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DE L ATTENTION II

Tinstruction, car ce qui manque en pareil cas, ce sont précisément les idées que les élèves doivent eux-mêmes faire entrer dans le discours du maître.

De môme que ïexpérience et le commerce des hommes, les choses apprises précédemment doivent être complétées par Y instruction. Mais ceci suppose une oi^anisation de tout renseignement d'après laquelle les notions postérieures ne viendraient qu'après les notions antérieures auxquelles elles doivent se relier.

20. Dans Yenseigncment ordinaire, se souciant trop peu des notions déjà existantes chez les élèves, parce qu'on n'a en vue que la chose à enseigner, on ne se préoccupe généralement d'obtenir V attention nécessaire que dans les cas où elle est déjà absente au point d'entraver la marche des leçons. On a alors recours à Y attention volontaire, qu'il faut obtenir par des encouragements ou plus souvent encore par des réprimandes ou des punitions. Il en résulte qu'un intériH indirect prend la place de Vintérêt direct \ et le désir qu'ont les élèves d'être attentifs les empêche de saisir fortement, d'établir un lien aussi logique entre les choses qu'ils apprennent, outre que ce désir est constamment chancelant et fait assez souvent place au dégoût.

Dans les cas les plus favorables, alors que Yenseigncment est solide (et par conséquent conforme à la science), les notions élémentaires gagnent peu à peu dans l'esprit de l'élève assez de solidité pour qu'on puisse plus tard édifier sur cette base, c'està-dire pour qu'il puisse résulter de ces notions élémentaires une somme d'idées aperceptives favorables aux^ études ultérieures. Ces sommes d'idées peuvent êti*e en certain noml>rc, mais chacune en elle-même constitue une catégorie particulière d'érudition spéciale ; et, dans ce cas, on peut encore se demander s'il y a là au moins un intérêt direct. Car, si cet intérêt ne doit s'éveiller qu'à Tàge de l'adolescence, et s'il a fallu employer les années de l'enfance

120 CONDITIONS DE l'INTÉRÊT

à inculquer les notions préliminaires, il n'y a pas lieu d'espérer grand résultat : c'est en effet le moment où s'ouvrent les perspectives d'avenir, où s'éveillent les préoccupations de carrière et de fortune, — et les examens attendent le jeune homme.

21. Il ne faut pourtant pas perdre de vue que V attention primitive et Yattention aperceptiçe (§§ 16-19) ne peuvent, môme en dc^pit des meilleures méthodes, s'obtenir de tous les individus à un degré suflisant, et que par conséquent il faut compter sur Yattention volontaire, c'est-à-dire sur la volonté de Télève. Et ici, il ne faut pas tout attendre des récompenses et des punitions, mais on doit surtout compter sur l'habitude et sur l'usage : à cet égard donc, Y instruction est liée au gouvernement et à la culture morale. Dans tout enseignement de ce genre, qui ne se fait pas tout d'abord sans imposer quelque contrainte à l'élève, il importe essentiellement que celui-ci se rende bientôt compte lui-même de ses progrès. Tous les pas qu'il doit faire doivent être indiqués un à un d'une façon très-précise et conforme au but à atteindre, avec cela être aisés à franchir, et se succéder lentement. \! enseignement doit alors être donné d'une façon très ponctuelle, avec mesure, gravité et patience.

22. C'est surtout pour les choses de la mémoire que Yattention volontaire est requise; car déjà l'intérêt, même lorsqu'il va au-devant, ne s'y porte pas toujours complètement. Les idées spontanées (§§ i8-i9) ont en effet un mouvement propre qui, allant au-delà des choses données, peut conduire à des usurpations. Pour observer, il faut être capable de se dominer dans une certaine mesure; de môme pour retenir volontairement de mémoire. C'est ici qu'il convient d'examiner la question de savoir quelle place on doit assigner aux exercices de mémoire.

Apprendre par cœur est une chose très nécessaire, qui a son application dans toutes les sciences ; mais, en aucun cas, elle ne doit être mise au premier rang, sauf lorsqu'elle se fait d'ellemême, sans effort. Car, si de nouveaux objets, — que l'élèvle

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