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CHAPITRE V

Les formes, les choses ei^ les signes .x^*"!* ^/^ir ^' ^ matière àcV enseignement réside dans les sciences. On

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^31-44. j^ç saurait demander à la pédagogie générale de faire Texposé des sciences.

Q. Que chacun se demande quelle est, dans son savoir, la part qui revient à la simple connaissance des choses, celle qui revient à la sj^mpalhie, et comment Tune et Tautre rentrent dans les divisions de ces deux domaines principaux que nous avons indiquées précédemment. Dans la plupart des cas, cet examen de conscience révélera une grande inégalité dans Féducation personnelle, et fera mi^mc découvrir, dans les parties saillantes de cette éducation, bien des parties restées à Tétat fragmentaire. Chez les uns, c'est l'éducation du goût qui manque , peut-être se sont-ils occupés d'un genre inférieur parmi les beaux-arts, tel que la peinture de fleurs, ou ont-ils fait un peu de musique, composé quelques distiques ou sonnets, ou écrit des romans. D'autres ignorent les mathématiques, d'autres la philosophie. Les plus érudits chercheront peut-être longtemps avant de découvrir la place qu'occupe, dans le vaste domaine de leur savoir, toute cette moitié de l'éducation (jui se rattache à ce que nous appelons la s}'rnpathie,

3. Ce sont là autant de lacunes dont soufl're inévitablement l'éducation. Dans quelle mesure en soufli'c-l-elle ? cela varie beau-

LES FORMES, LES CHOSES ET LES SIGNES l43

coup, car cela dépend de Téducateur, de l'élève, des occasions qui se présentent accessoirement ou non.

4. Plus réducateur sera sincère envers lui-même, et habile à utiliser ce qu'il a sous la main, mieux cela ira. Il est rare qu'un individu soit complètement fermé à l'un ou l'autre des points de vue que nous avons distingués. On peut, avec une volonté sérieuse, apprendre encore bien des choses, môme en enseignant. Parfois on suppléera à l'imperfection du débit par la nouveauté de l'intérêt : il n'est pas si difficile à un adulte de gagner une petite avance sur un jeune enfant. Au moins vaut-il toujours mieux agir ainsi que de négliger entièrement des parties essentielles de la culture, et de ne vouloir communiquer à l'élève que les talents ou les connaissances scolaires qu'on doit à son propre labeur, mais qui sont extrêmement bornés.

5. Quelquefois il suffit de donner à l'élève, dans certaines choses, la première impulsion, et de lui fournir constamment l'occasion et le sujet, pour qu'il marche tout seul; peut-être même échappera-t-il bientôt aux regards du maître. Il y a d'autres cas, à la vérité, où il est difficile de découvrir dans un esprit obtus un point quelconque qu'on puisse mettre en action, une nuance quelconque d'intérêt qu'on puisse exciter. C'est là précisément qu'il faut posséder le plus de connaissances, afin de pouvoir tenter beaucoup d'essais, et la plus grande habileté pratique, pour découvrir la forme qui sera la meilleure. Si les lacunes de l'éducateur et de l'élève ne se couvrent pas mutuellement, alors il n'y a rien à faire.

6. Souvent il se trouve à notre portée un homme capable de donner avec assez de succès un enseignement que nous ne pourrions donner nous-mêmes, et que nous jugeons pourtant nécessaire. Dans ce cas, il ne faut pas que la vanité de l'éducateur s'oppose à ce qu'on l'utilise. Il n'y a en effet rien d'humiliant à reconnaître qu'on ne sait pas toutes les choses qui peuvent contribuer aux progrès de l'éducation, car la quantité en est vraiment trop grande.

l44 MATIÈRE DE l'eNSEIGNEMENT

7. On trouvera résumé au chapitre VII tout ce qu'il y aurait à dire ici sur les objets particuliers de V enseignement, considérés dans leurs rapports avec les principes généraux déjà développés. Mais il est indispensable de s'arrêter d'abord un instant à une distinction basée sur la façon dont ces objets affectent plus ou moins directement notre intérêt,

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