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I. Voir p. i39, § i

INFLUENCE DES IDÉES ACQUISES !à3'J

tant de buts, Tactivité exagérée n*attcint guère ce qu'elle recherche, peut-ôtre même essuie-t-elle quelques humiliations, — et le caractère reste petit. Toutefois ce cas est rare , et le remède n'est pas difiicile à trouver.

i8. Lorsque l'assurance intime de Tesprit fait défaut, que les intérêts moraux sont absents, et que surtout l'esprit a une maigre provision d'idées, alors le champ reste ouvert aux désirs animaux. Et même il ne peut sortir de ceux-ci qu'un produit informe, quelque chose comme la caricature d'un caractère.

19. Les limites de notre cercle d'idées sont des limites pour le caractère. Car il s'en faut de beaucoup que toute la somme des idées passe en action. — Cependant, ce qui repose tranquillement et livré à soi-même, au fond de l'âme, a aussi son importance pour les parties faibles du caractère. Les circonstances peuvent le mettre en mouvement. C'est pourquoi, s'il y a des choses que l'enseignement n'ait pas pu pousser assez loin, il ne doit pourtant en aucune façon les négliger. Car elles peuvent au moins servir comme moyen de déterminer V excitabilité ^ et aussi d'augmenter et d'améliorer les dispositions existantes pour les impressions futures.

20. Jusqu'à présent il a été question de la partie objective du caractère. Si les opinions fausses lui sont déjà préjudiciables parce que ce sont des présomptions erronées sur lesquelles elle bâtit, tous les préjugés sont encore plus nuisibles à la partie subjective ^ à sa critique et à son appréciation sur elle-même, qui retient comme principe fixe ce qui lui parait juste, permis,

I. Ce mot signiiie ici simplement : aptitude à être excité. Voici ce que dit d'ailleurs Herbart à propos de cette excitabiUté du caractère : c On ne saurait 4ittendrc que Thomme mette en action toutes ses idées. Il y en a trop qui sont maintenues par le petit nombre de ressorts puissants qu'il possède, et ces ressorts, même s'ils n'ont eu au début qu'une faible prépondérance, se fortiiient par l'action même. Mais, si décisive que l'action puisse être ou devenir grÂcc à eux, une nouvelle impression peut toujours donner au caractère une nouvelle direction, si elle vient à en rencontrer dans l'àme d'anciennes de même nature et ù les réveiller. Tout dépend alors en grande partie de ces idées cachées dans la profondeur de l'àme. » {AphoriamcSt § i8a).

a36 FORMATION NATURELLE DU CARACTÈRE

Influence des idées acquises sur le caractère

i5. Ignoii nulla cupido ! — La somme d'idées acquises comprend rensemble de ce qui peut, par les degrés de Yintérêt^ s'élever au désir^ puis, par Yaction, au couloir. Elle fournit, en outre, ce qui est nécessaire à tout fonctionnement de la sagesse, c'est là qu'on trouve les éléments de science et de prudence sans lesquels rbomiiie ii'aui*ait aucuns moyens pour atteindre ses divers buts. C'est même en elle que réside toute l'activité intérieure, la vie originelle, l'énergie première ; c'est là qu'il faut que tous les mouvements s'exécutent aisément, (pie cliaque cbose soit à sa place, qu'on puisse la trouver et qu'elle soit prête à servir à tout instant. Là, rien ne doit barrer le clicmin, ni aucune masse lourde empêcher d'avancer : enfin c'est là que doivent régner la clarté, V association, le sj'stèine et la méthode *. Alors le courage a un point d'appui dans la garantie du bon fonctionnement intérieur : et non sans raison, car les obstacles extérieui's, qui peuvent surprendre la prévoyance d'un esprit bien ordonné, ne peuvent guère efirayer celui qui sait que dans de nouvelles circonstances il formerait aussitôt d'autres plans.

i6. Lorsque cette assurance intime de l'esprit, armé d'une façon suflisante quoique légère, se trouve unie à un intérêt exclusivement égoïste, le caractère ne tarde pas à être sûrement et définitivement corrompu. C'est pourquoi tout ce qui a rapport à la sympathie doit être développé jusqu'à ce qu'elle se manifeste par le désir et par Y action,

17. Si au contraire tous les intérêts moraux sont éveillés, et tous assez vivement pour se manifester par le désir, alors il arrive aisément que les moyens deviennent insuflisants pour atteindre

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