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Quille

la dunette (Poop, Kampagne, Hutte), pont supplémentaire d'arrière.

D'un bout à l'autre, la teugue et la dunette sont reliées par les pavois [Buln>ark% Verschansing, Schan{kleid), membrures prolongées au-dessus du pont et formant garde-fou.

Quant aux parties constitutives de l'avant et de l'arrière, on les trouvera détaillées dans les figures 2 et 3.

Les ponts sont bombés pour l'écoulement de l'eau. Ce bombement est convexe dans la largeur du navire.

Dessiné dans le sens longitudinal du navire, il est concave et s'appelle tonture{Sheer, Dekzeeg, Sprung).

Les virures des bordés de carène sont rendues étanches par calfatage [Calfater, Breeuwen, To caulk, Kalfatieren), c'està-dire introduction d'étoupe dans les interstices des virures et recouvrage par du brai ou de la glu marine.

La carène ainsi calfatée est peinte ou doublée de cuivre.

Tels sont les principaux éléments des œuvres vives d'un navire en bois.

Dans les navires en fer et en acier doux, les termes et la disposition des matériaux sont en général les mêmes.

Au lieu de madriers de bois, bois de chêne, généralement, on se sert de fers appelés cornières, fers à té, à boudin,

Fi&. 3.

à double té, et fers en U. Les virures sont en tôle et sont rivetées.

L'arrière d'un navire à une hélice est disposé d'une façon toute spéciale dont le croquis ci-joint donnera une idée (fig. 4).

38. — Autres organes du navire. — Quant aux œuvres mortes, aux appareils de propulsion, aux agrès et apparaux, à la mâture, etc., nous en décrirons les parties essentielles, chaque fois que des dispositions légales les concerneront spécialement (1).

Fig. 4.

J. Goussets.

& Varangues* & Tube d'ètambot.

§ 2. — Les bâtiments qui circulent dans les eaux belges.

39. — Les bâtiments qui circulent dans les eaux belges (2). — Nous croyons utile d'exposer brièvement quels sont les types principaux de bâtiments qui circulent dans les eaux belges.

Les uns rentrent dans la catégorie des navires de mer ; les autres sont des bateaux d'intérieur ; ce qui les distingue

(1) Pour la classification des navires, aux assurances, et plus loin, p. 55, n°68 et s.

Voir pour l'aménagement intérieur au contrat d'affrètement.

Pour les appareils de propulsion et de direction, la mâture, etc., à l'armement et aux fortunes de mer.

(3) Sous ce titre nous avons groupé une série de renseignements, en partie empruntés au remarquable travail de M. Dehem, Etude sur le matériel de la navigation intérieure circulant en Belgique. Annales des Travaux publics, août, 1901.

c'est leur genre de navigation (i). D'autre part, la multiplicité de leurs modèles due en grande partie à l'absence d'unité dans notre régime fluvial tend à disparaître au profit de bâtiments susceptibles d'une charge considérable et d'une navigation en mer.

Nous les classerons de la manière suivante : 1 . Bateaux de halage à fond plat ou bateaux de rivière proprement dits. 2. Voiliers à fond plat exécutant une navigation mixte et de tonnage restreint. 3. Bateaux rhénans et chalands maritimes. 4. Bâtiments de pêche. 5. Vapeurs et voiliers de haute mer.

40. — i° Bateaux de halage à fond plat. — Bateaux de halage à fond plat. — Cette catégorie de bateaux est essentiellement wallone et française. On la rencontre en France, sur tous les canaux de la moyenne Belgique, de la Meuse et du haut Escaut.

41. — Premier type. — Le baquet (bak) du canal de Charlerou — Ce canal étant de dimensions ridiculement restreintes, il a fallu lui adapter une catégorie spéciale de bateaux. Ils ont environ i9m5o de long, 2œ6o de large, in8o d'immersion à pleine charge et de 67 à 72 tonnes. Il sont généralement en bois, sans saillie de cabine, avec un mât qui peut être rabattu. Ce sont de grandes caisses à la proue massive portant un grand gouvernail articulé muni d'une planche supplémentaire appelée « planche du gouvernail » (steerplank).

42. — Deuxième type. — Le bateau wallon ou péniche (Waal). — On en distingue de plusieurs espèces dont la poupe et la proue sont différentes, mais qui toutes ont la formes de grandes caisses aux flancs verticaux comme les baquets.

i* Le bateau de Tournai. — Tournai était autrefois un

(1) Voirn» io, p. 11.

grand centre de batellerie. Il en existe encore des traces dans la construction des bateaux. Il y a le vieux bateau de Tournai et le bateau moderne de Tournai qui ne diffèrent guère que par le tonnage. Le premier ne dépasse pas 270 tonnes, l'autre porte aisément 100 tonnes de plus. Le chaland de Tournai diffère du bateau de Tournai par la forme de la poupe et de la proue.

Le bateau de Tournai a la proue gonflée, munie d'une armature forte et verticale, « le nez » et une autre transversale, « la moustache ». En outre, une forte lisse en bois forme couronnement et supporte le câble de remorque, attaché au « boulard », pièce de bois fixée à l'avant et à laquelle est attaché le câble.

Le chaland a les faces avant et arrière planes, guère de nez, peu de moustaches, pas de lisse, et le boulard placé à la pointe du bateau.

Tous deux ont des dimensions analogues. De 37 à 39 mètres de long, 5 mètres de large environ, de im8o à 2m30 d'immersion ; de 300 à 370 tonnes. Ils portent une cabine vers le milieu, en saillie sur le pont. Le gouvernail, de dimensions considérables (4 à 5 mètres à la base), a la forme pleine d'un trapèze, ou bien est composé de deux vantaux mobiles qui, ajoutés l'un à l'autre, en augmentent la longueur, et se manœuvrent soit par un ressort, soit par une chaîne, « gouvernail à lunette ». Très proches de ces bateaux il faut citer le Bélandre (Bijlander) et le Pointu. Moins récents et moins pratiques, le Bélandre a une proue convexe, et le Pointu un avant surplombant et aigu. Le premier cale de 160 à 280 tonnes, est long de 28a 34 mètres, large de 4 à 5 mètres et tire 2 mètres. Le second varie de 20 à 30 mètres, a environ 4 mètres de large, 1^80 d'immersion, et 100 à 200 tonneaux. Ils n'ont pas de cabine en saillie, portent souvent des dérives permanentes, et un grand gouvernail comme les péniches.

La Flûte, très fréquent en France. C'est une caisse rectangulaire avec une proue aiguë et un arrière plat et vertical. Il a un mât mobile, une cabine à l'arrière et un grand gouvernail plein. Ces types abondait sur les canaux français, wallons et sur le haut Escaut.

43. — Troisième type. — Les bateaux de Meuse. — Ce ne sont plus des caisses droites comme les péniches et les baquets. Ils sont renflés de bordage et amincis aux deux bouts.

On y relève :

iQ Le Herna et la Mignole (Spitsbek), bateaux déjà anciens, en bois ou en fer, sont à fond plat, aux flancs bombés légèrement à l'avant et l'arrière relevés. Ce sont des « cuillers allongées ». Quand les deux bouts sont pointus c'est une Mignole, s'ils sont coupés c'est un Herna. Le gouvernail est curieux. Un poteau-valet traverse l'arrière du bateau et supporte le vantail. La barre est formée d'un arc réunissant la tête du poteau et l'extrémité du vantail. L'ensemble très rigide convenait aux eaux rapides de la Meuse avant sa canalisation. Ces bateaux ont de 1 00 à 300 tonnes, 30 à 43 mètres de long, 4 à 5 mètres de large, 1*70 à î^o d'enfoncement. Une cabine en saillie au centre ou dans les bateaux en fer deux cabines sous le pont, l'une à l'avant, l'autre à l'arrière;

20 Les Pointus de Meuse appelés, les uns Pleit ou Maaspits, les autres Fox-terrier, sont de formes voisines. Ils réalisent un type de transition entre la péniche et la mignole. Ce sont des caisses rectangulaires comme les péniches. Ils ne diffèrent entre eux que par la forme de l'arrière et de lavant, sphérique ou cylindrique. Ils ont au maximum 39 mètres, 5 mètres de largeur, enfoncement de imço à 21M0, et chargent de 260 à 320 tonnes. Ceux qui fréquentent la Hollande et le Rhin sont plus grands. Ils portent un mât mobile, parfois deux et une cabine à l'arrière.

44. — 2* Les bateaux à voiles. — 1 . Le Westerling, c est une espèce d'aque hollandais à fond plat, caisse longue aux flancs obliques, se retroussant en cône aux deux extrémités, armé d'une forte étrave et d'un gouvernail plein, et garnie de dérives. Ils sont longs de 19 à 26 mètres, larges d'environ 4 mètres et ont un tonnage qui ne dépasse guère 150 tonnes. Le mât est mobile.

2. Les bateaux brabançons. — Les bateaux brabançons et leurs congénères les bateaux hollandais sont à fond plat mais ce ne sont plus des caisses rectangulaires, ce sont des coques rondes ; l'arrière et l'avant sont surélevés et la tonture du bateau, c'est-à-dire la courbe longitudinale du pont est, par conséquent, fort accentuée. En outre, ils sont bombés et renflés vers le centre où s'accrochent des dérives. Le mât plus rapproché de l'avant que de l'arrière est souvent posé sur le nez du bateau, l'étambot s'immerge plus que l'étrave. On dit de ces bateaux qu'ils sont « assis sur leur derrière ». Le bateau s'avance en écrasant le flot au lieu de le couper et a d'excellentes qualités nautiques. Il est très large et ressemble à une coque de noix.

La cabine est à l'arrière. Le gouvernail est moins grand que celui des bateaux à remorque. La voilure est importante. Quelquefois la mâture est fixe, et le bateau porte deux mâts.

Les principaux types brabançons peuvent se ramener à trois :

L'O/ter (la Loutre), long de 16 à 30 mètres, large d'environ 5 mètres, il s'enfonce d'environ 2 mètres et porte de 70 à 180 tonneaux ; le Schuit (la barque) plus petit et analogue. On les appelle Beurtmannen (messagers), parce qu'ils transportent souvent des petits colis.

Le Pleit, appelé Bélandre hollandais, souvent construit en fer, est souvent aussi long de 35 mètres, large de 5, d'une immersion de 2 mètres et d'un tonnage de 270 tonnes. Son

mât est plus mobile et il se rapproche du bateau wallon.

3. Les bateaux hollandais. — Le Heugst et le Hoogaerts, petits bateaux zélandais de 10 tonnes, à fond plat, qui rentrent dans la catégorie des chaloupes de pêche (1). Le Tjalk ou Tialque est analogue àl'Otter mais généralement plus large; il est long de 16 à 25 mètres, large d'environ 5 mètres et porte de 50 à 150 tonnes.

Vaak ou Aque ressemble au Tjalk, mais son avant pointu surplombe l'eau, comme la Mignole de Meuse. Il porte comme les précédents un mât mobile, souvent même deux. Le pont n'est pas bombé mais offre une échine, comme Parète d'une toiture. Il est long de 25 à 36 mètres, large de 5 à 6 mètres et tire sous charge jusqu'à 2 mètres. Le tonnage va de 150 à 275 tonnes. Des Aaks de plus grande dimension circulent sur le Rhin, on construit depuis quelque temps beaucoup d'Aaks en fer.

45. — 30 Les bateaux rhénans et chalands maritimes. — A. — Les bateaux rhénans. — 1. Laak ou aque du Rhin a la forme approximative de l'aque de Hollande. Sa longueur est d'environ 45 mètres, la largeur d'au moins 6°5o, l'immersion à charge de plus de 2 mètres, le tonnage d'environ 400 tonnes. Le bateau a une cabine à l'arrière, deux mâts mobiles; un gouvernail qui se replie et une forte voilure. L'élévation au-dessus du plan d'eau à vide, mâts rabattus, va jusqu'à 5m5o.

2. Le Kast, de formes plus pleines que l'aque en a les dimensions, mais charge un tonnage plus fort.

3. Le Spits est une variante belge du Kast mais de dimensions plus fortes.

Ces différents types ont sur les canaux hollandais et rhénans une taille bien supérieure à celle-là. Ainsi, les dimensions normales du chaland du Rhin sont les sui-

(1) Voir Bateaux de pêche plus loin.

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