I. Peatalozzis Idée eines A li C der Anschaaung
prendre racine en lui-même, si vous ne lui permettez pas de compter sur quelque chose, si tous ne le laissez même pas se fier à sa propre volonté pour avoir de la décision? Le plus souvent il arrive qu'il reste au fond de Fâme de Tenfant un coin dans lequel vous ne pénétrez pas, et dans lequel, malgré les assauts que vous lui donnez, cette âme vit à part, craint, espère, conçoit des plans dont elle tentera la réalisation à la première occasion, et qui, s'ils réussissent, feront naître un caractère juste à l'endroit que vous ne connaissiez pas. C'est précisément pour cela qu'en général, en matière d'éducation, les résultats soht si peu en rapport avec le but qu'on s'est proposé. Sans doute, il leur arrive aussi parfois d'y répondre de telle manière qu'on voit Té lève remplacer plus tard, dans la vie, son éducateur, et faire subir à ceux qui lui sont soumis exactement les mêmes choses qu'il lui a fallu endurer. Dans ce cas, le cercle d'idées reste le même que celui qui a été fourni pendant la jeunesse par l'expérience quotidienne; on a seulement changé une place incommode pour une plus commode. On apprend à commander en obéissant; et déjà les petits enfants traitent leurs poupées tout comme on les traite eux-mêmes.
i8. \S éducation par r instruction considère comme instruction tout ce qu'on présente à Tenfant comme objet d'examen. Elle comprend le gou^^ernement * même auquel on le soumet ; et celui-ci agit bien plus par l'exemple d'une énergie qui maintient l'ordre qu'il ne pourrait le faire par la répression immédiate des défauts isolés, ce qu'on appelle ordinairement d'un nom beaucoup trop pompeux : la correction des défauts. La simple répression pourrait laisser le mauvais penchant intact, et même rimagination pourrait en orner l'objet d'une façon continue, ce qui est presque aussi grave que la récidive constante, qui n'est
I. C'est dans ce sens qu*il faut prendre ici le tnot Zucht, d'après une note de Herbart lui-même (Herbarfa pàdagogische Schri/len, édition Sallwûrk, livre 3, chap. V, § i8).
pas rare non plus dans les années de liberté. Mais, lors(jue renfant lit dans Tâme de Téducateur qui le punit la répulsion morale, le blâme du goût, la version qu'inspiï*e tout désordre, il est amené à la même opinion, et ne peut faire autrement que de voir de la même façon ; et cette idée devient alors une force intérieure contre le mauvais penchant, qui n'a besoin que d*être sufïisamment développée pour vaincre. On voit aisément que cette même idée peut être pi*ovoquée de bien d'autres manières, et qu'il n'est pas du tout nécessaire que la faute de l'enfant fournisse l'occasion de ce genre d'instruction.
19. Pour celui qui doit faire l'éducation par l'instruction, j'ai demandé deux choses : la science et la force de pensée, j*en tends une science et une force de pensée capables de voir et de représenter la réalité proche comme un fragment du gi*and tout. « — Pourquoi du grand tout ? Pourquoi d'une chose lointaine ? Les choses proches n'appai'aissent-elles pas assez importantes, assez claires? Ne sont-elles pas remplies de circonstances qui, si elles n'ont pas été reconnues et appréciées avec justesse en petit et dans les choses les plus simples, ne peuvent davantage, que dis-jc, peuvent beaucoup moins, considérées en grand, être saisies avec justesse, même avec le savoir le plus étendu ? Et ne doit-on pas prévoir que de telles prétentions auront pour conséquence de charger l'éducation d'une masse d'érudition et d'études philologiques, au grand détriment de l'éducation physique, des talents artistiques et de la gaieté dans les rapports sociaux ?» * — Que la juste crainte de semblables inconvénients ne nous entraine pas à bannir ces études I Elles ont besoin d'être organisées autrement, et de telle façon que, sans trop s'étendre et sans prendre la place de tout le reste, elles ne soient pourtant jamais réduites à n'être qu'un moyen et n'éloignent jamais l'élève du but essentiel, mais qu'au contraire elles portent dès le début des fruits durables