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venir avec soin Texagération, (déjà par la seule raison qu'elle diminue relFet ou produit une i)rcvention fausse, sinon niùme un certain sentiment de crainte), il y a ptmrtant, d'autre part, une sorte d'agrandissement qui convient pour exposer les petites choses d'une manière plus visible, pour présenter à la jeunesse ses propres actes de manière à leur donner plus d'importance ù ses yeux et à en obtenir une plus grande eilicacité contre sa légèreté : cet agrandissement consiste à lui montrer de loin l'avenir. Les moindres défauts peuvent grandir par l'habitude ; le moindre désir, si on ne le refrène pas, peut se transformer en passion. Et puis, les circonstances futures de la vie sont incertaines ; les séductions, les tentations, la misère inattendue peuvent survenir. Ce regard porté sur les possibilités de l'avenir n'est pas à vrai dire une prophétie, et ne doit i)as avoir la j)rétention de passer pour

telle, mais il est pourtant utile à titiHî d'avertissement.

■ 68. Une fois ([u'on est parvenu à faire considérer à l'enfant

sa culture morale comme une chose sérieuse et importante, il

appartient à Y enseignement^ joint à une connaissance de plus en

plus étendue du monde, de faire que la chaleur morale pénètre

dans son entier le cercle de ses idées, et que la conception

de l'ordre moral universel se combine d'une part avec les

idées i*eligieuses, de l'autre avec l'observation de l'individu par

lui-même. A partir de ce moment, il devra être moins souvent

nécessaire d'exprimer d'une façon directe et énergique l'éloge et

le blâme. Il ne sera plus si facile que précédemment de montrer

aux yeux de l'enfant ce qui se passe en lui plus clairement qu'il

ne se l'est déjà dit à lui-même. Mais on peut encore lui venir en

aide d'autre part, c'est-à-dire sur le terrain des idées générales, où

là réflexion progressive de l'enfant cherche à s'orienter peu à peu.

6*0 La culture morale considérée en tant quelle doit

avei'tir et corriger,

69. Enfin la culture morale doit exhorter et corriger le mal en temps utile. On peut toujours supposer qu'un jeune homme, môme arrivé au degré des résolutions morales, a poui*tant encore besoin qu'on fasse de fréquents appels à sa mémoire, quoiqu'il y ait à cet égard de grandes différences entre les individus, et qu on ne puisse les découvrir que par l'observation. Mais ce qu'on rappelle à sa mémoire, ce sont des principes primordiaux qui ont la prétention déjà d'être acceptés universellement, et qui ne peuvent aisément ailirmer cette prétention s'ils ont été énoncés d'une façon inexacte ou conçus dans un ordre défectueux. Ce n'est déjà que chez le plus petit nombre que les considérations générales dominent ; à plus forte raison la jeunesse, qui a tant de choses nouvelles à voir, à apprendre et môme à étudier, sera-t-cUe portée à mettre facilement les anciennes après les nouvelles, et plus encore les choses générales après les choses particulières. Cependant il est bien plus facile de faire des remontrances et de corriger là où une base excellente et solide a été établie que de se borner à tenir l'enfant comme il a été dit plus haut (§§ 38-43) lorsque la culture morale ne rencontre à l'âge de l'adolescence aucun point d'apjmi auquel l'élève puisse seidement essaver de se tenir.

70. On voit par la grande diversité des principes que les écoles ont adoptés dans les temps anciens et modernes pour la doctrine de la morale et du droit, qu'il peut surgir un très grand nombre d'opinions, soit contraires, soit tout au moins exclusives, dès qu'on entreprend de mettre de l'ordre, de la précision et de la logique dans les idées morales existantes. Toutes ces opinions contraires et exclusives, avec les innombrables oscillations qui viennent encore s'y introduire, peuvent se renou-

vêler dans les esprits des enfants, surtout lorsqu'ils tiennent à suivre leur propre chemin. Il est très ordinaire de voir que les principes adoptés s'accommodent aux inclinations, la partie subjective du caractère à la partie objective. Et si Y instruction a le devoir de rectifier Terreur, la culture morale doit utiliser les occasions dans lesquelles les idées ont été visil)lement guidées par les penchants.

71. Mais, dès que Félève a conquis la confiance en ce qui concerne ses sentiments autant ([ue ses principes , le rôle de la culture morale est terminé. En continuant de le juger sans nécessité et de l'observer d'une façon pénible poui» lui, on ne pourrait que nuire à sa sincérité et provoquer des considérations accessoii'es. Une fois que l'élève a pris chiU'ge de sa propre éducation, celle-ci entend ne plus être ti'oublée.

Aphorismef,

72. Le maître ne doit rien tenter qui ne relève^ et consolide sa valeur personnelle aux yeux de l'élève; s'il n'a pas son affection et son estime personnelle, tous les moyens qu'il emploiera ne serviront qu'à peu de chose, et il n'obtiendra aucun résultat...

Des conditions nécessaires a la formation du caractère moral

Aphorismes, a i57'i60.

73. Voici les conditions indis})ensables à la culture du caractère moral :

1°. L'homme doit être occupé infiniment plus des rapports sociaux que de lui-même. La société doit apparaître à son esprit comme une grande énigme, qui doit faille qu'il s'oublie lui-même. Gela peut s'obtenir chez les enfants qui ne sont' pas encore corrompus, bien plus facilement que ne peuvent se rimaginer des égoïstes adultes, qui sont persuadés, parce que le

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