit au regard des obligations du seigneur.
l' Les obligations du vassal découlent de la foi et de Thommage, et se résument dans l'expression de fidélité. Le vassal doit au seigneur tout un ensemble de services de nature morale et de prestations matérielles. Il est tenu d'avoir pour lui les égards dus à une personne de condition supérieure. Il doit s'abstenir de l'injurier, le défendre contre ses ennemis, etc.... Quant aux obligations principales, elles se résument dans le semée d'ost, le service de cour et les aides etplaigeries.
Le service d'ost ou service militaire (du latin hostis) était le devoir féodal par excellence : si le vassal ne l'accomplissait pas, il pouvait perdre son fief et être traité de félon. La durée du service variait d'ailleurs suivant la nature de l'hommage. Si FhoiDnmge est ordinaire , le service militaire n'est dû que quarante jours par an ; si Thommage est lige , le vassal doit faire le service en personne et pendant tout le temps que dure la guerre à laquelle il est conduit W.
Le service de cour consiste en ce que le vassal est tenu d'assister le seigneur dans l'administration de la justice du fief. Tous les barons ont en France une cour féodale à laquelle les vassaux doivent venir siéger, à peine de saisie féodale s'ils n'obéissent pas aux réquisitions qui leur sont adressées. C'est devant cette cour que sont jugées les affaires qui sont sou-
(i) Oq distinguait ordinairemeat Test et la dievaachée , le premier terme s'appliqoaQt plus spécialement aux guerres contre l'étranger et le second aux guerres privées entre seigneurs. Lauriôre, Glossaire du droit français^ Y* Chemchée,
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levées entre les vassaux du même seigneur. On peut rattacher cette manière de rendre la justice entre les vassaux aux coutumes franques d'après lesquelles les hommes ne pouvaient être jugés que par leurs pairs.
Les aides qui étaient dues par les vassaux aux seigneurs étaient encore une des conséquences de la féodalité. Les Assises de Jérusalem portent que le vassal doit, à peine de félonie, racheter le seigneur captif, quand même il devrait pour cela vendre son fief. Ces aides variaient suivant les coutumes, mais d'après la plupart d'entre elles, elles existaient dans quatre cas, lorsque le seigneur était captif et qu'il s'agissait de le racheter; quand il s'engageait dans une expédition et qu'il fallait le mettre en état de tenir campagne; enfin lorsque le seigneur mariait sa fille ou armait son fils chevalier (*). En Angleterre, les aides s'étaient tellement multipliées par suite des exigences des seigneurs , que le roi fut obligé d'intervenir afin de les restreindre. On comprenait souvent dans les aides \dL platgerie ^ c'est-à-dire l'obligation pour le vassal de cautionner son seigneur. Les Assises de Jérusalem^ dans lesquelles le droit féodal est compris de la manière la plus rigoureuse, contiennent de nombreuses dispositions relatives aux conséquences de cette obligation à laquelle le vassal était soumis (2).
Enfin , on peut ranger parmi les obligations du vassal l'aveu ou dénombrement. Cet aveu consistait dans une reconnaissance ou état indiquant la nature et la quantité des biens qui étaient compris dans la mouvance féodale. Il n'y eut à l'origine aucun délai précis dans lequel l'aveu devait être fait , et sans doute le seigneur ne le réclamait que dans le cas où il doutait de la fidélité de son vassal. Mais lorsque Tinféodation devint surtout un contrat purement civil, l'aveu dut avoir lieu dans les quarante jours qui suivaient l'hommage.
Ces diverses obligations entraînaient des sanctions plus ou
(1) Le seigneur pouvait également demander à son vassal un rondnde service ou cheval de guerre. Voir à ce sujet Lauriôre , Glossaire du droit français, Vo Cheval de service, et Beaumanoir, ch. xxviii , 1. 1, p.;391. — EL, ï, ch. cxxxv.
(2)Edit. Beugnot, T. II, p. 190 et suiv.