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CHAPITRE IV

Premier exposé

Divers procédks de la culture morale

i^^^à^^h's '• ^^ culture morale produit des sentiments ou les enipôche.

iii-44. Ceux qu'elle produit sont le plaisir ou le déplaisir. Pour ceux

qu'elle empêche, elle agit soit en évitant Tobjet qui pourrait

les provoquer, soit en taisant que cet objet soit supporté ou

laissé de côté comme indiftérent.

2. Dans le cas où l'objet est évité, soit qu'on le tienne éloigné de la sphère de l'enfant, soit qu'on tienne l'enfant éloigné de sa sphère, l'enfant l'ignore en général tout-à-fait : du moins il n'éprouve pas directement ce procédé.

3. La gi*adation des peines, déjà si difficile dans l'Ktat, l'est encore plus à la maison, où tout est ramené k de si petites proportions. Ici, tout tient à la manière dont le goui*ernement se fait sentir ; c'est par là que l'enfant doit éprouver qu'il n'a pas agi et qu'il n'est pas traité en élève, mais en être faisant partie de la société humaine, et se préparer ainsi à sa future existence civique. C'est à ce titre qu'un gouvernement précis des enfants fait en même temps partie de l'enseignement,

4. Tout autre est la manière dont la culture morale devra se faire sentir : cette manière ne sera ni brève ni rigoureuse, mais étendue, continue, pénétrant lentement, et ne se relâchant que

graduellement ! Car il faut qu'on sente que la culture morale forme. Non pas que cette impression constitue la partie essentielle de sa force éducatriee : mais elle ne peut cacher son intention déformer. Et quand même elle le pourrait, ne fût-ce que pour se rendre tolérable, il faut qu'elle la fasse paraître.

5. La culture morale, à proprement parler, n'est pas tant un ensemble de mesures nombreuses et surtout d'actes séparés, qu'un traitement continu de Tenfant, dans lequel on n'a recours que de teuips en temps, et pour le rendre plus énergique, aux récompenses et aux punitions, et aux autres moyens analogues.

6. Il est clair que l'art de la culture morale ne peut ôtre tout d'abord qu'une forme modifiée de Tart qui préside au commerce des hommes, et qu'en conséquence la souplesse dans les relations devra être un des principaux talents de l'éducateur. Le caractère essentiel de cette modification consiste dans la nécessité d'aflirmer sa supériorité sur les enfants de telle manière qu'ils sentent une force éducatriee qui, lors même qu'elle opprime, ait encore une action vivifiante, tout en suivant sa tendance naturelle loi*sque son action consiste à encourager et exciter directement.

7. La culture morale ne prend sa véritable allure que lorsqu'elle a trouvé l'occasion de relever le moi de l'enfant à ses propres yeux par une approbation (et non par un éloge ! ) qui pénètre profondément. Le blâme n'est entendu que par l'enfant qui a cessé d'être une quantité négative isolée, et il ne doit tendre qu'à amoindrir l'approbation déjà méritée. En effet» celui-là seul peut sentir la force des reproches intérieurs, qui était arrivé à gagner l'estime de lui-même, et qui craint d'en perdre quelque chose. Un autre se prend tel qu'il se trouve, et l'enfant qui n'est que blâmé devient insupportable si l'éducateur ne veut pas le prendre tel qu'il est. Là où le blâme seu] agit, Tamour-propre a déjà préparé le terrain. L'éducateur peut diriger ses investigations dans ce sens, mais non s'y fier aveuglément. Et il ne suffit pas que cet amour-propre existe tant soit

l'approbation et le BLAME 249

peu : il faut qu'il atteigne un degré suffisant pour servir de fondement au blâme.

8. Mais, dira-t-on, on ne peut donner d'approbation que si elle est méritée ! Cela est vrai, mais ce qui Test autant, c'est que, après la question de Véducabililé des idées, il n'en est pas de plus importante, pour la détermination de Yéducabilité en général, que de savoir s'il existe au préalable des traits de caractère isolés qui méritent de gagner le cœm* de l'éducateur. Il faut au moins que Vindividualité manifeste quelques bonnes dispositions, afin que l'éducateur puisse avoir quelque chose à mettre en relief. Et s'il ne trouve que peu de chose , il ne faut pas qu'il veuille se hâter : dans la culture morale, une seule étincelle ne peut d'abord en allumer qu'une seconde, il faudra donc se contenter pendant longtemps d'obtenir peu de chose avec le peu dont on dispose, jusqu'à ce que, si rien ne vient détruire l'œuvre entreprise, le fonds se soit accru peu à peu, au point de devenir suilisant pour des entreprises qui soient en rapport avec les fins de l'éducation.

9. Réjouir l'enfant par l'approbation méritée, c'est en cela que consiste le bel art de la culture morale. Le beau ne peut guère s'enseigner : il est plus facile à trouver pour ceux qui ont le don de l'aimer sincèrement.

10. Il y a aussi un art pénible, qui consiste à porter à l'âme certains coups qui la blessent sûrement. Nous ne devons pas dédaigner cet art. Il est souvent indispensable d'y recourir, lorsque les simples paroles trouvent une oreille fermée. Mais il faut absolument qu'il soit dominé par un sentiment de délicatesse qui l'excuse en même temps, lui impose des ménagements, et ne l'emploie que pour éviter de recourir à des rigueurs blessantes.

Ti. De môme qu'un chanteur s'exerce à étudier l'étendue et les nuances les plus délicates de sa voix, de même à peu près l'éducateur doit s'exercer à parcourir par la pensée toute la gamme montante et descendante des différents tons qu'il doit

q5o procédés de la culture morale en général

prendre tivec l'enfant : non pas pour se complaire dans ce jeu, mais alin de bannir, par la rigueur de la critique qu'il exerce sur lui-mt^me, tout son faux, d'acquérir la sûreté nécessaire pour trouver chaque ton, la souplesse qu'exigent toutes les tournures de langage, et la connaissance également indispensable des limites de son oi*gane. Il a grandement lieu d'être timide dans les premiers mois, bien qu'il soit souvent obligé de prendre un ton qui dépasse le ton ordinaire des relations entre gens bien élevés ; il a de fortes raisons de s'observer et d'observer son élève de la façon la plus attentive; et même cette observation doit être le correctif consUuit des habitudes qu'il aura contractées peu à peu, d'autant plus que Vélève change continuellement avec le temps! — Ceci est aussi vrai en petit qu'en grand. Quand on se trouve obligé de répéter plusieurs fois de suite la même observation, il ne faut pas qu'elle soit faite deux fois sur le même ton, ou bien elle manquera son eifet la seconde fois pour la même raison qui l'avait rendue eilîcace la première.

l'j. 11 faut bannir de la culture morale toute monotonie, toute chose fade, comme on les bannirait d'un ouvrage ou d'un discours bien coinposé. Ce n'est qu'à cette condition, jointe à un certain esprit inventif, qu'on peut espérer que l'éducateur acquerra la force dont il a liesoin ! En cHet, l'étendue de Védùcation morale doit paraître à l'enfant sans limites, et son action doit avoir pour lui un prix incomparable. Elle doit enserrer toutes les manifestations de son activité, comme un élément dont toutes les parties se tiennent constamment, afm qu'il n'ait même pas la pensée d'y édiappe:* en la tournant. Elle doit être toujours prête à faire sentir son action, mais il faut en outre, si elle peut réellement quelque cliose, qu'elle veille sui»- elle-même avec une vigilance ininterrompue, afin de ne pas infliger à l'enfant, par précipitation, des douleurs inutiles. Car un enfant aux dispositions délicates peut souflHr profondément, il peut souffrir en sil< nce, et il peut s'enraciner dans son Ame des douleurs qui subsistent encore à l'àgc mûr.

FORMATION DU CERCLE d'iDÉES 25 1

i3. Pour pouvoir supporter le plein effet d'une complète culture morale^ l'enfant a besoin d une santé parfaite. On ne peut guère faire d'éducation lorsqu'on a un état maladif à ménager ; cette raison suffirait à elle seule pour faire comprendre qu'un genre de vie réglé par l'hygiène est la base et la condition première de l'éducation.

i4- Mais en admettant que tout soit bien comme il doit Otre sous l'un et l'autre rapport, et que la culture morale la plus parfaite trouve le terrain le mieux approprié, tout s'évanouira comme les sons d'une musique, et aucun effet ne sera durable si, aux accords de cette musique, les pieiTes ne se sont pas élevées en murailles, pour aménager au caractère^ dans l'espèce de château fort que constitue pour ainsi dire un cercle (Vidées bien déterminé, une demeure sûre et commode.

Comment la culture morale doit contriruer a la formation

DU CERCLE d'idées

i5. La culture morale doit contribuer à la formation du cercle d'idées non-seulement pendant les heures d'enseignement, mais encore dans tout renscmble de V éducation. Maintenir l'ordre et la tranquillité pendant les classes, écarter la moindre trace d'irrévérence vis-à-vis du professeur, cela i*cgarde la discipline. Mais Yattention, Iç fait de saisir avec vivacité, sont des choses bi<;n différentes de l'ordre et de la tranquillité. On peut dresser les enfants à se tenir tranquilles, sans qu'ils saisissent un mot pendant tout ce temps! Pour obtenir Y attention, il faut beaucoup de choses réunies. L'enseignement doit être clair, mais plutôt difficile que facile, sous peine de provoquer Yennuil II doit entretenir le même intérêt d'une façon continue, on Ta dit plus haut. Mais Tenfant

a5a PROCÉDÉS de la culture morale en général

doit aussi arriver avec la disposition d'esprit voulue, et cette disposition doit lui être habituelle : c'est là que doit intervenir la culture morale. Tout le régime de l'enfant doit être à Fabri d'influences capables d'apporter quelque trouble ; rien ne doit remplir l'àme au-delà de Yintérêt qui convient dans le moment. Cela, sans doute, n'est ni toujours ni entièrement au pouvoir de l'éducateur ; il peut même arriver que le fruit de son travail soit détruit par un seul événement qui entraîne les pensées de l'enfant. Mais ce qui est plus en son pouvoir, c'est de faire sentir profondément à l'enfant, par l'action totale de la culture morale, combien il tient à V attention la plus minutieuse,, de telle

sorte que l'élève ne se permette plus de paraître aux leçons qu'avec le plus complet recueillement. L'éducateur qui a obtenu ce résultat pourra éprouver du chagrin lorsqu'un hasard plus puissant viendra détourner Yintérêt péniblement conquis pour le jeter dans une autre direction ; il se verra alors obligé de céder, de suivre, et d'accompagner l'enfant avec sympathie; mais il ne saurait commettre de plus grande faute que de rompre les relations par des défenses intempestives. — Pourtant l'homme revient en définive des disti*actions petites ou grandes, avec les traits fondamentaux de ses pensées antérieurement ordonnées ; il se rappelle l'ancien état de choses^ le rattachement peut donc se faire ; enfin il introduit des éléments nouveaux, et on peut découvrir des moments favorables pour les analyser. Seulement il faut toujours qu'on retrouve la même souplesse, la même bonne volonté, la même franchise, — ou bien qu'on les fasse naître à nouveau, car toute action immédiate de la culture morale est passagère.

i6. Une fois que l'élève en est arrivé à suivre spontanément sa véritable voie, il a grand besoin de tranquillité ! A partir de ce moment, la culture morale doit abandonner peu à peu toutes ses prétentions, et se borner au rôle de spectateur sympathique, bienveillant et confiant ; les conseils mêmes ne doivent

FORMATION DU CARACTÈRE PAR LA CULTURE MORALE a53

avoir d*autre prétention que celle de provoquer à la réflexion. Rien n'est alors plus salutaire ni accueilli avec plus de reconnaissance que la peine aflectueuse qu*on se donne pour éloigner toutes les causes de trouble qui pourraient intervenir et retarder le développement complet de l'homme intérieur.

Formation du caractère par la culture morale

17. Comment Taction volontaire doit-elle être restreinte our encouragée ?

18. Il faut se rappeler avant toutes choses que l* action de l'homme ne consiste pas seulement dans V activité qui tombe sous les sens, mais qu'elle n'est complète que si elle est accomplie intérieurement, et que l'union des deux choses est indispensable pour constituer le caractère. \J activité multiple des enfants bien portants, qui n'est que l'expression de leur besoin de mouvement, le continuel va-et-vient des natures légères, et môme les plaisirs grossiers de ceux qui manifestent une brutale virilité, — toutes ces manifestations extérieures d'un caractère futur, n'éclaireront pas l'éducateur autant qu'une action unique, calme et réfléchie, d'une âme repliée sur elle-même, — ou que la résistance fièrement afllrmée d'un enfant ordinairement docile. Et là encore, il faut joindre à l'observation beaucoup de réflexion. La véritable fermeté n'existe jamais chez les enfants ; ils ne peuvent échapper au changement de leur cercle d' idées, €[ue tant de causes doivent produire, et auquel, il faut Tespérer, l'éducateur doit aussi contribuer. Mais la culture morale est à peu près impuissante lorsqu'une action de l'enfant révèle une tendance déterminée, armée de réflexion; à moins qu'on ne veuille compter pour quelque chose le résultat obtenu en éloignant les occasions, et en empêchant ainsi l'enfant d'acquérir Thabi-

a54 PROCÉDÉS DE LA CULTURE MORALE EN GÉNÉRAL

let<5 que donne l'habitude : il faudra alors avoir bien soin de supprimer radicalement les occasions, et de reconnaître qu'on ne peut combattre Vimagination que par des occupations actives et attrayantes d'une autre nature, ce qui revient alors à agir sur le cercle d'idées, . 11 faudra donc s'arrêter à ce moyen, quand il s'agira de détruire une profonde perversion; et c'est la culture morale qui doit surtout y contribuer. Mais qu'on se garde bien, dans les cas que nous venons d'indiquer, de recourir aux châtiments rigoureux! Ceux-ci sont tout indiqués lorsqu'une cei*taine tendance nouvelle se manifeste pour la première ou la seconde fois par une faute, en dehors de toute préméditation, et que cette faute, si on ne la réprimait, serait susceptible de se renouveler, et de laisser dans rame un trait vicieux. Dans ce cas, la culture morale doit intervenir sur-le-champ avec énergie. Ainsi le premier mensonge intéressé ne saurait être trop sévèrement puni, ni réprouvé avec trop de persévérance par des avis fréquents, faits avec une douceur croissante , et on ne saurait craindre , pour le rendre haïssable , de porter des coups trop douloui*eux dans les profondeurs les plus cachées de l'àme; avec un menteur endurci, au contraire, un semblable traitement n'aurait d'autre effet que de le rendre plus dissinmlé et plus vicieux.

19. Il y a une sorte d'activité extérieure multiple, qui n'est guidée par aucune tendance ni aucune réflexion profonde et constante , et qui révèle des dispositions plutôt corporelles qu'intellectuelles : cette activité ne constitue pas un caractère ; au contraire, elle est un obstacle à l'affermissement du caractère. Elle peut être tolérée comme manifestation de l'humeur joyeuse, favorable à la santé et au développement de l'adresse ; elle donne même à l'éducateur le temps de tout préparer pour la détermination ultérieure du caractère, et à ce point de vue elle est profitable. D'autre part, ce genre d'activité n'est pas désirable, parce qu'il peut aisément avoir pour effet de reculer l'éducation ultérieure

FORMATION DU CAUACTKIiE PAU LA CL^LTUIIE MORALE 21:5

du caractère au-delà de la période d'éducation. En conséquence, lorsque la formation du cercle d* idées est restée en retard ou qu'elle a besoin d'être fortement rectifiée, il ne peut rien y avoir de mieux que de laisser longtemps sans direction déterminée les manifestations joyeuses de la jeunesse; si, au contraire, le cercle d'idées existant permet d'espérer une détermination du caractère telle qu'on doit la vouloir, alors il est temps, — quel que soit Tàge, — d'y joindre une occupation active sérieuse, afin que l'homme se fixe bientôt. Pour celui qu'on a soumis trop tôt à une activité importante, il n'y a plus d'éducation/ ou tout au moins elle ne peut être reprise qu'avec beaucoup de désagréments et peu de chances de succès. Il y a des natures pour lesquelles il faut s'imposer, comme maxime d'éducation applicable dès la plus tendre enfance, de soustraire à leur activité l'excès des attraits extérieurs. Sinon elles n'atteindront jamais à la profondeur, à la décence, à la dignité ; elles n'occuperont aucune place dans le monde ; elles nuiront, en voulant uniquement agir ; on les redoutera, et quand on le pourra, on les refoulera. Pour ceux qui s'adonnent de bonne heure et exclusivement à une occupation inintelligente, on peut sûrement présumer qu'ils sont et resteront des esprits vides, et qu'ils seront d'autant plus insupportables que l'intérêt qui les anime encore ne peut même pas persister avec une force égale ni les protéger contre l'ennui.

ao. La culture morale doit avant tout compléter les dispositions naturelles au point de vue de la mémoire de la volonté. On a déjà dit qu'un genre de vie uniforme, où l'on évite tout changement pouvant être une cause de distraction, contribuait à ce résultat. Mais on ne peut mieux se rendre compte de l'influence que peut surtout avoir à cet égard l'attitude de l'éducateur, qu'en se représentant l'impression difllérente qu'on éprouve suivant qu'on vit avec des hommes au cai*actère constant, ou au caractère versatile. Avec ces derniers, nos relations se trou-

a56 PROCÉDÉS DE LA CULTURE MORALE EN GÉNÉRAL

vent sans cesse modifiées ; nous avons besoin, pour consei'ver notre fermeté auprès d'eux, d'une force double de celle qui nous est nécessaii'e auprès des autres; car ceux-ci nous communiquent insensiblement leur égalité d'humeur, et nous font avancer sur une voie unie, en nous présentant toujours le môme rapport. Mais, dans Y éducation, il en coûte infiniment de peine pour montrer toujours le même visage aux enfants dans les mêmes circonstances, car combien de choses nous agitent, qu'ils ne peuvent comprendre, qu ils ne doivent pas davantage éprouver ! Et lorsqu'on a afiaire à plusieurs enfants, le travail de Véducaiion lui-même affecte de tant de manières, qu'il faut un soin tout particulier pour rendre à chacun la disposition d'esprit qu'il avait fait naître, et ne pas confondre les différents tons qu'on doit prendre vis-à-vis de l'enfant, ni les altérer l'un par l'autre. A cet égard, il y a lieu de tenir compte des qualités naturelles de l'éducateur, et en outre de son expérience du commerce des hommes. Lorsque celle-ci manque et que celles-là agissent défavorablement, l'insuccès de la culture morale peut souvent n'avoir d'auti*e cause que l'impuissance de l'éducateur à se dominer pour paraître égal, de sorte que ses élèves ne le comprennent plus et renoncent à l'espoir de jamais le satisfaire. C'est précisément le résultat contraire de celui que doit obtenir en première ligne la culture morale lorsqu'elle se propose de former un caractère. Car il arrive en pareil cas que ce qui existait de mémoire de la volonté est réduit en raison même de ce que peut la culture morale, et que le caractère est forcé de s'édifier dans une profondeur cachée quelconque. — Une éducation qui tient l'enfant ' (j'appelle ainsi celle qui favorise comme il convient la mémoire de la volonté), réussira donc surtout avec celui qui a le caractère naturellement égal.

21. Mais que celui qui peut se vanter d'un tel avantage se garde

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