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PREMIÈRE PÉRIODE

De* un a trois ans

Esquisse, " I. L(» i\\ «le rcxistciicc étaiit encore clans les premières années extrêmement faible, et les soins du corps (dont il ne saurait ôtre question ici) devant passer avant toute chose, il en résulte cju il y aura, suivant Tétat de la santé, de grandes dillerences à l'égard du temps vraiment profitable à la culture morale. Si court cpie soit ce temps, il a une extrême importance en raison de la grande sensibilité et de la gramle excitabilité du premier Age.

2. Tout le temps où Teniant veille complètement sans soullrir devra être utilisé de manière à ce que certains ol>jets soient présentés à ses .sens, mais sans' lui être imposés. On devra éviter les fortes impressions, ainsi que les changements nipides : il sullira souvent de varier légèreuient pour exciter de nouveau l'attention qui viendrait k se fatiguer. Il est désirable qu'on obtienne une certaine perfection dans les aperceptions de la vue et de Touïe , afin que ces sens se familiarisent au môme degré avec toutes les parties de leur domaine.

3. On cherchera à donner d'une façon inoifensive libre carrière

au besoin de mouvement de Tenfant : d'abord pour qu'il s'exerce à l'usage de tous ses membres, et aussi pour qu'il étende par ses essais personnels ses observations sur les choses et Jes variations qu'elles peuvent subir.

4. Il faut éviter à l'enfant avec le plus grand soin les impressions désagréables ou choquantes pouvant provenir des hommes. Personne ne doit traiter un enfant comme son jouet.

5. De même, personne ne doit se laisser gouverner par l'enfant , surtout lorsqu'il montre quelque vivacité impétueuse : sinon, on provoque infailliblement chez lui l'entêtement, défaut diificile à éviter chez les enfants maladifs, a cause de l'attention qu'on est obligé de donner aux manifestations de leur m^l.

6. L'enfant doit constamment sentir la supériorité de l'adulte, et éprouver souvent sa propre impuissance: c'est la base de l'obéissance nécessaire. En traitant l'enfant d'une manière conséquente, les personnes (jui T entourent constamment obticn-'* dront l'obéissance plus aisément que d'autres moins souvent présentes. Il faut laisser aux passions le temps de se refroidir, à moins que des circonstances pressantes n'exigent le contraire.

7. Rarement on aura recours à la force, qui ne doit servir qu'a inspirer la crainte autant ({u'il est nécessaire pour pouvoir au besoin formuler ellicacement une menace, et réprimer l'esprit d'insubordination. Car il faut que le gouvernement soit affermi dès les premières années, pour ne pas être obligé plus tard de recourir à l'extrémité fâcheuse des mesui^es de rigueur.

8. 11 faut apporter dès le début beaucoup de soin à la formation du langage chez les enfants, afin de ne pas laisser s'enraciner des habitudes vicieuses et des négligences, qui plus tard occasionnent ordinairement beaucoup de perte de temps et d'ennuis. On évitera absolument les expressions recherchées, dont le sens dépasse la portée des idées de l'enfant.

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