‹ Procédures politiques du règne de Louis XII [i.e. douze]Chapitre 218 sur 348 · A MON COMPERE M. DU BOUCHAGE · texte numérisé non relu

A MON COMPERE M. DU BOUCHAGE

Mon compere, je me recommande a vous tant comme je puis.

J’envoye ce porteur devers ie Roy pour l’advertyr que ses advocat et procureur ont fait de rechef saisir le revenu du duché de Nemours, qui n’est pas ensuivy les termes de justice et me faire tort : car, puisque je suis appellant et par ce moyen la matière remise en la court de parlement, et, sans en estre décidé par icelle, je ne doy point estre dépossédé, et seroye trecté autrement que le moindre des suhjectz du royaulme, ce que je croy que le Roy n’entend ne ne veult. J’en escriptz au surplus a monseigneur le légat et a monseigneur le chancellier. Je vous prye, mon compere, que en parlez a eulx, afin qu’ilz congnoissent la desraison qui m’est faicte en ceste article, que je ne puis croire qui vienne du Roy.

encores davantaige de son intention ta dessus. Et de moy, Monseigneur, il fault, s’il vous plaist, que vous pensez comme les affaires me sourdent et rechargent tant de tous coustez que je n’y puys fournir, si bien qu’il m’est impossible de pouvoir encores desloger d’icy pour aller a la court plus tost que' de quatre ou de cinq jours, et auparavant je n’ay voullu faillir d’envoyer ce porteur devers vous, suyvant ce que m’en avez mandé, par lequel je vous prye bien fort me voulloir fere savoir le plus de voz nouvelles que vous pourrez et il vous dira des myennes, comme me gardera de

vous en riens mander que ce sachiez , pour vous adviser, Monseigneur, que je suis merveilleusement aise de savoir que vous avez fiancé mademoiselle de Guemené comme m’avez escript. Et prye Nostre Seigneur qu’il vous en donne autant de contantement que je vous en desire, avec santé, bonne vye et longue.

Les Essars, ce xxix' jour d’avril.

Votre obéissant cousin et seur ami , Jehan Le Mastaing.

Au dos : A monseigneur, monseigneur de Gyé.

Au surplus, mon compere, je vous advise que, depuis que je suis en ceste ville , la douairière de Maillé a baillé requeste a la court M pour avoir la fille que vous avez; mais, comme j’ay dit, elle fut mariée en sa presence, par quoy je cuyde que la court aura peu d’esgart; et s’il est est ( sic ) question que je doive dire quelque chose de ceste matière, devez croyre que je ne fauldray a en dire ce que je dois, car je ne vouldroys ma niepce ailleurs, et auroient bien affaire a la mectre myeux.

Pour ce que ce porteur vous dira le surplus, plus n’en aurez.

Priant Dieu , mon compere , qu’il vous doint ce que desirez.

A Paris, le xinf jour de juing.

Par votre bon compere, cousin et alyé, Pierre de Rohan.

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