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ne doit jamais s'y abandonner exclusivement. Toutes les écoles, toutes les agglomérations d'élcves ne sont cfu un des moyens qui conduisent au but.
a. Ainsi, une grande partie de la vertu non seulement féminine, mais virile» consiste à supporter et à souffrir sans résistance : c'est là pour TËtat une vertu négative ; mais, pour le particulier, c'est, — ou ce doit être une vertu positive, et dont V éducation précisément réclame le développement. L'Etat en général ne recherchera que ceux qui montrent beaucoup de surface, tandis que la lamille a le devoir de protéger les qualités
intérieures et de les récompenser autant cpie possible par Festime.
3. La culture morale fait souvent tout, lorsqu'elle reste dans la main de parents intelligents, et souvent elle gàt« tout dans les établissements publics. Pourquoi ? Parce que dans le premier cas elle représente Vordre, et dans le second Varbitraire,
AphorUmeg, 4- l^'osprit civiquc était jadis le but unicfue de la pédagogie,
et elle avait alors jdus de prestige et plus d'énergie <ju'aujourd'hui, où ce l^ut est généralement négligé. Demander à l'art de former la jeunesse pour la madiim^ compliquée de nos Ktats serait d'ailleurs une invitation (ju'il déclinerait poliment. Il est impossible qu'il mette son orgueil à fournir un bon fonctionnaire, un bon juriste ou un bon oflicier. C'est déjà bien assez pour lui d'être obligé de souffrir que ses élèves soient un jour enlacés dans des liens si étroits. Mais si l'État veut avoir de braves guerriers et des cliefs éclairés, des hommes d'affaires habiles et des magistrats intègres, s'il demande des citoyens disposés à obéir à un gouvernement juste et à le soutenir, qui aient trop de comr pour ne pas défen(b*e leur patrie et trop d'intelligence pour ne pas mépriser l'erreur des révolutionnaires, il lui suflit pour cela de s'honorer lui-même en encourageant le vrai mérite, et les
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hommes que Fart aura élevés éprouveront de toutes façons la vocation de devenir citoj'ens\ il ne leur sera pas pénible d'obéir; ce sera même pour eux le plus agi'éable des devoirs que de reconnaître par une profonde gratitude toute la sollicitude loyale et éclairée de F Etat à leur égard.
De l'éducation dans la famille
i*33^337 ^' Lorsque l'éducateur isolé se trouve limité, il est assez
porté à se dire que la société peut tout, si elle le veut et si
elle possède les lumières nécessaires. Cependant l'Etat rencontre, aussi bien que les familles, des dilHcultés particulières.
6. L'Etat a besoin de soldats, de cultivateurs, d'artisans, de fonctionnaires, etc., et toutes ces professions lui importent. Son regard embrasse une foule de gens dont l'existence personnelle n'a d'importance que dans un cercle restreint, et s'il s'en occupe, c'est en général bien plus pour prévenir le mal qu'ils pourraient faire que pour leur venir directement en aide. C'est celui qui fait quelque chose qui est distingué parmi les autres : le plus faible doit se retirer, et l'un compense rinsuflisancc de l'autre.
7. L'État examine ce qui peut s'examiner, c'est-à-dire la conduite et le savoir extérieurs ; il ne pénèti'e pas l'homme intérieur. Les maîtres des écoles publiques ne peuvent guère pénétrer plus profondément; ce qui leur importe à eux aussi, c'est plutôt la sonmie de savoir qu'ils distribuent que les individus mêmes et la manière dont chacun utilise intérieurement son savoir.
8. En revanche, aucun étranger ne peut remplacer pour les familles ce qui manque à tel ou tel de leurs membres, et le fond est pour elles une chose si visible et souvent si sensible, que Vextérieur seul ne leur suflit pas. Aussi conçoit-on clairement que V éducation soit toujours et avant tout une affaire domestique,
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et que ce soit seulement du sein de la famille qu'on doive utiliser à cet effet les établissements de l'État.
Mais quand on considère de plus près la vie dans les familles, on la trouve bien souvent chargée d'affaires, de soucis, ou bruyante à un degré incompatible avec toute la sévérité qu'impliquent incontestablement les exigences de V instruction, ou celles de la morale. La vie aisée, comme la vie besoigneuse, a ses dangers pour la jeunesse : c'est pour cette raison que les familles se reposent sur l'État plus qu'elles ne devraient.
9. Les établissements d'éducation privés n'ont eux-mêmes ni le ressort de l'État, ni celui des familles, et peuvent rarement échapper aux comparaisons auxquelles ils sont exposés par le fait qu'ils doivent représenter d'une part les écoles publiques, de l'autre les familles.
Cependant, pour les natures vigoureuses qui n'ont pas besoin de l'énmlation des écoles publiques, leur enseignement peut porter ses fruits plus vite, et être mieux adapté à Vindiçidualité que celui des écoles publiques ; au point de vue de la culture morale, il sera plus facile d'éviter les maux provenant de l'entourage ([u'on ne peut le faire dans bien des familles.
Si ces établissements avaient la faculté de choisir librement parmi un grand nombre de maîtres et d'élèves, ils pourraient alors, les circonstances étant d'ailleurs favorables, faire de grandes choses. Mais cette condition même du choix des élèves suffirait déjà à monti*cr qu'on ne pourrait encore par ce moyen satisfaire qu'imparfaitement à l'ensemble des exigences de V éducation. Et même ces élèves choisis apporteraient avec eux leurs impressions premières, ils pencheraient vers les rapports sociaux pom» lesquels ils se croiraient désignés ; ils ne pourraient se défaire des défauts de Vindiçidualité *, à moins que, les ayant constatés avant de procéder au choix, on n'ait eu soin de les éviter par l'exclusion.