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TROISIÈME PARTIE

EXTRAITS DIVERS

EXTRAITS DIVERS

DE LA REPRÉSENTATION ESTHÉTIQUE DU MONDE CONSIDÉRÉE COMME OBJET PRINCIPAL DE L'ÉDUCATION

(extraits)

I. On peut résumer la seule et unique fin de Téducation dans cette notion : la nioraUté.

a.... Pour qu'il soit possible et constamment juste de concevoir l'œuvre de la pédagogie comme un tout unique et de l'accomplir d'après un plan donné, il faut auparavant qu'il soit possible de considérer la fin de l'éducation comme unique.

3. La moralité, comme but suprême de l'homme et par conséquent de l'éducation, est universellement reconnue. Celui qui le nierait montrerait qu'il ignore à proprement parler ce que c'est que la moralité; tout au moins n'aurait-il pas le droit de discuter avec nous. Mais, pour faire de la moralité tout le but de l'homme et de l'éducation, il est nécessaire d'en étendre la notion, de montrer sur quoi elle s'appuie nécessairement, c'est-à-dire les conditions de sa possibilité réelle.

4. Faire en sorte que V enfant se trouve lui-même, en choisissant le bien et en rejetant le mal : c'est en cela que consiste Véducation du caractère, ou bien elle n'existe pas. Cette élévation à la personnalité consciente d'elle-même doit sans aucun doute s'accomplir spontanément dans l'âme de l'élève, et

Far. de Liite. Foïik IV. - A. i5.

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, s'achever par sa propre activité; ce serait folie, de la part de

I l'éducateur, que de vouloir créer l'essence même de la force qui

I doit produire ce résultat et la faire entrer dans l'ame d'un autre.

Mais étant donnée cette force déjà existante et nécessairement fidèle à sa nature, la mettre en état de produire infailliblement et avec une certitude absolue cette élévation, c'est là une chose que l'éducateur doit s'imaginer comme possible; y atteindre, la trouver, l'étudier, la provoquer et la poursuivre : tel doit être le but suprême de ses elTorts.

5. Considérons un enfant qui se sente porté, soit par les soins de l'art, soit par la nature et le hasard, à s'essayer dans beaucoup de choses, mais qui abandonne facilement ce qu'il trouve absurde et accomplisse avec force et fermeté ce qu'il a médité, — un enfant dont on puisse facilement éveiller l'esprit de toute manière, qui sente vivement les procédés excessifs et se laisse aisément instruire, diriger et humilier par de justes paroles : voilà un. spectacle qui nous réjouit, et noua paraît de bon augure. Nous disons que cet enfant est libre, parce que nous présumons qu'il lui suflira d'ouvrir les yeux pour trouver et pour saisir ce qui est raisonnable, et qu'il n'y aura en lui aucune résistance capable de réduire \e jugement au silence et l'étoulTer.

6. Hais nous oublions peut-être qu'il importe encore de savoir qael monde l'enfant trouvera devant loi, quel monde il devra apprendre à juger et i manier.

7. Ce monde est un cercle riche et ouvert, plein de vie infiniment variée 1 C'est ainsi qu'il le jugera dans toutes ses parties. Ce qu'il peut atteindre, il le touchera et le remuera pour en étudier toute la mobilité. Quant au reste, il le contemplera et s'y portera par la pensée...

8. Que l'enfiant soit devenu plus ou moins libre, et dans quelle mesure : cela dépend du hasard psychologique, auquel U a obéi en se livrant plutdt aux calculs de l'égoisme ou en

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s'adonnant à la conception esthétique du monde qui Tentoure. Ce hasard ne doit pas rester hasard. T/éducateur doit avoir le courage de supposer qu'il est en son pouvoir, s'il sait bien s y prendre, de déterminer cette conception assez tôt et assez fortement par une représentation esthétique du monde, afin que Tattitude libre de rame ne reçoive pas sa loi de la sagesse courante du monde, mais de la pure méditation pratique. C'est une sembl€d)le représentation du monde, — de tout le monde connu, et même de tous les temps connus, pour ^acer au besoin les mauvaises impressions d'un entourage pernicieux, — qu'on pourrait considérer avec raison comme l'alFaire essentielle de réducation, et pour laquelle la direction morale, qui provoque et refrène les désirs, ne serait que la préparation nécessaire.

9. 11 faudrait que la première éducation du sentiment chez l'enfant fût bien manquée pour que Timpression morale que laissent les récits de l'antiquité put rester douteuse. Le contraste de la iiction avec la vérité, et de la grossièreté avec la culture, doit déjà frapper de toutes parts Tesprit de Tenfant, s'il compare ce tableau avec le milieu dans lequel il vit. Et le double contraste qui apparaît d'une part entre les hommes du poète et les siens, ceux qu'il aime et vénère, et d'autre part entre ces dieux fabuleux et la Providence qu'il se représente d'après l'image de ses parents et qu'il adore à leur exemple, — ce contraste, dis-je, produit dans une jeune àme restée pure un effet exactement contraire à celui qu'éprouvent ceux qui, pour échapper à l'ennui des leçons de religion trop longues, cherchent un refuge dans les fantaisies de lem* imagination, avec lesquelles ils peuvent jouer audacieusement, et un dédommagement dans la pratique des arts où ils espèrent admirer leur propre supériorité.

10. Comme la représentation esthétique du monde serait incomplète, combien la réalité donnée y i»entrerait peu, et quelle image fabuleuse flotterait dans les idées, si on excluidt de ce tableau la nature ! Croit-on qu'on puisse enseigner à se conduire

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UDiquemcnt par les idées morales? — L'homme est placé au miiiea de la nature, il en est une partie, elle pénètre et traverse tout son être de sa puissance, i! répond à cette force extérieure par la sienne propre, à sa façon, suivant sa nature, d'abord par la pensée, puis par la volonté et par l'action. La chaîne de la nature traverse sa volonté, mais en une place déterminée et pour une volonté déterminée!... Ce sort est la nécessité qui presse l'homme, et cette nécessité, il faut absolument qu'il la voie et qu'il la médite pour déterminer ses pas, et la mesure de ses pas pour chaque instant particulier. Car si l'idée morale parle à l'espèce, elle est muette pour l'individu tant qu'il reste isolé ; elle ignore sa plus proche limit« , elle le blâme et le confond , mais elle ne peut lui venir en aide ; elle veut le voir au but, el il n'est que sur la route ; mais elle ne sait rien de la route. . .

QUALITES KSCESSAIRES A LfDDCATEVR

I. Il faut pour l'éducation une idée intenaivement forte et qui se soutienoe d'une façon continue, une force toujours présenta chez l'éducateur. Ce qui n'excite pas l'âme est perdu poui la culture : car la masse des choses qui n'ont jamais intéressé l'élève est engloutie par celle des choses qui l'ont réellement intéressé. Mais la faculté du jugement, une vue saine et personnelle, l'aptitude à adapter les notions iixées à toutes les situations, ce sont là autant de choses qui ne se communiquent pas Il faut que toutes les particularités rappellent à l'éducateur c( qui a été médité à fond; il faut qu'il sott en état, sous rinfluenc< de cette pensée, de ae créer lui-même à chaque instant s(

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