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Allusion aux événcmenls de ijy-S. (Voir la Préface

4. Herbarl veut parler do rafTeetion de Cliarles, son élève favori, et de l'approbation de M. de Steiger.

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pour lire l'Od}'ssée), qu'il est aussi facile que salutaire de commencer par là, dans l'éducation privée ; et on doit en général y réussir, pourvu que les maîtres abordent cette tâche non seulement avec l'esprit philologique, mais aussi avec l'esprit pédagogique, et qu'ils veuillent, dans un but d'aide et de prévoyance, lixer quelques points avec plus de précision que le temps et le lieu ne me permettent de le faire ici. Quant à ce qui doit se faii'e dans les écoles, je ne me prononce pas; seulement, si j'avais à résoudre la question, je l'aborderais de bien bon cœur, et avec la ferme conviction qu'en cas d'insuccès, le mal ne serait jamais plus grand qu'il ne l'est avec la méthode employée d'ordinaire pour l'étude de la grammaire latine et des auteurs romains : car, pai'mi ces derniers, il n'y en a pas un seul qui puisse convenir, môme passablement, pendant toute la période de l'enfance, pour initier à l'antiquité. Ils peuvent trouver leur place plus tard, si on les a fait précéder d'Homère et de quelques autres poètes grecs. Mais, à considérer Fusage qu'on en a fait jusqu'à présent, il faut certainement un haut degré de prévention pour tolérer qu'on consacre à un enseignement aussi négativement éducatif tant d'années, tant de peines, et qu'on sacrifie à tel point les joyeuses dispositions de l'enfant et toutes les manifestations promptes de son esprit. Je m'en rapporte à plusieurs de nos pédagogues de la Révision générale *, qui seront plus vite oubliés que réfutés, mais qui eurent au moins le mérite de découvrir un grand mal, s'ils ne surent pas le guérir,

ai. Tout ce que je viens de dire suffit pour faire entrevoir ce que je propose, mais non pour le faire voir avec la variété infinie de touc ce qui s'y rattache. Et, à ce point de vue, ceci n'est qu'un commencement, utile pour ceux qui

I. Coilectiou importante de traités pédagogiques fondée et dirigée par Campe. (Voir notre étude : La réforme de Véducation en Allemagne aa XVIH' siècle, pp. 438 sq.). 11 s'agit surtout ici de Trapp. {Ibid. pp. 469 sq.).

Fae. de Lille. Tomi IV. — A. 2.

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pourraient être disposes ù faire rentrer ce livre tout entier dans une seule idée, et à méditer cette idée pendant des années. Moi, au moins, je n'ai pas mis trop de liAte à publier mon expérience : voilà plus de huit ans ((ue j'entrepris mon essai, et depuis j'ai eu le temps de le méditer.

aa. Élevons-nous aux considérations générales. Représentonsnous YOd}'ssée comme le trait d'union qui rattache l'élève au maître, parce qu'elle élève l'un dans sa propre sphère et ne rabaisse plus l'autre, paive qu'elle fait explorer de plus en plus à celui-là le monde classique , et représente à celui-ci, dans Tenfant qui avance en imitant, l'image sensible la plus intéressante des grands progrès de l'humanité qui s'élève, — parce qu'enfin elle prépare des réminiscences qui, fortement liées aux œuvres éternelles du génie, doivent se réveiller à chaque retour qu'on fera vers ces œuvres : telle ime constellation favorite qui rappelle aux amis les heures où ils la contemplèrent ensemble.

23. Est-ce donc peu de chose, que l'ardeur du maître soit soutenue par le choix de la matière enseignée? On demande que la pression qu'il subit de l'extérieur soit allégée, mais on n'y arrive môme pas à moitié tant qu'on n*a pas écarté les choses mesquines qui rebutent les esprits actifs, et dont les esprits indolents ne peuvent se séparer !

24* L'esprit de petitesse, qui se glisse si facilement dans Téducation, lui est funeste au plus hîiut degré. 11 se présente sous deux formes. La plus commune s'attache aux choses insignifiantes, elle crie sur les toits (pi'elle a découvert des méthodes, alors qu'elle a inventé de nouveaux jeux. L'auti^e est plus subtile et plus séduisante : elle voit les choses importantes, mais elle ne distingue pas celles qui ï)assent de celles ([ui restent; pour elle, une simple habitude mauvaise est un défaut, et le fait de la relever efficacement deux ou trois fois équivaut à l'ai't de corriger. Comme tout cela est démenti par

rexpérience, alore que les ébranlements les plus violents qui agitent les profondeurs les plus cachées de Tâiue, auxquels il faut recourir souvent chez les natures robustes, — et que l'éducateur, certes, doit toujours être maître de provoquer, — sont euxmêmes si passagers ! Ceux qui considèrent uniquement la qualité des impressions, et non la quantité, méditeront cet objet avec le plus grand soin et prendront leurs dispositions avec le plus grand art. Sans doute, dans l'ûme humaine, rien n'est perdu; mais, dans la conscience, il n'y a que peu de choses présentes à la fois ; celles qui ont une force considérable et qui sont rattachées entre elles par des liens nmltiples sont les seules qui se présentent aisément et fréquemment à l'àme ; et il n*y a que celles qui dominent de très haut qui la poussent à Taction. Quant aux causes qui séparément affectent fortement Tàme, elles sont, dans le cours de la jeunesse, si nombreuses, si variées, que les plus fortes mômes sont refoulées, si elles ne sont pas reproduites par le temps et renouvelées sous des aspects multiples et différents. Parmi les choses isolées, il n'y a de dangereux que ce qui refroidit le cœur de l'enfant à l'égard de son éducateur, précisément parce que les personnalités se multiplient par chaque mot, par cliaque aspect. Mais on peut y remédier encore à temps, non certes sans y apporter une grande attention et des soins délicats. Les autres impressions, si artificiellement qu'elles soient provoquées, font sortir inutilement l'àme de son état habituel ; elle y retombe vite, et elle éprouve quelque chose comme lorsqu'on rit d'une peur non justifiée.

a5. Ceci nous ramène précisément à mon opinion, savoir : que l'on n'est maître de Téducation qu'à la condition de savoir faire entrer dans l'ûme de l'enfant une grande somme d'idées dont les parties soient étroitement liées, et qui ait assez de force pour l'emporter sur les éléments défavorables du milieu, pour en absorber les éléments favorables et se les assimiler. — Il faut reconnaître que, seule, une éducation privée faite dans

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des circonstances favorables pourra fournir sûrement à l'art du maître l'occasion de satisfaire à cette exigence; mais si seulement on utilisait d'abord les occasions qui se présentent! On aurait d'ailleurs ainsi des modèles (jui permettraient de poui*suiyre cette étude. Et on aura beau se cabrer, — le monde dépend d'un petit nombre, et ce n'est qu'un petit nombre de gens suillsamment cultivés qui peuvent le diriger comme il convient.

26. Dans les cas où Ton ne peut appliquer cet art de l'enseignement, il importe avant tout de rechercher les sources présentes des impressions essentielles et, si c'est possible, de les diriger. Ceux qui savent reconnaître comment le général se présente dans l'individuel, pourront voir par le plan général ce qu'on peut obtenir à cet égard, en ramenant l'homme à l'humanité, le fragment au tout, et en réduisant le grand, toutes proportions gardées, aux limites du petit et de l'infiniment petit.

37. L'humanité elle-même fait continuellement son éducation par la somme d'idées qu'elle produit. Si les liens qui en unissent les éléments variés sont biches, cette somme d'idées n'a, comme ensemble, qu'une fiûble action, et la moincb'e chose isolée qui émerge, si absurde qu'elle soit, excite le trouble et la violence. Si les éléments variés qui la constituent se contredisent, il en résulte des disputes inutiles, et, insensiblement, la force même qui fait l'objet de ces disputes est livrée aux désirs grossiers. Ce n'est que par l'accord de ceux qui pensent que le raisonnable peut triomplier, et par l'accord des meilleurs que le mieux peut prévaloir.

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