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Des RAPPORTS entre la culture morale et l'éducation
DU caractère ^
iiv.3, eh! V, i6. UacUon immédiate exercée sur Tâme de Tenfant dans le but
ii 6-10.
de la former, constitue la culture morale. Il semble résulter
de là qu'il serait possible de faire la culture morale en s'adressant tout simplement aux sentiments, sans avoir égard aux idées acquises ! Une telle illusion ne pourrait s'expliquer que chez celui qui serait habitué à attribuer sans autre examen une réalité quelconque à des principes abstraits tirés des qualités des choses et réunis par la logique.
17. Mais il en apparaîtra tout autrement si nous consultons Texpérience. Celui qui a observé dans quels abîmes de douleur et de détresse un homme peut tomber, et parfois même rester plongé pendant des périodes entières de son existence, puis comment, une fois que le temps a effacé son chagrin, il peut en sortir de nouveau, reparaître presque intact et le même qu'auparavant, avec les mêmes aspirations et les mêmes sentiments, et aussi la même manière de se manifester, — celui-là, dis-je, n'attendra guère de résultats de cet ébranlement perpétuel des sentiments, par lequel les mèi*es en particulier croient si souvent faire l'éducation ! £t surtout quand on a vu quel degré de sévérité paternelle un adolescent robuste peut supporter sans en être affecté, quels stimulants on prodigue aux faibles, sans qu'ils en deviennent plus forts, combien toute la réaction qui suit l'action est éphémère, on est tenté de conseiller à l'éducateur de ne pas se préparer à lui-même les déceptions qui sont ordinairement le seul résultat durable de V éducation pure et simple !
I . Voir la déflnition de Véducaiion du caractère, p. 385, $ 4