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s'appuyant sur la physique, la chimie, l'histoire naturelle et réeonomie politique. (Le droit naturel, science dont l'existence est mise en doute, et l'anthropologie, pitoyable mélange de matières tirées de l'histoire naturelle et d'une métaphysique diiïicile, peuvent toujours rester bannis de toutes les écoles). Pendant que les futm*s employés d'administration seront occupés dans ces classes spéciales, ceux qui se destinent à la théologie, au droit, à la médecine et à la philologie seront réunis d'une part dans les classes d'explication, pour étudier les poètes et les orateui's latins et grecs difliciles; de l'autre, les futurs philologues suivront les classes d'exercices pour le maniement du latin parlé, et les élèves qui se destinent aux autres branches de l'enseignement supérieur assisteront aux conférences faites par chacun sur l'objet de ses études futures. Par contre, la logique, la physique, la chimie, f explication des auteurs modernes, la trigonométrie avec sa partie d'analyse mathématique, et l'histoire universelle, dont le cours (six heures par semaine pendant un an, à la condition que le squelette clironologique ait été étudié longtemps auparavant) coui'onnerait l'enseignement scolaire : tel est l'ensemble des études qui doivent réunir tout le chœur des jeunes amis des Muses, sans souffrir que les Ames soient dispersées, comme cela arrive lorsqu'on ne considère que la profession future.

i4* Mais dans un tel gymnase, — c'est là le point essentiel, — on ne pourrait employer que ceux qui se seraient auparavant exercés comme éducateurs privés et qui se seraient distingués par une précision méthodique autant que par leur zèle et leur talent.

i5. Afin que le gymnase fit au moins quelque chose aussi pour V enseignement analj'tiqne, on pourrait peut-être instituer deux ou trois personnes qui n'auraient pas de classe à faire, mais (jui feraient venir les élèves isolément et auraient au besoin l'entrée de leurs demeures et de leui*s familles. J'appel-

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lerai ces auxiliaires répétiteurs^ bien que leur rôle ne soit rien moins que ilc répéter sous forme de levons, mais qu'il consiste au contraire à enseigner par la conversation, analysant tout ce que disent les élèves eux-mêmes , ainsi que leurs travaux , et les aidant ainsi à reproduire de différentes manières les choses apprises et pensées, à comparer entiMî elles plusieurs productions , et à suivre les modèles existants.

Cette occupation de répétiteur ne pourrait être confiée au professeur proprement dit pour trois raisons qui paraissent bien évidentes :

i® L'enseignement analeptique exige une observation fine de rélève, à laquelle les professeurs ne seront guère disposés dans les intervalles des classes; d'ailleurs, il est plutùt à désirer qu'ils consacrent tout leur travail à Y enseignement synthétique et qu'ils se mettent en garde contre la pédanterie par des distractions intelligentes ;

ao II faut pour Yenseignement anal}'tique des hommes qui ne s'habituent pas, avec le temps peut-ôti»e, à certaines formes d'enseignement déterminées ; car ils doivent au contraire acquérir une facilité toujours ])lus grande à entrer dans n'importe quelles vues, et à aider cha<(ue individu à développer ses idées ;

3" I-.a confiance des élèves est toujours rebutée par le sérieux des leçons synthétiques et par l'application parfois nécessaire de la discipline scolaire. Et quand même il n'en serait pas ainsi, il ne faut toujours pas que l'élève, en racontant ce qu'il a appris à l'école , s'imagine réciter , comme cela arriverait infailliblement s'il le racontait au même professeur avec lequel il a appris. — D'ailleurs les répétiteurs n'auront pas afi'aire à tous les élèves, et ils auront encore moins affaire à tous au même degré. Les génies n'ont pas besoin d'eux; quant aux esprits obtus, ils ne peuvent profiter de leur aide, et les individus tout-à-fait fermés y sont rebelles. Cependanl, ces derniers peuvent indirectement en profiter par leurs rapports avec les

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autres élèves, en analysant et en expliquant aux natures ouvertes et bien douées leurs pensées, leurs sentiments et leui»s conceptions de toute sorte.

Si on me demande où je prendrai ces répétiteurs, je répondrai : là même 011 se trouvent ceux qui Ibnt de V enseignement synthétique, c'est-à-dire parmi les plus distingués des éducateurs privés. On divisera ceux-ci en deux catégories : ceux qui aiment à enseigner sous forme d'exposé, et qui afiectionnent des formes didactiques déterminées, et ceux qui ne soumettent leur savoir et leur pensée à aucune chaîne, et préfèrent au contraire les recouvrir, suivant l'occasion, d'une parure infiniment variée. Ces derniers ne conviennent pas pour Venseignement synthétique, mais ce sont eux les vrais répétiteurs. Ils doivent être pénétrés des sciences et aussi connaître à fond la forme didactique de Técole; mais l'aspect de jeunes gens esclaves de cette forme didactique doit les encourager à remplacer cette dépendance par la libei*té et la souplesse la plus complète. On est naturellement en droit d'attendre qu'ils aient assez de cœur pour porter aussi un regard attentif sur les élèves au point de vue de la culture morale liécessaire (je ne dis pas du gom*ernement), afin de se rapprocher autant que possible des éducateurs privés. Leur action bienfaisante deviendrait i)our les riches un motif de plus de se procurer des éducateurs privés cpii puissent faire complètement ce que les autres, avec un si grand nombre d'élèves, ne pourraient faire qu'en partie.

Des maîtres

tphorUmes, I. Ëst-il donc si désirable qu'en matière d'enseignement et

d'études, tout un pays porte le même uniforme ? Et doit-on organiser la culture intellectuelle des individus en vue d'en

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rendre la surveillance plus commode et plus facile au gouvernement? S'agit-il d'établir un ordre auquel tous doivent se somnettre de la même façon, afin qu'on sache à quoi s'en tenir sur leur compte ? A cette opinion j'opposerai ma conviction, qui est diamétralement opposée. Les talents pédagogiques sont variés : tel éducateur obtient plus par l'affection, tel autre par l'autorité ; de môme on rencontrera tantôt un excellent maître pour telle branche, tantôt pour telle autre. Ce qui importe d'abord et avant toutes choses, c'est que ces talents divers soient tous utilisés autant qu'ils peuvent Tètre ; pour cela, il est nécessaire de leur laisser libi»c jeu. En effet, nos États et nos nations n'auront de longtemps une telle surabondance de bons ma!ti*es qu'ils puissent dédaigner tel ou tel qui se présente, ou resti^eindre son action bienfaisante parce qu'il suit sa propre voie, qui ne coïncide pas exactement avec le plan général prescrit. S'il nous est permis de nous placer un moment par la pensée au point de vue d'une autorité dirigeante, je crois que nous considérerons comme sujettes à la critique toutes les prescriptions par lesquelles nous aurions diminué la somme d'activité pédagogique utile au lieu de l'augmenter, et que l'excuse d'avoir en revanche organisé tout l'enseignement avec beaucoup d'ordre et d'uniformité ne pourrait en aucune façon être digne de nous. Mais peut-être s'effraiera-t-on en songeant à la diversité des méthodes, à l'insuffisance et à l'étroitesse de culture des individus, telle qu'elle résulterait d'un système dans lequel, par exemple, un physicien pourrait communiquer sa passion à ses élèves, ou bien tel maître versé dans la littérature antique, ou tel autre amateur de la littérature moderne, ferait prévaloir son goût particulier, tandis que d'autre part, ce seraient les mathématiques, l'histoire, ou n'importe quelle autre branche, qui , grâce à un maître distingué, accapareraient aussi un certain nombre d'élèves distingués. Mais qu'on veuille bien examiner si on aura remédié à cet inconvénient en retenant tel

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OU tel maître qui parlerait avec plaisir et avec force de son objet d'études favori, en Tobligeant à suivre un plan d'études qui le lui interdit, et en lui imposant, ainsi qu'à ses élèves, d'autres occupations qui étouffent ce plaisir de l'esprit créateur auquel Part et la science doivent leur naissance et leur expansion. Mais ceux qui croient qu'un tel sentiment ne se trouve pas en général chez nos maîtres et chez nos élèves, et que, par conséquent, il n'y a pas lieu de le ménager, montrent par là même qu'ils considèrent l'enseignement, ainsi que l'étude, comme un métier : avec un peu de logique, ils nous démontreront aussi combien ce métier est nuisible, et en bon style de Rousseau, ils nous ramèneront dans les bois.

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