I. Voir p. ia
temps avec toutes les diflicultés de la construction des périodes. Il est tout au moins désirable nue le vocabulaire latin soit appris dans VÉnéide, comme le vocabulaire grec dans YOdj'sséey bien quon ne puisse guère espérer de pouvoir la parcourir en totalité ; car la lecture de Y Enéide ne peut, à beaucoup près, se Jaire aussi rapidement que celle des derniers chants de Y Odyssée une fois qu'on a acquis Thabileté nécessaire. Le De bello gallico de César sera étudié avec un soin . tout particulier, parce qu'il se rapproche plus qu aucun autre auteur courant du style qu'on peut souhaiter à un jeune homme d'acquérir d'abord. Cela fait, il sera à propos d'aborder connue travail principal l'étude rigoureuse et systématique de la syntaxe latine, avec des exemples courts et bien choisis, et de la faire apprendre par cœur. Dans Platon, il sera bon de prendre pour objet d'étude quelques livres de la République (notamment les livres i, ii, iv, et viii). Il est à peine besoin de rappeler que Cicéron doit d'abord être montré à la jeunesse par son cùté brillant, c'est-à-dire comme orateur. Dans la suite, ses écrits philosophiques prendront une place importante; seulement , pour bon nombre de passages , le sujet aura besoin d'être expliqué à fond.
Cicéron devrait être lu souvent à haute voix par le maître, ou plutôt débité. Il faut pour un orateur la parole vivante, et la lecture ordinaire et monotone des élèves ne peut lui suiïire. Quant à Tacite, les avis sont partagés sur l'usage qu'on doit en faire en classe. Il est incontestable d'une façon générale que ces écrivains (jui disent beaucoup en peu de mots, sont excellents non seulement pour le maître qui les explique, mais aussi pour rélève capable de les concevoir. C'est tout le contraire pour Cicéron : il demande à être lu facilenient pour être apprécié.
9. L'expérience a appris depuis longtemps ce qu'on peut attendre de la jeunesse au point de vue du maniement écrit
des langues anciennes^ et jamais on ne trouvera de méthode capable de donner avant le temps le degré de maturité d'esprit que révèle un bon style latin. Tant que les élèves des gymnases ne seront pas mieux choisis, il arrivera que la majeure partie commenceront, au point de vue de la composition latine, quelque chose qu'ils ne finiront jamais. Il vaudrait mieux les exercer souvent sur ce qui leur est acccessible, c'est-à-dire faire faire des exercices de composition pendant les classes mômes, sous la direction du maître et après préparation en commun des élèves. Ce procédé a l'avantage des devoirs ordinaires, sans l'inconvénient des innombrables fautes, dont la correction profite si rarement aux élèves. Le travail en commun les anmse et il peut ' s'adapter au degré de culture de chaque âge. A la place des devoirs proprement dits, je recommanderais volontiers de faire faire des extraits des passages d'auteurs déjà expliqués, d'abord
avec le secours du livre, et plus tard sans aucun secoui's.
Extraire n'est pas imiter, et ne doit pas l'être. Pour imiter Gicéron, il faut le talent de Cicéron; sinon, on a à craindre de froides reproductions artificielles. César même n'est déjà pas assez simple pour que son style puisse s'enseigner et s'apprendre. On pourra néanmoins apprendre beaucoup de César par cœur, d'abord de courtes phrases, puis des périodes plus longues et enfin des chapitres tout entiers. L'utilité de ces exercices est démontrée par l'expérience.
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Aphorismes, lo. Lcs aucicus sont le point d'orientation de la culture.
Que nous puissions et devions faire plus qu'eux, cela ne fait aucun doute : ce n'est que lorsque nous perdons le fil que nous nous retournons pour voir le commencement et la direction primitive. C'est précisément pourquoi les anciens
sont' l'objet des études de la jeunesse. Une simple curiosité érudite, qui ne tiendrait aucun compte de cela, nous siérait mal, et, à côté d'une force productive, apparaîtrait comme une grande faiblesse. Il faut que nous trouvions les anciens derrière nous.
II. Qui donc a reçu réellement la culture classique? Sans aucun doute ceux-là seuls qui la louent. Car on ne peut vraiment supposer que ceux qui se plaignent de la peine inutile que donne renseignement du latin et du grec, aient reçu la culture classique . . .
la. Quelle absurdité d'expliquer péniblement Horace à l'aide de la mythologie greccjue, et de ne passer qu'après aux poètes grecs !