ENSEIGNEMENT SYNTHETIQUE IC
il lui faut de la clarté ; en d'autres termes, il faut dérouler sous ses veux Tobjet enseigné de telle façon qu'en avançant, elle sente qu'elle gagne du terrain et s'approche des points dont elle était éloignée.
57. En ce qui concerne la suites des objets, il faut distinguer d'abord entre les notions préliminaires et les connaissances complètes. On sait que ce n'est qu'après un long usage que les connaissances déjà acquises d'une façon complète se fixent au point de ne plus pouvoir s'oublier. C'est pourquoi elles doivent constamment être appliquées, dès qu'elles sont en état de l'être. Par contre, les notions pui'ement préliminaires qui ont fatigué l'esprit avant de devenir courantes peuvent être oubliées. Il en reste assez pour faciliter plus tard une étude qu'on voudrait renouveler *. Aussi n'est-ce pas sur de telles notions, mais bien sur les connaissances complètes qu'on peut se foncier [)our établir l'ordiHî dans lequel doivent être enseignés les objets. Pour les notions préliminaires indispensables, — de grammaire, d'arithmétique, de géométrie, — on fera bien d'en présenter les premiers éléments et les plus faciles longtemps avant toute application, en se bornant à montrer les objets isolés jusqu'à ce que l'élève en ait ime conception claire -, puis en les réunissant tour à tour par Vassodation, et autant que possible sans fatiguer. Quand môme les premiers essais d'exercices de mémoire réussiraient, il est pourtant plus sur de ne pas y comjiter, et il vaut mieux au contraire les laisser de côté pendant quelque temps. Plus tard on reprendra à partir du conunencement, sans exiger que la mémoire retienne quelque chose ; mais on pourra augmenter un peu la proportion de matière enseignée et, dès ce moment, faire apercevoir le lien qui existe dans les objets isolés. Pi-us la conception sera pénible, plus il faudra avancer avec pré-