‹ Procédures politiques du règne de Louis XII [i.e. douze]Chapitre 200 sur 348 · AVEU DU MARÉCHAL ( EXTRAIT · texte numérisé non relu

AVEU DU MARÉCHAL ( EXTRAIT

C’est le fief ou denumbrement de la baronnie et seigneurie de Frontenay tenue noblement et par homaige du Roy nostre sire a cause de son chastel de Saint Jean d’Angely au devoir abonny de cent livres tournois payables a mutation de homme.

Sachent tous que je, Pierre de Rohan, chevalier, seigneur de Gyé, vicomte de Fronssac, seigneur de Frontenay, de la forest d’Estampes, et mareschal de France, advouhe et confesse tenir du Roy, mon souverain seigneur, a cause de son chastel de Saint Jean d’Angely, tant pour moy que pour mes hommes, subgectz et tenanciers, a foy et homaige lige, au devoir de cent livres tournois a payer a muance de homme quant le cas y advient : c’est assavoir mon chastel , baronnie, chastellenie , terre, seigneurie et place fort de Frontenay, avecques toutes ses appartenances, appendances, droiz, noblesses et prérogatives quelconques qui me appartiennent, povent et doivent compecter et appartenir, et o tout droit de justice et jurisdiction, haulte, moyenne et basse, mere, mixte et impere et tout ce qui s’en puyt ensuir et dépendre, avecques l’exercice d’icelle dite jurisdiction tant en droit de baronnie, chastellenie que ressort,

soienl villes, chasteaulx, forteresse, fourestz, boys, garennes, prez, aynes,

pescheries, fours, moulins . . .

En tesmoing de ce j’ay baillé cestui présent dénombrement ou adveu signé de ma main et scellé du scel de mes armes, o protestacion d’iceluv corriger, accroistre ou amander, speciffier et déclarer toutes fois et quantes que mestier sera, selon raison de droit, utz et coustumes de pays.

Donné et faict le xmi“ jour d’octobre, l’an mil cinq cens et un.

Ainsy signé: Pierre de Rohan.

Turin, 6 août W.

LETTRE DU MARECHAL DE GIE AU SIRE Dü BOUCHAGE,

lui donnant des nouvelles de V armée d’Italie.

(Orig. à la Bibliothèque nationale, fonds français, ms. 53928, fol. 66.)'

Mon compere, je me recommande a vous tant comme je puis.

II fault bien que je vous requere pardon d’unes lettres que me rescrivites dont je ne vous fîz nulle responce. Maiz je vous jure Dieu ne ma foy que j avoye la teste si tormentée de nostre voiaige que ne me souvenoit de compere, de femme ne d’enffans que j’eusse en ce monde. Or je laisse ce propoz a vous en compter plus au long maiz que nous soyons par delà.

Mon compere, il fault bien que je vous mercye des nouvelles de mon mesnage que m’avez fait parvenir, car celuy par qui les m’avez fait scavoir est homme creable de ceste matière comme icelui qui a autant mes besongnes a cueur comme les scyennes. Je vous prie, mon compere, que l’ayez pour recommandé, car je vous avise que le trouverez homme de bien et homme de bonne compaignie.

Au regard de mon bastiment, dont il vous a parlé, il en doit estre

111 Cette lettre, écrite au retour d’une expédition d’Italie, peut avoir été écrite de Turin au mois d’août i4g5 ou au mois daout 1602. Le maréchal parle de sa teste tourmentée : sa responsabilité était plus grande en i5o2 qu’en i486 : néanmoins il

avait conçu de très vives inquiétudes sur l’issue de la campagne de i4g5. Au retour de l’expédition de 1602, le roi eut à régler avec Florence de nouvelles difficultés qui pourraient être celles auxquelles fait allusion le paragraphe 6. Dans le paragraphe 3,

creable, vous y debvez ajouster foy, car il est cause de m’avoir fait fere plus manificque logis que je n’avoys intencion de faire, maiz je ne l’ay ozé contredire pour ce qu’il est renommé sage homme en nostre pays.

Mon compere, au regard de noz nouvelles par deçà, nous y avons trouvé pour nous raffraichir ung très gros affere. On est aprez pour y trouver remedde, et vous certiffye qu’il n’y a homme en la compaignie qu’il n’y trouvast voulentiers expédient. Car vous entendez bien que chascun desire veoir son mesnage, veu le long temps qu’il n’y a que nous n’y fusmes.

Mon compere, je vous advise que nostre neveu fait bonne chere, Dieu mercy, et, si son afaire estoit vuidé, il ne mectroit gueres a estre ou vous estes. Et, sur ce point, je vous dy a Dieu, mon compere, mon ami, qui vous doint ce que desirez.

Mon compere, je prye a celuy qui lira ces lettres aprez vous qu’il me recommande bien fort a madame ma comere.

Escript a Thurin , le vie d’aoust.

Le bien vostre compere ,

Pierre de Rohan.

Au dos : A Monsieur du Bouchaige, chambellan du Roy.

le maréchal parle de son bastiment nouveau comme d’un manificque logis : or le château du Verger, dont l’architecte fut Collin Byard (C. Port, Dictionnaire historique de l’Anjou, p. 684), n’était pas reconstruit en i4g5 : il ne fut reconstruit même, selon tous les historiens, qu’à partir de 1 4gg. Enfin, au paragraphe 6, le maréchal, en parlant de nostre neveu, entend évidemment désigner le fils du sire du Bouchage, François du Bouchage, lequel épousa la petite-nièce du maréchal au mois de mai i5o2. Malgré ces motifs d’indiquer la date de i5o2, nous croyons que cette lettre doit plutôt être attribuée à Tannée 1 4g5 , car le maréchal y parle

(S a) de sa femme, Françoise de Penhoet, qui mourut en iig7, et en 1B02 le maréchal n’était pas encore remarié : le bastiment dont il est question au paragraphe k peut être le château de la Motte-Glain (près de Chateaubriand), que le maréchal fit reconstruire comme le Verger, et qui était achevé en 1497, attendu que Charles VIII et Anne de Bretagne y séjournèrent cette année. Le reste de la lettre, le désir ardent qu’avait le maréchal de rentrer en France et les difficultés qu’il y trouve s’appliquent parfaitement d’ailleurs aux affaires qu’il fallut régler après la bataille de Fornoue, pendant, et après l’investissement de Novare.

IMPRIMERIE NATIONALE

Pavie, août i5o2.

LETTRES PATENTES

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