‹ Précis de l'histoire du droit français (volume 2)Chapitre 9 sur 162 · DBS DELITS CHEZ LES ANCIENS · texte numérisé non relu

DBS DELITS CHEZ LES ANCIENS

Nous ferons cette dernière observation sur le droit pénal des anciens que le droit d'accusation n'a pas été à Torigine considéré comme un des attributs du pouvoir social. En Grèce comme à Rome , chaque citoyen avait le droit de prendre en main les intérêts de la société outragée et de se porter accusateur contre un autre citoyen. Nous savons que c'était un moyen employé souvent par les orateurs à leur début pour s'exercer à la parole et se faire rapidement une réputation. Il arrivait même quelquefois , et c'est un reproche qu'on a adressé à Démosthènes , que des orateurs célèbres ne se faisaient pas scrupule d'engager une accusation contre un citoyen riche afin d'obtenir une somme d'argent importante pour prix de leur désistement. C'est ce droit de se porter accusateur qui nous explique comment, sous les empereurs romains, on vit surgir à Rome un grand nombre de délateurs. Sous la République, chacun devait veiller à la chose publique, et la délation d'un criminel, loin d'être regardée comme une chose honteuse, n'était que l'accomplissement d'un devoir. Lorsque sous l'Empire les pouvoirs publics furent personnifiés en la personne du prince, dénoncer les attentats contre l'empereur rentra également dans les attributions des simples citoyens. Mais on voit, par la juste réprobation dont les historiens ont flétri les délateurs , que le système des accusations publiques avait dégénéré et pris le caractère de la plus basse flatterie.

En Grèce, toutefois, il semble que l'idée de l'intervention sociale en matière de délit ait fini par se dégager, car nous remarquons que, pour divers crimes, certains magistrats avaient le droit de déférer les coupables aux tribunaux répressifs. C'est ainsi que ïarchonte Eponyme pouvait poursuivre les délits commis au préjudice des orphelins; les légistes faisaient poursuivre les fautes commises par les dépositaires des deniers publics; les onze étaient chargés de traduire en justice les auteurs des vols quaUfiés, etc. On voit par là que, si les Grecs n'étaient pas arrivés à l'idée d'un ministère public chargé d'une manière générale de poursuivre au nom de la société la répression de tous les délits, ils avaient néanmoins, dans certains cas particuliers, compris l'utilité de confier cet office à des magistrats spéciaux.

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