DROIT ROTURIER
L'action des communes fut aussi indirecte en ce qu'elles donnaient aux serfs des campagnes l'exemple de la franchise et leur inspiraient le désir de jouir eux-mêmes de ces libertés qu'ils enviaient chez les autres. Même dans les campagnes, les seigneurs furent souvent amenés à concéder des chartes d'affranchissement. Us étaient d'autant plus encouragés à prendre ce parti qu'ils s'apercevaient que les habitants des communes, soustraits aux exactions dont ils avaient souffert jusque-là, n'ayant plus à payer que des impôts réguliers, devenaient plus riches et que, par suite, ils accroissaient eux-mêmes leurs ressources en accordant la liberté à leurs tenanciers. Aussi peut-on dire , sans être taxé d'exagération , que les communes affranchies furent comme un coin enfoncé dans le vieux tronc féodal et qui à la longue était destiné à le faire sauter.