INTERROGATOIRE DO SIRE D’ORVAL PAR LE CHANCELIER
sur des précautions prises par le maréchal en vue de la mort du roi. (Trésor des chartes de Bretagne, E 191, n° 2.)
Apres ce que monseigneur d’Orval a fait 'le serement aux sainctz evangilies de Dieu de dire, vérité, a esté interrogué par nous, G. de Rochefort, chancellier de France, sur les choses qui s’ensuivent, desquelles il a depposé en la maniéré que s’ensuit.
Premièrement, interrogué s’il a jamais oy dire a monseigneur le mareschal de Gyé , seigneur de Nemours, que, si le Roy venoit a mourir, il garderoit bien que la Royne ne yroit pas en Rretaigne et aussi qu’elle n’enmeneroit madame : dit que non.
Rien dit lui avoir oy dire que, si le Roy venoit a mourir, y seroit bon de faire le mariage de monseigneur d’Angoulesme et de madite dame, mais il fauldroit contenter la Royne; et avec ce lui a dit qu’il fauldroit que chascun se acquictast de servir mondit seigneur d’Angoulesme, le cas advenant de la mort du Roy.
Dit, ouitre de ce, que lui a dit qu’il avoit mis Lamarche, cappitaine des Souysses, pour soy en aider, ledit cas advenant.
Mais, interrogué sur ce, ne lui dit point que ce fut contre la Royne, et jamais ne lui a oy parler de ladite dame en cest endroit, sinon en la maniéré qu’il a dessus dit.
Dit aussi que, lorsque le Roy ala derrenierement delà les mons, ledit seigneur de Nemours lui pria que, s’il advenoit quelque chose du Roi ou de lui, quil feisttous les services qu’il pourroit a madame d’Angoulesme et a monseigneur son filz , ce que le supliant lui accorda : et neanmoins depuis il a bien sceu, car madite dame d’Angoulesme lui a dit, que iceluy seigneur de Nemours
1 Cette déposition n est pas datée : mais pièces du procès , i] résulte qu’elle fait de sa teneur même, de la présence du partie de la première période de procéchancelier de Rochefort, comme des autres dure.
lui avoit mandé qu’elle ne se fiast point dudit depposant, car la Royne l’avoit du tout gaigné.
Interrogué s’il a point oy dire audit de Nemours que la Reyne n’auroit pas le service des seigneurs de Rretaigne quelle [cuidoit], ou parolles semblables : dit que non. J. d’Albret.
Donné pour copie extraicle- de son original estant devers la court. — Michaëlis.
10 juin i5o k.