‹ Principales œuvres pédagogiquesChapitre 76 sur 151 · ENSEIGNEMENT SYNTHÉTIQUE I · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT SYNTHÉTIQUE I

va sans dire qu'en cela encore il peut y avoir bien des degrés.

Le maître qui connaît bien ses élèves pourra utiliser ces différences de bien des manières : nous nous bornerons à donner ici les indications les plus générales.

En tenant compte connue il convient, pour les matières réaies et pour les mathématiques, des avantages qu'elles offrent au point de vue de la facilité plus grande du rattachement aux notions acquises S on peut alors compter sur les idées spontanées : il importera dans ce cas d'établir quelques points principaux qui permettent d'y intercaler plus tard d'autres notions.

La difliculté est plus grande pour les langues. Sans doute, les progi»ès en allemand se font par V aperception de ce que Fenfant s'est approprié au début comme sa propre langue maternelle, et par ïintercalation de nouvelles notions parmi les anciennes. Mais pour les langues étrangères qui ne se combinent d'abord que peu à peu avec la langue maternelle, ces deux procédés ne sont possibles que lorsque l'enfant est arrivé à en avoir ime certaine connaissance ; et cette connaissance doit augmenter considérablement avant qu'on puisse compter sur les idées spontanées. Si alors on siu'charge les idées provoquées par l'addition de nouvelles, à plus forte raison si l'on procède par simple continuation , il n'est pas étonnant qu'il en résulte un chaos inutilisable.

C'est sans doute la raison pour laquelle les tentatives que l'on a faites d'ens(»igner les langues sans granmiaire , ex usu^ comme on les apprend si facilement dans le pays, devaient nécessairement échouer. Celui qui apprend le français en France, a sous les yeux des personnes et des actions ; il devine aisément ce qui le touche ; cette aperception se fait certainement par les idées spontanées , avec lesquelles la langue se confond par association ; et bientt^t la langue elle-même devient prête

Page 1