DES EXERCICES DE MÉMOIRE
ne peut pas encore avoir associés faussement, — nécessitent quelques efforts, cela montre que les idées isolées, quand elles rencontrent quelque résistance, sont repoussées trop vite pour pouvoir s'associer entre elles. Il faut alore commencer par en parler, en occuper l'élève, et lui rendre les objets plus familiei*s, quelquefois môme attendre une période plus favorable. Lorsqu'il y a lieu d'établir en outre la clarté de chaque objet isolé et de procéder à Y association (^ i3 sq.), on commencera par ces dernières opérations. Si Ton a réussi par là à fortifier les idées, l'élève apprendra plus facilement par cœur.
Il ne faut pas donner les objets par séries trop longues à la fois. Trois mots étrangers, souvent, sont déjà beaucoup. Il y a certains élèves à qui il faut enseigner la manière d'apprendre par cœur; autrement ils commencent toujours par le commencement, sont bientôt arrOtés et cherchent en vain à aller plus loin. Règle générale: il faut changer le point de départ. (Étant donné, par exemple, le nom Mathusalem à faire apprendre, on prononcera successivement : lem , — salem , — thusalem , — Mathusalem).
Il en est d'autres à qui on doit recommander de ne pas chercher à aller vite. Il faut en effet, ici, tenir compte d'un mécanisme psychique qui demande un certain temps pour fonctionner, et dont l'élève, non plus que le maître, ne doit pas vouloir devancer la vitesse. 11 faut commencer lentement, et continuer, plus vite.
Il n'est pas toujours bon d'interdire tout mouvement du corps. Certains élèves apprennent plus facilement à haute voix, d'autres en copiant, quelques-uns en dessinant. On pourra aussi, dans 'certains cas, faire parler tous les élèves à la fois en mesure.
Il faut redouter surtout les fausses associations, elles sont tenaces. On obtient sans doute beaucoup par la sévérité, mais là où l'intérêt pour les objets proposés fait complètement défaut, l'élève apprend d'abord de travers, puis n'apprend plus du tout, et le temps se trouve perdu,
122 CONDITIONS DE l'iNTÉRÊT
Chez ceux qui échouent complètement dans les exercices de mémoire, il se peut que la cause du mal tieime à des particularités inconnues de leur organisation physique. Mais elle se trouve aussi, bien souvent, dans Tétat de fausse tension auquel ils se soumettent eux-mêmes en essayant à contre-cœur une chose qu'ils croient à peine possible. C'est à ce résultat qu'on arrive, dans les premières années de l'enfance, lorsqu'on a été assez maladroit pour montrer, dès le début, l'étude comme une source de misère et de tourments, et qu'on a même peut-être commencé en faisant épeler l'enfant péniblement. Autant il est insensé de chercher des moyens de faciliter encore l'étude pour les enfants qui retiennent et récitent facilement, autant il importe de se montrer circonspect à l'égard des autres : car on risque, dès les premiers essais que l'on tente pour les faire réciter ou même seulement pour leur faire répéter une suite déterminée de mots, de leur faire perdre le goût de l'étude. Dans ces premiers essais, qui ont pour but de s'assurer que les élèves retiennent et répètent facilement, il est absolument nécessaire de les mettre en bonne humeur, de choisir les objets conformément à cette règle, et de ne continuer qu aussi longtemps quils se sentent capables de faire ce qu'on exige d'eux, La façon de procéder dans la suite devra se régler sur les observations faites à ce moment.
23. Même après aA'oir soigneusement fait apprendre par cœur, il s'agit de. savoir combien de temps l'élève retiendra ce qu'il a appris. C'est là un point sur lequel, malgré les expériences les plus connues, on a l'habitude de toujoui*s se tromper encore.
Mais : i** tout ce qui a été appris par cœur n'a pas besoin, en réalité, d'être retenu à tout jamais par la mémoire; biendes choses rendent le service qu'elles doivent rendre en servant de préparation aux exercices suivants, et en permettant de poursuivre l'étude commencée. C'est ainsi qu'on fait apprendre pour un certain temps de petites poésies, qui permettent d'aborder les exercices de déclamation, ou tels chapitres des auteurs
DES PRINCIPAUX GENRES D^INTÉRÊT ia3
romains, pour faciliter l'étude du latin écnt et parlé. Dans bien des cas il suflit, pour les dernières années, de savoir chercher et utiliser les ressources d'ordre littéraire.
2° Si pourtant les choses apprises doivent s'imprimer dans la mémoire pour longtemps, et même, autant que possible, pour toujours, c'est un expédient d'une cfïicacité bien douteuse que de faire toujours recommencer à apprendre par cœur la môme chose, autant de fois qu'elle a été oubliée. Le dégoût peut aloi*s devenir plus grand que le profit. Il n'y a en ce cas cpi'un moyen efficace, c'est d'exercer l'élève par des applications constantes, se rattachant à des choses qui l'intéressent réellement, et par conséquent d'alimenter sans cesse chez lui l'activité des idées spontanées.
C'est là-dessus qu'on devra toujours se guider pour le clioix des choses qui peuvent s'apprendre par cœur avec un succès certain. Pour l'usage immédiat, on s'en tiendra au nécessaire, car l'excès de quantité a pour conséquence de faire oublier vite. Mais il y a beaucoup de choses, dans le domaine de Yenseignement comme dans celui ' de ïexpérience, qui rendent service en excitant l'esprit et en le rendant capable de pousser plus loin son activité, sans avoir pour cela besoin d'être retenues mot à mot.
Des principaux genres d'intérêt.
K»quit»e, • 2^. Ij instruction doit s'appuyer d'une part sur les notions fournies par Vexpêriencv, et d'autre part sur les sentiments puisés dans le commerce des hommes K A l'expérience correspond directement l'intérêt empirique, au commerce des hommes VintênH 8}vnpatfiique. Par la méditation progressive des objets de l'expérience se développe Y intérêt spéculatif, et par la méditation