‹ Précis de l'histoire du droit français (volume 2)Chapitre 60 sur 162 · DROIT ROTURIER · texte numérisé non relu

DROIT ROTURIER

L'action des communes fut aussi indirecte en ce qu'elles donnaient aux serfs des campagnes l'exemple de la franchise et leur inspiraient le désir de jouir eux-mêmes de ces libertés qu'ils enviaient chez les autres. Même dans les campagnes, les seigneurs furent souvent amenés à concéder des chartes d'affranchissement. Us étaient d'autant plus encouragés à prendre ce parti qu'ils s'apercevaient que les habitants des communes, soustraits aux exactions dont ils avaient souffert jusque-là, n'ayant plus à payer que des impôts réguliers, devenaient plus riches et que, par suite, ils accroissaient eux-mêmes leurs ressources en accordant la liberté à leurs tenanciers. Aussi peut-on dire , sans être taxé d'exagération , que les communes affranchies furent comme un coin enfoncé dans le vieux tronc féodal et qui à la longue était destiné à le faire sauter.

Page 1