‹ Procédures politiques du règne de Louis XII [i.e. douze]Chapitre 3 sur 348 · XLV1I · texte numérisé non relu

XLV1I

Faute de mieux, le maréchal de Gié prit son parti; il prêta au roi 4o,ooo livres W et passa les Alpes avec lui, sans commandement particulier^, bien résolu à prendre la direction générale des affaires pour parer aux plus grosses fautes d’une jeunesse aventureuse et héroïque. La première partie de la campagne se passa comme une fête trop rapide. Rome, occupée par le duc de Calabre, fut le premier obstacle de la route. Des négociations, adroitement conduites par le maréchal h) et par plusieurs autres commissaires, triomphèrent enfin des répugnances d’Alexandre VI, qui ouvrit le passage aux Français^. Le maréchal séduisit tout à fait le pape, avec qui il conserva depuis lors des rapports tout particuliers W. Quelques jours après, le maréchal,

qui s’était mis à la tête d’une forte

not. p. 254, 3oo, 3o8, 3 1 5 , 386, 38g. ir L’ammiraglio e il marescalco de Gié suono nuovamente entrati né consigli e pratiche e deliberazioni di queste cose : e, essendo personnaggi savi e esperimentati e di autorità , . . . quando trovino le cose mal dispote..., cercheranno modo a rimostrarlo al Re...» etc. (p. 3o2). — On voit combien a tort Paul Jove de représenter le maréchal comme un des instigateurs de la campagne d’Italie.

(1> Remboursables en dix ans. (Bibl. nat. , ms. fr. 2930, f. 127.) Par les ordonnances de Lyon, 11 août îhgh, et de Plaisance, octobre 1 4g4 , le roi engagea une bonne partie du domaine. Cf. B. N. , Parlement 4 7 4 , f. 1 3.)

ts> Commines, t. II, p. 442 ; Godefroy. — Gf. dans le Recueil de lettres de la campagne de i4g4 (Bibl. nat. , L”, a'81), l'état des compagnies de l’armée française. Une partie de la compagnie du maréchal resta avec le duc d’Orléans en Lombardie, l’autre entra plus tard en Italie. (Bibl'. nat., Parlement 47 4, f. 34; Commines, t. II, p. 442; Godefroy.)

<3) Brantôme, édit. Lalanne, t.II, p.35o, n. 2. ctM. le mareschal de Gié, qu’on lenoit

avant-garde W, négocia de même

pour ung bon cappitayne, y heust grand crédit, s

<*> P. Desrey; André de la Vigne (dans Godefroy , p. 1 22 , i3i, 206); Guichardin, liv. I, ch. iv; Commines, t. Il, p. 391; Diarium de Burchard (ttmagnus marescallus regni Francie,» dit Burchard); Symphorien Cbampier, Trophœum Gallorurn; Ordonnances, t. XX, p. 46o, 464, 465.

<5) Le maréchal marqua leurs logements cr aussi privément-et familièrement?) que dans une ville de France (Desrey ; A. delà Vigne). Le pape hésitait encore et craignait les prétentions du roi (Bibl. nat.. Parlement 474, f i3), le maréchal fit partie d’une seconde ambassade, reçue au château Saint- Ange, qui obtint pour le roi une entrevue et un arrangement.

<8> c Ledit feu pape se tenoit plus tenu a lui que nul autre du royaume.» P. i38, art. i.xxxvm. Dom Morice, ms. 1807, d’après des Mémoires contemporains. V. comment l’ambassade séduisit le pape, Procès de divorce de Louis XII, pièce justif.n” 3,audébut.

<’> Composée de 3oo lances et de 2,000 hommes d’infanterie (Guichardin).

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