DE QUATRE A HUIT ANS
9. La vraie limite de séparation entre les deux premières périodes n'est pas indiquée par Vâge, mais elle coïncide avec le moment où cesse la première période d'impuissance de Tenfant, et où il commence tout à la fois à faire usage de ses membres et à manier la langue. Les enfants pouvant désormais s'affranchir par eux-mêmes de maints désagréments passagers, il en résulte un grand bénéfice au point de vue de la tranquillité et de la gaieté.
10. Plus Vcnfant est en état désormais de se tii^er d'affaire luimême, plus on doit éloigner de lui les secours extérieurs. En même temps, le gouvernement prendra plus de fermeté, et pour maints individus plus de sévérité, jusqu'à ce que les dernières traces de l'entêtement presque inévitable dans la période précédente aient disparu. Toutefois, ceci suppose que personne n'excite sans nécessité l'enfant à une résistance quelconque. Plus l'enfant voit un ordre Vwe autour de lui, mieux il se soumet.
11. Il faut laisser à l'enfant autant de liberté que l'admettent les circonstances , ne serait-ce que pour lui permettre de se montrer avec franchise, et pour qu'on puisse étudier son individualité. Toutefois, l'essentiel à cet âge est de prévenir les mauvaises habitudes, surtout celles qui sont liées à un sentiment blâmable.
m. Ici, deux idées de la morale pratique doivent venir immédiatement en considération, quoique d'une manièi*e différente: ce sont celles du bien vouloir et de la perfection *. Il y a certaines con< *ions relatives à cette dernière, que l'enfant se forme presi^ coujours de lui-même ; quant à la première, elle se développe plus rarement, il faut qu'elle lui soit donnée, et cela ne })eut pas toujours se faire d'une fa<;on directe.