‹ Principales œuvres pédagogiquesChapitre 66 sur 151 · ENSEIGNEMENT SYNTHÉTIQUE · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT SYNTHÉTIQUE

dans la manière dont on la voit. Il n'y a pas de chose pour laquelle notre disposition d'âme soit aussi facilement pervertie que pour le beau. Môme pour les yeux clairvoyants de Tenfant, le beau n'est pas clair, bien qu'il nous semble n'avoir besoin que d'ôtre vu. Chez lui, sans doute, l'œil non prévenu voit bien la masse, et il embrasse assurément tout ce qui peut s'embrasser,

— mais il fi en rapproche pas les rapports comme le fait si volontiers et si facilement, à ses meilleurs moments, l'homme cultivé. Le ffoût est le plus souvent lié à l'imagination, bien qu'il en diflere totalement, et il est facile de concevoir quel secours elle peut lui apporter. En eflet, par réloiiçnement et le rapprochement des images, les rapports se modifient, et parmi ce grand nombre de rapports se trouvent aussi ceux qui, par leur eifet, captivent l'attention, et autour d<»s(piels se groupent d'autres images. C'est ainsi (pie l'esprit arrive à la création poétique. D'après cela, la tache de Yédneation synthétique du ^oût consisterait donc à faire naître le beau dans l'imagination de Tcnfant. Aussi devra-t-on commencer, autant que possible, par présenter le sujet, puis on fera en sorte d'en occiq^cr l'imagination par des entretiens, et c'est alors seulement qu'on mettra l'œuvre d'art elle-même sous les yeux. S'agit-il d'une pièce classique, on en racontera d'abord le sujet, — non la succession des scènes, mais celle des faits; on tâchera de déduire de chaque fait les circonstances et les situations qui en découlent, on les arrangera de telle ou telle façon, en y mettant i^ii et là un peu de couleur,

— et enfin le poète achèvera ce qui serait trop diflicile pour nous. Peut-être devra-t-on cherclier à idéaliser quelques parties isolées d'un fait en leur donnant un corps, — et il se trouvera que c'est un tableau, une œuvre plastique que ce groupe nous représente.

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Éducation synthétique de la sympatuie

18. Nous arrivons à Y enseignement qui doit servir à faire Yéducation synthétique de la sympathie, — et qui doit par conséquent agrandir et remplir le cœur, môme là où il ne serait pas secondé par d'heureuses cii*constances de famille, par d'heureuses amitiés d'enfance, peut-ôtre môme par une sympathie naturelle particuUère entre Télève et le maître. — Où trouve-t-on un semblable enseignement? Qui ne reconnaîtra que la méthode ordinaire des études semble viser à courber Tûme sous le poids de la masse, et à la refroidir par le sérieux de la science, ou même de Tart tant vanté, à nous éloigner des hommes, des hommes pris en particulier, des hommes réels et des groupes particuliers et réels qu'ils forment, parce que ceux-ci plaisent peu à notre goût, sont trop au-dessous de la spéculation et le plus souvent trop loin de Y observation ? 1£X pourtant, notre plus grande gloire n'esl-elle pas de travailler par sjympathie pour eux, et ne sommes-nous pas, en tout cas, obligés de reconnaître, non peut-être sans un certain sentiment d'humiliation, que nous appartenons à leur espèce ?

i9. On a mis tout l'appareil combinalif de l'histoire, — cette séné complexe de noms de divers pays qui suit le iîl chronologique, — sur des tableaux, pour mieux l'imprimer dans la mémoii*e. On a cherché à tirer de l'étude des langues et de la science de l'antiquité, tout ce qui peut s'y trouver de bon pour exercer rintelligence ; on a présenté les anciens poètes comme les modèles de tout art. Tout cela est parfait! On a voulu enfin embrasser l'histoire de l'humanité comme un grand développement, comprenant toutes les idées qu'on a pu y faire entrer ^ — puis on a de

I Cette critique s'adresse à Ficlite.

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