QUALITÉS NÉCESSAIRES A L'ÉDUCATEUR
2. Celui qui n'a pas le sérieux pédagogique subit l'influence du charme qu'exerce la natui*e enfantine sur l'adulte par sa vivacité, son amabilité, et même par le simple contraste : mais alors l'éducation devient un pur jeu avec les enfants.
3. L'éducatem* doit observer dès le début en quels points la nature de son élève est supérieure à la sienne. La supériorité se manifeste tout d'abord par une conception de certains objets plus fine et plus rapide que celle dont l'éducateur a le souvenir d'avoir été capable dans sa jeunesse ; elle se montre ensuite dans la force avec laquelle Tâme tout entière supporte une conception vive sans en être ébranlée. A F égard de cette supériorité, l'enfant ne devra pas être troublé, si ce n'est pour prévenir des erreurs apparentes dans l'ensemble de sa culture. Et c'est par là que l'éducation atteindra le plus vite son but.
4. Les individualités des maîtres forment un cercle plus étroit que celles des élèves.
5. Les exigences de l'éducateur ne doivent pas être la pensée constante de Télève. Car ce n*est pas en elles, mais dans les réels rapports des choses que doivent résider les motifs de ses actions et les principes de ses opinions. Ceci s'applique déjà à la première jeunesse : il peut arriver même à de petits enfants de mêler à tort des considérations accessoires sur les personnes qui les entourent, et par conséquent de ne plus rien sentir avec une complète pureté.
6. Tout ce qu'on pourrait dire sur les rapports du maître avec son élève se résume presque dans ce vain souhait : que le maître ne devrait jamais être moins que Télève capable de rapports tendres et intimes, ni en revanche en exiger plus que ce dernier n'en peut donner.
s CUOIX DES LECTURES