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TROISIÈME PÉRIODE OU AGE MOYEN

TROISIÈME PÉRIODE Age MOYEN : de huit ans a l'adolescence

a3. Ce qui marque la limite entre Tâge moyen du jeune garçon et la première enfance, — autant que cette limite peut se déterminer, — c'est que le jeune garçon, laissé à lui-même, s'éloigne volontiers de l'adulte, parce qu'il n'éprouve plus, comme le petit enfant lorsqu'il est seul, l'absence de sécurité, mais qu'au contraire il croit connaître suflisamment son domaine d'expérience proche , et que ses regards y plongent à des distances indéterminées et en tous sens. C'est alors le devoir de l'adidte de s'attacher au jeune garçon et de le retenir, de faire la répartition de son temps , de modérer les imaginations auxquelles le porte sa trop grande confiance en lui-même ; et cela d'autant plus qu'il ne connaît pas encore la timidité qu'éprouve l'adolescent lorsqu'il arrive au milieu des hommes. En effet, la différence qui sépare le jeune garçon de l'adolescent, c'est que celui-là n'a pas encore de but fixe : il joue et vit insouciant au jour le jour, et rêve alors un état viril qui ne manifesterait sa force que par le caprice. Cette nature joueuse subsiste longtemps si on ne la gâte point par des artifices.

De même il ne faut pas négliger tout-à-fait, pendant longtemps encore, de rattacher V enseignement aux choses sensibles, même lorsqu'il y a déjà de grands progrès de faits dans les sciences. Il importe que les fondations ne soient pas chancelantes.

a4. L'essentiel pour cet âge, c'est d'empêcher que le cercle des idées ne se ferme prématurément : ceci est l'affaire de Yenseignement. Sans doute, si variés que soient les objets de l'étude, Tenfant apprend surtout en comprenant- des mots, et en mettant dans ces mots le sens que lui fournit la provision intellectuelle dont il dispose déjà. Mais ceci même prouve que

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son cercle dHdées est le plus souvent fermé : Y enseignement ne peut que lui donner de nouvelles formes, et il faut que cela ait lieu tant que la masse acquise est encore facile à mouvoir, car plus tard elle prend peu à peu des formes plus fixes.

35. De môme quon doit séparer les garçons et les filles, de même il faut distinguer les individualités entre elles; et c'est d'après celles-ci que Y enseignement devrait adopter les distinctions correspondantes, au point de vue des matières comme de la méthode. Au lieu de cela, la famille fait valoir les intérêts de situation , et prétend fixer la quantité d'instruction nécessaire à l'enfant.

Au point de vue pédagogiciue, tantôt chaque étude exige une activité intellectuelle appropriée, tantôt il faut que cette activité, tout en réussissant, s'accorde avec l'état général de l'individu, n'épuise pas ses forces ou ne lui soit pas imposée en temps inopportun.

Mais on se trompe quand on tient des raisonnements comme celui-ci : telle étude étant reliée de fait à une autre, celle-ci à une troisième et cette dernière à une quatrième, il en résulte que celui qui aborde la premièrt» doit combiner avec elle la seconde, la troisième et la ([uatrième. C'est là un raisonnement bon pour les savants, qui, eux, sont depuis longtemps au-dessus des questions préliminaires de pédagogie. Encore ce raisonnement ne montre-t-il que la relation qui existe entre les personnes (jui représentent les difl'érentes branches de renseignement, mais il n'a rien de commun avec les rapports psychologiques d'après lesquels l'éducation doit se guider. Il arrive assez souvent que les groupes d'idées restent isolés, bien qu'il existe entre leurs objets la relation la plus étroite et la plus nécessaire ; alors il ne sert de rien à l'individu d'avoir seulement commencé, en partant de points divers, un vaste canevas d'éinidition.

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11 n en est pas de môme pom* certaines études qui constituent la préparation nécessaire à des connaissances approfondies de diverse nature. Alors on peut tenir ce raisonnement : celui qui n'est pas en état de s'approprier les unes n'est pas non plus capable d'atteindre les autres.

qG. Pour juger des aptitudes de l'enfant, il faut en outre, dans le premier enseignement, une méthode judicieuse, et en même temps, de la part du maître, des procédés convenables et qui ne rebutent pas : on évitera ainsi d'imputer à l'incapacité ce qui tient à la mauvaise manière de faire.

On ne peut g^ère s'occuper des cas peu communs de développement tardif, à moins que les soins du corps, ou les excursions dans un domaine d'expérience plus vaste, et la variété dans la méthode d'enseignement n'aient fait défaut, — ce qu'on peut essayer de réparer. Mais, en pareil cas, les progrès mêmes, d'abord accélérés, ne donnent de résultats favorables que s'il vient s'y ajouter un vigoureux effort personnel pour avancer.

n'j. Revenant aux principes delà morale, nous nous occuperons surtout ici des idées de dr'oit et d'équité ', qui naissent de la réflexion appliquée aux rapports humains, et sont moins accessibles à la première enfance, parce qu'elle voit partout la subordination à la famille. Le jeune garçon, au contraire, vit plutôt parmi ses semblables, et les redressements et corrections nécessaires n'ont pas toujoui»s lieu avec une rapidité telle que le jugement personnel n'ait pa§ le temps de s'exercer. Les liaisons volontaires, la considération personnelle, et même les usurpations de pouvoir sont des choses qu'on voit assez fréquemment dans les sociétés d'enfants. 11 est indispensable que Y éducation intervienne pour éclairer les idées, et en -outre établir le gouvernement et la culture morale; mais il faut aussi un enseignement qui montre de loin des faits semblables et les soumette

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