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I. Voir p. 264. §§ 37 sq

DES PUNITIONS ao'J

bien de ne pas satisfaire à la seconde condition de Yéducation morale, qui doit agir aussi d'une façon déterminante, de telle sorte que le choix puisse se décider ! Or pour cela il faut une ànie mobile, capable de toujours répondre aux mouvements de Tàrae enfantine. — Ce qui dans ce cas importe encore plus que les qualités naturelles de Téducateur, c'est la concentration de son esprit, qui doit se porter sur Yéducation de telle manière que lui-même, déterminé en grande partie par relève, le détermine à son tour par une sorte de réaction naturelle...

Des punitions

aa Il importe de remarquer que les punitions de Yéducation ne sont pas liées à une idée de réparation, comme les punitions de la discipline; mais elles doivent ôtre mesurées de telle maAière que l'individu y voie toujours un avis bien intentionné, et n*en puisse concevoir une répulsion durable pour l'éducateur. Tout dépend ici de la sensibilité de l'enfant. Quant à la qualité de la punition) il y a aussi entre les punitions de Yéducation et celles de la discipline une différence qui saute aux yeux : celles de la discipline se bornent à rendre par n'importe quel moyen, la quantité de Lien ou de mal méritée, tandis que celles de Yéducation doivent tendre à éviter autant que possible tout caractère positif ou arbitraire , et s'attacher uniquement, lorsqu'elles le peuvent, aux conséquences naturelles des actions humaines. En effet, elles doivent déterminer de bonne heure chez l'enfant la direction qu'il prendrait lui-même plus tard avec l'expérience, et peut-être au prix d'un certain préjudice... Les récompenses pédagogiques doivent se régler d*après les mêmes principes. Mais elles auront peu d'efïicacité si elles ne se fondent pas sur un ensemble de procédés auquel elles puissent donner de Ténergie. . .

Fac. de Lille . Tome IV. — A. 17.

a58 PROCÉDÉS DE LA CULTUllE MORALE EN GÉNÉRAL

a3. . . . On a dit souvent, et à certains égards on ne saurait trop le répéter, qu'il faut laisser aux enfants leur esprit enfantin. Or, qu'est-ce qui giUe l'esprit enfantin ? Tout ce qui s'oppose à l'oubli naturel de soi-même. L'homme bien portant ne sent pas son corps : de même l'enfant insouciant ne doit pas se sentir exister, afin de ne pas prendre son existence pour mesure de l'importance des choses extérieures. Alors on peut espérer que, parmi les remai*ques qu'il fait, se trouveront aussi les conceptions claires du juste et de ïinjuste moral ; et comme il considère les autres à cet égard, il se considérera également luimême; et de même que le particulier est soumis au général^ de même il se trouvera soumis à sa propre censure. C'est le commencement naturel de la culture morale, qui est faible et incertain, et doit être fortifié par V instruction. Mais ce commencement est gêné et troublé par toute excitation vive et durable qui donne au sentiment de soi une occasion de prédominer, par où le propre moi devient un point de relation pour l'extérieur. Une telle excitation peut être agréable ou désagréable. Ce dernier cas se présente dans la maladie ou l'état maladif, et même déjà chez les tempéraments très excitables : les éducateurs savent depuis longtemps combien le développement moral en souffre. C'est encore le même cas qui se présente lorsqu'on traite l'enfant durement ou qu'on le taquine souvent, ou qu'on néglige les soins que réclament ses besoins. En revanche, on conseille avec raison de favoriser la gaieté naturelle des enfants. Mais la pédagogie recommande avec autant de raison d'éviter tout ce qui, en procurant un sentiment de plaisir, donne au moi l'occasion de ressortir : par exemple, tout ce qui occupe les désirs sans aucune utilité, les éveille trop tôt au lieu de les réserver pour Tàge auquel ils appartiennent, et tout ce qui entretient la vanité et l'amour^propre.

24* Il fsiut au contraire, à tout Age, habituer l'enfant, le petit garçon, l'adolescent, à supporter la censure à laquelle il s'est exposé, lorsqu'elle est juste et compréhensible. C'est un point

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