I. Le but de réducation est la vertu
a. Mais ce seul mot de vertu assigne à Tëducation un but extrêmement complexe. Le pédagogue, pour sortir de l'embarras où le mettent les nombreux signes caractéristiques de la vertu» n'a qu'à jeter d'abord les yeux sur l'enfant. Celui-ci, encore très -indéterminé sous tous les autres l'apports, se présente comme un être fort, et plein d'aspirations qui le poussent vers toutes les directions. Aussi doit-il être tout d'aboini jugé d'après l'idée de la perfection -, qui est triple, puisqu'elle comprend ïintensité, Vexlension et la concentration de la force. 1j intensité de la force chez Tenfant est en grande partie un don natui*el; la concentration sur un objet principal n'est possible et utile qu'à un âge plus avancé; il reste donc V extension de la force, appliquée à une quantité indéterminée d'objets : plus ceux-ci sont nombreux, mieux cela vaut. Cette idée, malgré toutes les restrictions qu'elle doit subir, n'en est pas moins la première que doit avoir en vue une doctrine de Y éducation. Il suflit de jeter un coup d'œil sur la notion de la vertu pour voir aussitôt que la première de ces restrictions provient de ce que la dispersion de la force en une quantité multiple d'efforts ne doit pas produii'e une aussi grande variété de désirs et d'exigences : car l'homme vertueux ne peut désirer d'une façon
I. Ce plan, que nous avons un peu abrégé, est extrait de Topuscule intitulé : Uber meinen StreU mil der Modephilosophie, 1814. a. Voir page 36.
absolac aucune chose extérieure. C'est pourquoi il faut, dans la conception du problème à résoudre, avoir en vue la direction multiple '. Et comme V extension de la force résulte de la présentation à J'élève d'une foule d objets qui l'excitent et le mettent en mouvement, pour accomplir cette tâche, il faut faire intervenir entre Téducateur et l'élève un troisième élément, dont celui-là occupera celui-ci : cela s'appelle enseigner, t^t ce troisième élément, c'est l'objet de V enseignement, La partie de la doctrine de l'éducation qui y correspond s'appelle Didactique,
3. C'est donc la Didactique qui doit venir en tête de toutes les parties de la pédagogie relatives aux rapports de l'éducatom' avec rélève. Il est vrai qu'à cette place elle ne peut apparaître tout de suite dans toute sa dignité; mais on verra plus tard, lorsque la tâche de cultiver et de mettre au jour la vertu dans son entier reparaîtra dans sa grandeur, que le principal a déjà, été fait par Vinstruction d'après ce premier point de vue, et qu'on n'a plus besoin d'y ajouter que quelques préceptes. Qu'on se reporte à cet égard au long chapitre IV de mon Illme livre -, qui est le vrai point aucfuel on peut se placer pour avoir une vue d'ensemble de tout l'ouvrage : c'est là ([u'on verra que le plan de mon livi*e était le plus commode qu'on [>ùt trouver pour une Pédagogie générale, bien qu au premier abord il ne paraisse pas en être ainsi.
4. Nous avons donc distingué déjà deux parties dans la science de i éducation : la Didactique, qui repose sur un problème spécial faisant lui-môme partie de Tenstînible du problème de Véducation, et la doctrine de Véducation morale du caractère, cjui, une fois la partie la plus diilicile et la plus étendue terminée, reprend encore une fois tout renseml)le du problème pom» ajouter encore à la Didactique les prescriptions nécessaires, relatives à la conduite de l'éducateur vis-à-vis de