PEINES ET RÉCOMPENSES
et non s'épuiser. Il est parfois nécessaire que la jeunesse puisse se convaincre par sa propre expérience de ce qu'on peut obtenir par l'effort; mais les fortes épreuves de ce geni'e ne doivent jamais devenir la règle.
a« Proportion entre ce qui abaisse et ce qui élèife les idées *. Ici, il faut autant que possible qu'il y ait équilibre. Ce qui surgit de soi-même na pas besoin d'être élevé; mais si dans l'ensemble de l'éducation le blâme l'emporte sensiblement, à la longue, sui* l'encouragement, il perd de son action, il indispose plus qu'il ne sert.
3® Proportion entre la liberté et les restrictions quon est obligé dj' apporter. Il faut que les personnes et les choses qui entourent l'enfant soient exemptes de ce qui pourrait l'induire en tentation ; mais l'entourage de Tenfant doit être assez étendu et assez riche pour qu'il se sente peu attiré vers ce qui vient du dehors. 34. Les moyens à! éducation qui ne permettent pas de prévoir la sensibilité des enfants sont d'une efficacité douteuse. Il s'en trouve pourtant quelques-uns, parmi ceux-là, qu'il y a lieu d'essayer, à la condition toutefois d'observer leur action. C'est dans cette catégorie (jue rentrent surtout les peines et les réconi' penses pédagogiques, par lesquelles on reproduit les conséquences naturelles des actes de Tindividu. Ainsi celui qui perd son temps est privé d'une certaine jouissance, celui qui abîme ses affaires est forcé de s'en passer; celui qui s'est montré intempérant est obligé de prendre une médecine amère, le bavard est éloigné des lieux où l'on dit ce qui ne doit pas être entendu de tout le monde, et ainsi de suite. Ces sortes dô punitions ne servent pas à Tamélioration morale, mais elles avertissent et assagissent : dans quelle mesure, souvent on ne peut le dire d'avance ; en tout cas, il peut en rester un souvenir utile.
I. Diaprés la psychologie de Ilerliart, les idées 8*élèvent ou s'abaissent : dans le premier cas, elles entrent dans la conscience, dans le second, elles disparaissent.
35. Quelquefois il importe de faire sortir Tenfant d'une mauvaise voie. On y réussit par une interruption soudaine, en faisant intervenir quelque chose de nouveau. Il y a lieu d'agir ainsi dans les cas où une occupation est devenue traînante et désagréable.
D'autres fois, on voit chez des enfants robustes une conduite très blâmable persister malgré les remontrances et les punitions, ou bien changer de forme, bien qu elle n'ait pour cause essentielle qu'un désaccord facile à faire disparaître. En pareil cas, il suffit peut-être d'un petit cadeau, d'une attention inaccoutumée , pour amener l'enfant à s'ouvrir, et on voit aisément ce qu'il y a à faire quand on a découvert la cause du mal.
36. Chez ceux qui sont faibles physiquement, l'essentiel consiste à prendre gi»and soin de la santé, et à faire piHîuve d'une patience persévérante. Seulement il ne faut pas que la bonté dégénère en faiblesse indulgente ; une surveillance étroite doit remplacer tout procédé de dureté.
37. Il importe muintenant d'appuyer nos considérations sur les difîcrences qui existent dans le caractère et la moralité ' . La culture morale a pour but : i® de tenir l'individu ; a** de le déterminer', 3° à! établir des règles \ 4" *^^ veiller dans l'ensemble à m^iintenin dans Vâme le repos et la sérénité; 5** de Y émouvoir en partie par Y approbation et i)ar le blâme \ et 6^ à* avertir et de corriger à temps. Ces termes courts prendront une signification plus précise par la comparaison des principes développés précédemment.
1° La culture morale considérée en tant qu'elle a pour but
de tenir l'individu.
38. La culture morale, eu tant qu'elle a pour but de tenir l'individu, se rattache d'abord à la mémoire de la çolonté dont