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les études de langues, ou qui ne les prennent pas au sérieux ; mais une longue expérience a démontré quelle dépasse en valeur pédagogique déterminée toute autre œuvre de l'antiquité qu on pourrait choisir. D'ailleui»s elle n'exclut pas Tétude précoce du latin, et môme, si on le juge nécessaire, du grec; seulement

le latin, mené de front avec V Odyssée, ne peut aller aussi vite que d'ordinaii'e, car Y Odyssée demande au moins une heure par jour, outre le travail qu'exigent la grammaire et le vocabulaire. L'expérience a démontré ([ue les notions élémentaires de granunaire qui se rapportent aux déclinaisons et aux conjugaisons, même réduites au strict nécessaire, demandent d'al)ord une étude extrêmement attentive. Aussi devra-t-oii, au commencement de Y Odyssée, se borner à quelques vers par heure, et ne pas exiger dans les premiers mois que les mots soient rigoureusement appris par cœur. En revanche, on imposera plus tard cette étude des mots aux élèves comme travail accessoire, et on y veillera rigoureusement. Ils apprendront ainsi une portion considérable du vocabulaire : c'est par là que les formes de la langue trouvent leur véritable objet, celui auquel elles se rapportent et qui fait toute leur importance. Le maître devra savoir discerner très exactement quand il faut aller vite, et quand au contraire il faut s'arrêter; car, dès que les élèves sentent croître leur facilité, ils sont généralement portés à une certaine négligence, qu'il faut relever sur-le-champ. Si on veut expliquer toute Y Odyssée, — ce qui peut très bien se faire avec de bons élèves, parce que la facilité croît très vite à mesure qu on appi'oche de la fin, — il ne faut pourtant pas y consacrer beaucoup plus de deux années : sinon on provoquerait la fatigue, ou d'autres matières seraient négligées. Dans les écoles, on fera bien de faire expliquer les quatre premiers chants à une classe (qui peut être celle où se trouvent les élèves à l'âge de dix ou douze ans); on commencera donc dans la classe suivante au cinquième chant. Il n'est pas néces-

saire de déteriiiiner exacteiiK^iit le nombre de chants qui pourront être vus dans chaque chisse, car on pourra toujours compléter ce qui manque à Taide de la traduction de Voss. La raison de cette répartition ap])araitra inmiédiatement à quiconque examinera de près ïOd}'ssée. Les élèves plus avancés pourront plus tard lire tout seuls certains chants, mais toujours à la condition d'avoir à fournir la preuve de ce ([u'ils ont appris. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire dVnti'er en ce moment dans des explications détaillées sur les particularités de la langue d'Homère, d'autaut plus qu'on l'eviendra plus tard h ce poète (avec VIliade), Quant à ceux qui pourraient être eflmyés par les difficultés, ils doivent se rappeler que par tout autre chendn il y a également de grandes diilicultés à vaincre. On évitera les influences accessoires des contes arabes et des récits analogues qui émoussent lat trait du merveilleux.

8. Pour la suite de ces études, il nous suflira de nommer deux poètes, deux historiens et deux penseurs : Homère et Virgile, Hérodote et César, Platon et Cicéron. Les circonstances détermineront ce qui doit venir avant ou après, ou être fait en même temps. On pourra sans doute accorder toujours à Xénophon, à Tile-Live, à Euripide, à Sophocle, à Horace, une place à côté de c(îs nouLs ; Horace surtout fournit des sentences dont l'éducateur ne devra pas dédaigner Tinfluence pour l'avenir. 1\ est évident (\\ie Virgile et Hérodote, venant après Homère, sont rendus plus faciles ; et d'ailleurs l'élève ne pourra se dispenser de revenir à Homère (avec Ylliade, tout au moins la mythologie), ni de revoir Yhistoire ancienne au point de vue pragmatique ' (ch. 11, § la). Kn outre, la sjTitaxe des langues anciennes, qui offre bien plus de difficultés que les flexions et les mots, s'apprend plus facilement lors([u'on fait précéder les prosateurs des poètes, parce qu on n'a pas à lutter en même

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