DONATEUR
27. Aux termes de l’article 747, « les ascendants succèdent, à l'exclusion de tous autres , aux choses par eux données à leurs enfants ou descendants décédés sans postérité, lorsque les objets donnés se retrouvent en nature dans la succession. » Ce droit de succession db intestat donne-t-il une réserve à l’ascendant donateur ? ou du moins la réserve de droit commun augmente-t-elle? Les biens donnés doivent-ils être compris dans la masse sur laquelle se calculent la réserve et le disponible ? Le montant de la réserve et du disponible est-il réglé d’après le droit commun? L’ascendant donateur doit-il contribuer à fournir le disponible? C’est une des questions les plus dif-
(1) Nîmes, 17 février 1862 (DaUoz, 1863, 2, 20).
(2) Rejet de la chambre civile, 22 înars 1869 (Dalloz, 1869, 1, 432);
donations et testaments.
ficiles de la difficile matière de la réserve ; nous comprenons qu’un de nos bons auteurs, Duranton, ait désespéré et qu’il ait déclaré les difficultés insolubles (ib Ce que nous ne comprenons pas, c’est qu’un auteur qui n’a pas la science de Duranton, ni sa sage mesure, l’ait tourné en ridicule pour avoir dit que dans ces questions il se présente des principes contraires, de sorte que les propositions contradictoires paraissent également vraies. Marcadé dit que cette matière est, en définitive, beaucoup plus simple, beaucoup plus facile à comprendre que ne le feraient croire les longues et obscures dissertations de la plupart des commentateurs (2). Et il se trouve que cet écrivain, qui accuse ses maîtres d’inintelligence, n’a pas même compris le conflit de principes que Duranton a signalé, conflit très-réel que le législateur seul pourra vider. Si nous faisons cette remarque, ce n’est pas pour user de représailles contre un auteur qui abuse de la critique, moyen facile de plaire, à la jeunesse qui aime l’esprit, fût-il méchant; c’est pour engager nos jeunes lecteurs à se défier de ceux qui ne voient de difficultés nulle part, et pour les convier à l’indulgence pour ceux qui les ont aperçues, bien qu’ils n’aient pas donné la vraie solution. Nous répétons que le droit est une mer de doutes et que la seule ambition que l’on puisse avoir est celle d’en diminuer le nombre.