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DES PUNITIONS

capital de la culture morale, de veiller à ce que toutes les voix de Tentourage, — qui sont en quelque sorte celles de Topinion publique, — fassent entendre leurs critiques, sans les rendre désagréables par des commentaires offensants... Si l'éducateur seul doit représenter l'opinion générale ou môme la contredire, il lui sera diiticile de donner du poids à sa critique ; ou alors il importe essentiellement qu'il possède une autorité prépondérante, en dehors de laquelle Tenfant n'estime plus aucune autre opinion. Dans les premières années, Yinstruction morale élémentaire se confondra presque avec cette censure : nous en laissons ici le soin aux mères et aux livres enfantins bien faits, en demandant seulement qu'on ne la change pas en maximes inculquées qui ont Finconvénient, dans les cas les plus favorables, de devancer ïéducation subjectwe du caractère, et même de la détruire, en même temps qu'elles portent atteinte à la naïveté de l'enfant.

aS.... Il est aussi mauvais pour l'esprit d'être amolli et attendri, que pour le corps qu'on veut protéger des intempéries du climat. Empêcher le froid extérieur n'est pas élever la température intérieure ; mais tout au contraire, l'accroissement de chaleur morale résulte en grande partie du travail et de l'excitation qui se produisent à l'intérieur. . . Ce n'est qu'avec un éducateur négligent qu'un enfant prend comme exemple et imite tout ce qu'il voit. Une sollicitude pédagogique modérée amène l'enfant à suivre seul la voie de sa propre culture, et lui permet, sans qu'il ait besoin de comparer avec ses propres efforts, d'observer et de considérer comme un phénomène étranger tout ce que font les natures grossières. S'il vient à en rencontrer, elles blesseront si souvent sa délicatesse et, en revanche, lui feront sentir si agréablement sa supériorité intellectuelle, que l'éducateur, s'il a fait auparavant son devoir, aura alors quelque peine pour rétablir seulement la communauté nécessaire entre celui dont il a élevé le niveau et les autres qui ont été abandonnés par le sort...

a60 PROCÉDÉS DE LA CULTURE MORALE EN GÉNÉRAL

a6.... L*approbation méritée, donnée en silence, mais lai^e ment et de grand cœur, est le ressort sur lequel doit s*appuyer la force du blâme, qui sera tout aussi largement donné, éloquent, mesuré avec soin, et devra puiser son énergie dans les tournures les plus variées, — et cela jusqu'à ce qu'il apparaisse que Tenfant a été intimement pénétré de Tun et de Fautre, et qu'il se dirige et agit lui-même par les deux. Car il vient un moment, tôt ou tard, où les paroles de l'éducateur seraient superflues s'il voulait continuer à exprimer ce que l'enfant se dit à lui-même si bien ; mais c'est là le point de départ d'une certaine intimité, qui ne serait pas admissible plus tôt, et qui, sous forme de méditation des aflaires communes, revient à certains moments sur les choses intérieures dont l'homme doit se soucier au point de vue moral.

Second exposé la Procédés de la culture morale EtquitMe, an. h'éducaiîon morale est sans doute loin d'être constamment

un obstacle et une gêne; encore moins veut-elle imposer à l'enfant une activité étrangère à la place de la sienne. Toutefois elle est obligée tantôt de refuser, tantôt d'accorder, de sorte qu elle rend l'enfant bien plus dépendant que ne le ferait le gouifernernent seul. Car il se peut que le gom^ernement tienne rigom^eusement à quelques prescriptions, et laisse pour le reste l'enfant à lui-même; mais c'est là une insouciance à laquelle la culture morale doit s'abandonner rarement, et cpiî ne pourrait se justifier que par une confiance bien fondée dans l'enfant.

Un éducateur attentif laisse paraître constamment, même sans

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