‹ Procédures politiques du règne de Louis XII [i.e. douze]Chapitre 312 sur 348 · juillet i · texte numérisé non relu

juillet i

INTERROGATOIRE DU CHANCELIER LANDAIS, sur les origines de la guerre de Bretagne 0).

(Copie du xvc siècle (2I, papier, in-A° de U feuilies, aux Archives nationales, K 73, n° 3 1 . )

(Au dos.) La confession de Pierre Lamloys, trésorier de Bretaigne.

Du sabmedi xvie jour de juillet, mil mi c mi xx et cinq.

Pierres Landoys, prisonnier detenu au portai Sainct Nycolas, a Nantes, fut acusé de pluseurs cas, crymps et delitz énormes.

Interrogé par le chancellier de Bretaigne, le sénéchal et Alone de Rennes, en presence de monsieur le maréchal de Bretaigne, monsieur de Sordeac et monsieur de Mauperluis et le procureur general du duc, dit et recorde ce que ensuyst.

Prymier, interrogé touchant le fait des entreprises sur les personnes du Roy, madame de Reaujeu, sa seur, et aultres estans en France, dit ledit Landoys que, quant il fut avecques les ambassadeurs du duc aux Estas qui tindret a Tours (3), il eut lettres adressantes a madite damme de Beaujeu et creance de par le duc; lequel, apres avoir fait les recommandacions, luy dit comme le duc la prioit et recqueroit de bien treter la personne du Roy et luy bailler bons et loyaulx serviteurs pour Tinstruyre en toutes bonnes meurs, et auxi luy queryr de notables gens et conseillers pour bien le servir et conseiller touchant les faiz de luy et de son royaulme : et de tout ce en fist bon rapport au duc,

(I) Le chancelier Landais, tombé entre les mains des seigneurs bretons, fut par eux condamné et exécuté. Le duc de Bretagne, prisonnier lui-même, n’apprit le sort de son premier ministre qu’après l’exécution. — La déposition de l’infortuné Landais en présence de la mort, c quelle il disoit avoir agréable r, jette sur les faits révélés dans la procédure du divorce de Louis XII un jour

capital. Elle fait retomber sur Louis d’Orléans l’entière responsabilité de la guerre et des événements de Bretagne : elle montre que Louis fut, en France, l’unique instigateur de la guerre. Il en ressort même que le duc de Bretagne n’était pas partisan du mariage de sa fille avec Louis d’Orléans.

m Assez défectueuse.

<3> En iè8i.

1086 PROCÈS DE DIVORCE DE LOUIS XII

tant par les lettres de madite dame que par la creance dont il eut charge d’elle.

Oultre dit ledit detenu que, dempuis, le duc bailla seellez a messieurs d’Orlyans et de Loraine, et parallement lesdits seigneurs au duc, conteignans amytiez et aliances des ung aux aultres envers tous et contre tous, fors et excepté la personne du Roy : et furent les seellez du duc seellez de son grant seel, et dit que mestre Guillaume Guegen doibt garder les minutes dèsdits seellez.

Et, dempuis, madite damme de Beaujeu eut cognoessancc de la baillée desdits seellez, ainsy quelle escrivit au duc et fist dire au duc par ung nommé Gaillardet, auquel elle avoit baillé creance; lequel, entre aultres chosses, dit au duc que le seigneur de Comminge avoit parlé en France au desavantaige du duc et avoit fait savoir que du duc et de son fait depar decza n’estoit plus rien.

Dit ledit detenu que le duc, cognoissant le mal contentement de ladite dame, en advertit celuy seigneur de Loraine de non se joaindre et alyer o ladite dame, ce qu il fist, mais, dempuis, ne luy tint pas ce que luy avoit promys, dunt le duc fut très mal contant de luy, et mist le duc paine de oster a ladite damme le gouvernement du Roy et du Royaume, et fut celle matière conduyte par les seigneurs d’Orléans et de Dunays, et avoit esté délibéré esloingner icelle damme et la envoyer demourer a sa meson a Gien tenir et fere son mesnaige. Et, par ce moyen, entendoint gaigner avecques eulx la pluspart des princes et seigneurs du Royaume avecques grant partye des gens d’armes du Roy, pour recoupvrer le gouvernement du Roy et du Royaume; et en escriprent des lettres au Roy et a la pluspart des villes du Royaume, quelles lettres furent fettes et devisées par ledit seigneur de Dunays, mestre Guillaume Guegen et ledit Landoys, et ledit de Dunays en emporta des minutes.

Oultre dit ledit detenu que ledit seigneur de Dunays luy dist que celx de la duché de Normandie, d’Anjou, de Poytou et plusieurs aultres du Royaume tenoint bon audit seigneur d’Orléans, et qu’il auroit la vogue par tout le Royaume de France; et disoint les seigneurs de Montagu, de Vatan et aultres gens et serviteurs dudit seigneur d’Orléans que le Roy n’estoit pas pour vivre longuement. Et dit que james ne sceut qu’il y eust aucune entreprinse contre la personne du Roy par poeson, prinse de sa personne ne aultrement, fors qu il dit avoir ouy dire que le seigneur de Haultriche entendoit recoupvrer

toutes les (erres qui appartenoint a feu monsieur de Bourgoingne, fors seulement ce que en avoit esté baillé au Roy au mariage faissant d’entre il et la Royne de présent P'.

Aussy dit ledit detenu que ledit seigneur de Dunays luy monstra les articles que. . . (sic) luy avoit envoyés, et ce que le maréchal de Gyé luy avoit escript par ung nommé Ploret et auxi par ung chapelain : et luy dist celuy seigneur de Dunays qu’il n’estoit pas bien de court, et que le seigneur de Beaujeu 1 avoit voulu fere tuer, et qu’il croyoit plus que aultrement que apres luy il est fait tuer monsieur d’Orléans (2;.

Item, dit que Philipes de Montauban eut charge, quand il fut devers le Roy, de savoir lesquelx tendroint bon a monsieur d’Orléans, et en escrizit le duc a plusieurs : et pansoint le duc, le seigneur d’Orléans et aultres que monsieur de Bourbon leur eust tenu bon, mais sceurent le contraire, dont furent fort couroucés; mais bien estoint seurs de monsieur d’Alançon, de monsieur d’Angoulesme, de monsieur de Narbonne, et que plusieurs aultres souffroint a tenir leur party, mais ne savoint rien de leur entreprinsse , comme monsieur de Bueil, monsieur de Bresseure, le viconte d’Aunay et plusieurs aultres dont n’estoit pas menbre.

Et pareillement estoint seurs de ceulx qui avoint est[é] envoyés de court, comme monsieur de Torcy, monsieur de Baiysy, Guyot Pot; mais de monsieur de Mailiy, james n’en ouyt parler.

Enquis s’il savoit rien de monsieur le maréchal de Gyé, dit que james n’eut; entendement au duc touchant ceste matière, mais bien dit il que monsieur de Duflays faisoit bon pour luy et qu’il tendroit le party de mondit seigneur d’Orléans.

Et dit que ladite entreprinse fut fecte pour crainte de ladite damme et des seigneurs de Bretaigne absens du pays, et lofs estans en France, aliez avecques ladite dame, et d’elle soubtenuz; et, icelle entreprinse conclute, devoint avoir le Roy en leurs mains et envoyer ladite damme en sa iheson et livrer lesdits seigneurs entre les mains du duc pour en fere a sa volonté.

Interrogé des seellez, alliances et obligacions d’entre le Roy d’Angleterre, Haultriche et Bretaigne, dit ledit detenu dit [sic) que le duc ne leur a baillé

Marguerite d’Autriche, mariée dès (s) Cf. les déclarations de Louis XII, l’enfance à Charles VIII, ne fut renvoyée à p. 902. son père qu’en 1/191.

PROCÈS DE DIVORCE DE LOUIS XII

aucun seellé ne fait aucune promesse ou obligacion. Bien dit que meslre Anthoine de Longueil, evesque de Leon, a esté devers ledit seigneur d’Autriche et devers le Roy d’Angleterre pour treter l’unyon d’entre eulx, et que ledit seigneur d’Autriche avoit escript au duc qu’il y entendoit hesongner et marier sa seur au Roy d’Angleterre, et que n’en sceut rien en plus large.

Item, dit celuy detenu que messieurs d’Orléans et de Dunays ne vouloint consantir que l’on fist venir des Angloys par decza, combien que, en leur absence et a leur desceu, par l’avertissement du petit Salzar et le raport qu’il avoit fait du Roy d’Angleterre , lequel avoit promys d’en envoyer au duc cinq ou sis mille, cedit detenu estoit bien d’oppiniyon que on en fist venir pour obvier aux seigneurs de Bretaigne estons au pays, esquelx on n’avoit pas grant seurté, doublant qu’ilz eussent intelligance avecquesles aultres seigneurs estans hors du pays.

Denpuis, ledit detenu envoya par son pourchas Jehan Lesquelen en Angleterre savoir sy le Roy tendrait sa promesse; lequel luy manda qu’il luy envoyeret quatre mille Angloys en les soubdoyant, et en la fin luy manda qu’il ne luy povoit envoyer que mille; et pour les fere venir fut envoyé Guillaume Guillemet, lequel est encore de présent en Angleterre, avecques sept navires que on avoit envoyé pour les queryr amener par deçà.

O ultra dit ledit detenu que ung nommé Jehan Feillet estoit allé par mer quérir deux mille Suyces pour les amener en Bretaigne.

Interrogé de la mandée desdits Angloys et Suyces, et a quelle intencion on les faisoit venir par deçà, dit et respond que s’estoit pour résister aux entreprinses desdits seigneurs de Bretaigne et des Françoys qui venoint avecques elx, et auxi pour asseigier la place d’Ancenis dont estoint délibérés de mettre partye de leur armée a Chasteaubrient et l’autre partye Ancenis, affin que, sy secours fust venu a eulx de la place d’Ancenis, que ceulx de Chasteaubriant les eussent enpeschés; et le duc se devoit tenir a Odon, o certen numbre de gens.

Aussy dit ledit Landoys qu’il croyoit que lesdits seigneurs d’Orléans , d’Alençon et de Dunays se fussent randus pour ayder et secourir le duc.

Et dit oultre que le duc et ledit seigneur de Dunays s’entrefirent serement en la chambre du duc sur certaines relicques de s’entretenir bon et ayder a la preservacion de leurs personnes et biens.

Et oultre dit ledit detenu avoir porté parolles, ou temps du feu Roy Loys, que le Roy de présent n’estoit pas fdz dudit feu Roy.

Item, interrogé touchant les enlreprinses fectes sur les personnes des seigneurs estans Angiers, dit ledit Landoys que le seigneur de Bueil savoit bien ladite entreprinse et quil avoit eu du duc pour ce fere deux mille francs, et que, au mariage faisant d’entre la seur de monsieur d’Avaugour et du lilz dudit seigneur de Bueil, avoint esté promys audit seigneur de Bueil quarante mille francs.

Item, dit que ung nommé Chesnu, serviteur dudit seigneur de Bueil, dist a cedit detenu ladite entreprinse, et que ung nommé Anthoine Broin avoit la garde et clefs de partye des portes d’Angiers, et devoint fere entrer des gens pour fere et executer leurdite entreprinse jucques au numbre de troys a .quatre mille et tuer iceulx seigneurs et nobles de Bretaigne; et, quant ladite entreprinse eust este executée, sy ledit seigneur de Bueil se trouvoit en aucun dangier, se devoit randre en Bretaigne.

Interrogé touchant le sieur d’Argenton et la damme de Monsoreau , dit le detenu que le duc se doubtoit que celuy d’Argenton eust trompé le seigneur d’Orléans, et le seigneur de Dunays asuroit le duc que celuy d’Argenton eust tenu bon pour ledit seigneur d’Orlians, et que ladite damme de Monsoreau ne vint par deçà, synon pour mectre son fdz o monsieur d’Orlians.

Aussy, interrogé touchant le mariage de madamme Anne, fdle du duc, dit que ledit maryage a esté entretenu avecques messieurs d’Orlians, d’Alançon et de Loraine, mais jamais le duc n’y eut volanté (1).

Du xixc jour dudit moys de juillet.

Ledit Landoys, interrogé au Bouffay, apres avoir esté jugé estre pandu, a juré, par son serement et sur la mort qui luy avoit esté en celuy jour jugée et quelle il disoit avoir agréable, qu’il diroit vérité de ce dont il seroit enequis.

Primier, interrogé des entreprinses dont il a ey devant parlé et aultres qu’il a sceu ou royaume de France, ou préjudice d’iceluy et de la personne du Boy, dit ledit Landoys que le tout de ce que a esté praticqué et compillé en France et dont il a parlé a esté en faveur du duc d’Orléans , et pour débouter la dame de Beaujeu de court et luy oster le gouvernement du Roy et du Royaume.

Et dit que james contre le Roy et son Royaume n’a esté aultre chose aucu-

(1) Affirmation qui contredit les dépositions du procès de divorce.

IMPRIMERIE 8ATI03AEE.

1090 PROCÈS DE DIVORCE DE LOUIS XII

nement praticqué, et que tousjours le duc a désiré la prospérité dudit Roy et de son Royaume.

Aussy dit que, pour devoir parvenir a débouter ladite damnie et luy oster le gouvernement, il fut parlé de fere l’appoinlement entre les seigneurs de Foix et d’Albret pour les alier ensemble a l’ancontre d’icelle damme.

Item, interrogé de la cause pour laquelle ledit Landoys demanda certaines places quant il fut en ambassade a Tours, et pour quoy il s’en retourna a sy grant haste, ledit Landoys respondit qu’il ne fist ladite demande de placez pour aucune mauvestié ne mauvese intancion ne au préjudice du Roy, mais seullement pour la seurté du duc et mayre fermeté des aliances d’entre le Roy et le duc, et ad ce que a ung chascun ladite seurté fut demonslrée. Et dit qu’il, n’en eut aucun advertissement de nulz du Royaume.

Aussy dit qu’il s’en départit dudit lieu de Tours pour tant qu’il fut adverty que ladite damme de Beaujeu luy vouloit mal a sa personne.

Interrogé touchant le mirouer et la vision de la courone que Ton ostoit etc. et touchant les lettres du cardinal par chiffres au seigneur de Dunays et l’entreprinse sur la Rayme pour enblée d’xcelle ou aultrement, jura ledit Landoys par son serement que rien n’en sceit et james n’en avoit ouy parler jucques a pressant.

Aussy interrogé louchant la charge de Tevesque de Leon, envoyé de par le duc en Angleterre et ailleurs, ledit Landoys a pareillement recordé et dit que celuy evesque n’a eu charge quelconque prejudiciable au Roy ne a son Royaume.

Rem, interrogé touchant le deceix de ladite damme de Beaujeu et qui en porta les parolles, dit que il et aultres en portèrent les parolles, en disant quasy telles parolles ou semblables en effect qu’il vauldroit myeulx la fere mourir que la lesser ainsy gouverner Roy et Royaume, sans procéder a aultre acte ou effect.

Et dit que james ne sceut que ledit de Dunays en eust dit ou soustenu cunes parolles.

au-

Juillet-aoûl-septembre 1697.

COMPTE DE TRÉSORERIE DU DUC D’ORLEANS pour le trimestre de juillet- août-septembre lâgj

(Oi’ig. parchemin, en 3 feuilles, à la Bibliothèque nationale. Cabinet des titres, titres d’Orléans, t. XV, nos 981, 982, 983.)

Roolle do plusieurs parties et sommes ® de deniers payées, baillées et délivrées de l’ordonnance et commandemant de monseigneur le duc d’Orléans, de Milan, etc., pour le fait de sa trésorerie, durant les moys de juillet, aoust et septembre mil cccc quatre vings dix sept, par Jaques Hurault, conseilliez trésorier, argentier et receveur general des finances de mondit seigneur, aux personnes, pour les causes et en la maniéré qui s’ensuit.

Premièrement.

Deniers baillez contans a mondit seigneur ^ .

A mondit seigneur, contant en ses mains, la somme de cent escuz d’or couronne, a luy baillez a Molins pour faire ses plaisirs et voulentez, ladite somme de c escuz vallant la somme de . vui xx. xv 1. 1.

Summa : vm xx. xv 1. 1.

W Louis d'Orléans vivait entièrement séparé de sa femme. Ce compte de 1497 retrace sa situation à la veille du divorce.

(!) Le scribe, dans tout le courant de la pièce, écrit mm par cinq jambages, nm:

somme , femme , honnie .

C’est sur le second chapitre de ce compte (page 1093, S 3) qu’a été prélevée une des libéralités suivantes que nous croyons devoir signaler comme complétant le tableau moral de la situation avant le divorce :

2 mai 1697,

(Oriq. à ta Bibliothèque nationale , ms. français 26105, n° lait.)

En la presence de moy (sic), secrétaire de monseigneur le duc d’Orléans, de Milan, etc., les pouvres filles de joye suyvant la court ont confessé avoir eu et receu de Jaques Hurault , conseiller, trésorier, argentier et receveur general des finances dudit, la somme de soixante douze solz six deniers en deux escuz au soleil, que mondit seigneur leur a donnez pour le may i37.

PROCÈS DE DIVORCE DE LOUIS XII

Dons et recompenses.

A Simon Burgensis, sommelier d’eschançonnerie de mondit seigneur, la somme de soixante douze solz six deniers tournois, pour le rembourser de deux escuz soleil qu’il a baillez audit seigneur, lesquelz il donna a deux pouvres filles, luy estant a Arsy, pour ce . . . lxxii s. vi d.

qu’elles ont baillé et présenté audit seigneurie premier jour de may en la ville de Lion. De laquelle somme de txxn sous vi deniers tournois lesdites pouvre filles sont tenues pour contante et bien paiées, et en ont quitté et quittent ledit trésorier et tous autres, tesnroing ceste présente que j’ay signée de ma main a leur requeste, le n‘ jour de may, l’an mil cccc quatre vingts dix sept.

Hobdoyeb.

a mai 1Z197.

(Orig., même manuscrit, n° 1265.)

En la presence de moy, Jehan Cotereau, secretere de monseigneur le duc d’Orléans, de Milan , etc. , Jehanne la Menusiere , pouvre fille de joye, a confessée avoir eu et receu de Jaques Hurault, conseiller, trésorier, argentier et receveur general des finances dudit seigneur, la somme de cent cinq solz tournois que mondit seigneur luy a donné et ordonné a son plaisir et par pitié. De laquelle somme de cv sous tournois ladite Jehanne s’est tenue pour contante et bien payée et en a quicté et quicte ledit trésorier et tous autres, tesmoing ceste présente que j’ay signée de ma main a sa requeste, le u' jour de may, l’an mil cccc quatre vingts dix sept.

CoTEBEAü.

la septembre 1697.

(Orig., même manuscrit, n° ia44.)

En la presence de moy, Jehan Hervoet,

secretere de monseigneur le duc d’Orléans , de Milan, etc., Jehanne la Folle, pouvre fille de joye, a confessé avoir eu et receu de Jaques Hurault, conseiller, trésorier, argentier et receveur general des finances de mondit seigneur, la somme de soixante douze solz six deniers tournois, que mondit seigneur luy a donnée en la ville de Molins pour soy en aller en sa maison a Paris. De laquelle somme de ixxii sous vi deniers tournois ladite Jehanne s’est tenue contante et bien payée, et en a quicté et quicte ledit trésorier et tous autres, tesmoing ceste présente que j’ay signée de ma main a sa requeste, le xii" jour de septembre, l’an mil cccc quatre vingts dix sept.

Hervoet.

Quoique Louis XII, depuis son avènement à la couronne, ait mené une vie irréprochable (voir Cl. de Seyssel, Jean d’Auton, etc.), l’habitude à laquelle font allusion les pièces qui précèdent se perpétua à sa cour. Vers la fin de son règne, Machiavel, parlant du service des fourriers à la cour de France, écrivait: «L’ordre qu’ils établissent est si admirable que chacun , même les filles publiques qui suivent la cour, trouve son appartement prêt à le recevoir, » ( Machiavel , Tableau de la France. )

A Jaques de Dinteville, premier venneur de la vennerie de mondit seigneur, la somme de cent livres tournois que ledit seigneur luy a donnée pour subvenir aux fraiz et mises qui journellement luy convient faire pour l’entretenement des venneurs et chiens de ladite vennerie, et oultre et par dessus les gaiges et pension qu’il a dudit seigneur par chascun an; pour ce, ladite somme de . , .

A Perrot Garreau, varlet des lévriers de mondit seigneur, la somme de soixante douze solz six deniers tournois, a luy donnez et ordonnez par ledit seigneur pour deux chiens qu’il luy a amenez depuis Blois jusques a Molins et pour s’en retourner en sa maison, pour ce . LXXII S-VI g {

A Jehanne la Folle, pouvre fille de joye, la somme de soixante douze solz six deniers tournois que mondit seigneur luy a donnée en la ville de Molins pour s’en aller en sa maison a Paris; pour ce, ladite somme de. . lxxii s. vi d. t.

Au Grant Bastard, archier de la garde de mondit seigneur, la somme de soixante douze solz six deniers tournois, pour le rembourser de deux escuz soleil qu’il a baillez a mondit seigneur, lesquelz il a donnez a son plaisir, Pour Ce . , . LXXII S. VI d. t.

Au Duc, page de mondit seigneur, la somme de sept livres cinq solz tournois, en quatre escuz d’or au soleil, que mondit seigneur luy a donnez, pour s’en aller chez son pere pour soy faire guérir; pour ce, ladite somme de . . . vii 1. vs. t.

A Boniface Diverse, escuier d’escuirie de mondit seigneur, la somme de soixante douze solz six deniers tournois en deux escuz soleil qu’il a baillez par ordonnance dudit seigneur a Argelouse, l’un de ses pages, pour aller chez son pere se faire guérir, pour ce . lxxii s. Vi d. t.

A Françoise Duplessis, veufve de feu Jehannot de la Salle, la somme de cent livres tournois a elle donnée et ordonnée pour la recompenser des gaiges de feu son mary qui a servy ung an durant en la cappitainerie de la Ferté Milon, dont, en son vivant, avoit la charge depar ledit seigneur; pour ce, ladite somme de . . . c 1. 1.

A Jehannot de Lair, lacquestz de mondit seigneur, la somme de dix livres tournois, que mondit seigneur luy a donnée en la ville de Molins pour soy faire guérir de la grosse verolle; pour ce, ladite somme de . xl. t.

A Poncet de la Tour, eschançon de mondit seigneur, la somme de vingt livres

PROCÈS DE DIVORCE DE LOUIS XII

tournois a luy donnée et ordonnée par mondit seigneur en la ville de Molins pour soy deffroyer de l’ostellerie et s’en aller en sa maison faire guérir de la grosse verolle; pour ce, ladite somme de . xxl. t.

A Jehan Le Bannoys la somme de dix livi’es tournois que mondit seigneur luy a donnée et ordonnée pour soy en aller a son plaisir parle pays pour chercher lieu de devocion a soy retirer et demeurera servir Dieu; pour ce, ladite somme de . . . xl.

A François de la Fosse, serviteur de Guion de Suly, la somme de trente six solz trois deniers tournois, pour des cornelles qu’il a fait prandre et apporter audit seigneur; luy a donnée ladite somme de . xxxvi s. ni d.

A des almens, joueurs d’instrumens, la somme de dix livres dix sept solz six deniers tournois, que mondit seigneur leur a donnez et ordonnez en six escuz d’or au soleil, pour avoir joué de plusieurs instrumans devant luy ou chasteau d’Amboise, avecques lesquelz avoit ungne fille qui joua devant ledit seigneur du manicordion; pour ce, ladite somme de . xl.xvns. vid.t.

A Loys Valentin, eschançon de mondit seigneur, la somme de quinze livres tournois a luy donnée et ordonnée par ledit seigneur pour aller en sa maison soy monter et acoustrer pour aller en Ast en la compaignie dudit seigneur, pour ce . xv 1. 1.

A Gabriel de Maloinde, dit Gousolles, eschançon dudit seigneur, la somme de cinquante deux livres dix solz tournois, en xxx escuz d’or, que ledit seigneur luy a donnez et ordonnez pour avoir ung harnois et autres habillemens de guerre a luy neccessaires ; pour ce, ladite somme de ....... . lii 1. x s. t.

A Jehan Braehet, receveur des tailles a Orléans, la somme de quarente livres tournois a luy donnée et ordonnée par ledit seigneur pour sa peine d’avoir receully et amassé et payé partie de la pension dudit seigneur, dont il a esté assigné sur luy de l’année commançant mi c nu xx vi , pour ce . xv 1. 1.

A Pierre Abraham, receveur des aydes en l’election d’Orléans, la somme de quinze livres tournois, a luy semblablement donnée par ledit seigneur, pour aussi avoir recueilly, amassé et payé porcion de ladite pension, dont a esté assigné sur luy ledit seigneur en ladite année, pour ce . xvl. t.

A Jehan Estienne, receveur des aydes a Arques, la somme de huit livres quinze solz tournois a luy pareillement donnée par ledit seigneur pour semblablement [avoir] recouvert et payé a mondit seigneur iim.vc livres tour-

nois, dont ledit seigneur a esté assigné sur luy de porcion de sadite pension de ladite année, pour ce . vm 1. xvs. t.

Audit trésorier, la somme de quatorze cens livres tournois a luy ordonnée par mondit seigneur pour le rembourser de vin c escuz courronne qu’il apayez et baillez a Jehan François Martelli, marchant fiurentin, demourant a Lion, pour l’interest et perte de finances de vin m escuz courronne, qui furent prins et empruntez de luy par l’ordonnance et commandement dudit seigneur es présences de Guillaume Doulcet, conterolleur desdites finances, messire Jehan Caille et maistre Hebert Benot, maistres des requestes dudit seigneur, et ce pourfournir la somme de cm livres t. que mondit seigneur presta au Roy en la ville de Lion; pour ce, ladite somme de . xiincl.t.

A luy, la somme de neuf cens livres tournois qu’il a semblablement payez a Castellan, aussi marchant fiurentin, demourant a Lion, pour l’interest et perte de finance de su livres tournois qui furent empruntées de luy par l’ordonnance et commandement dudit seigneur pour fournir lesdites c m livres tournois, ledit emprunct fait a rendre en deux foires, presens lesdits conterolleurs et messire Jehan Caille;pource, ladite somme de . ixcl. t.

Audit trésorier, la somme de sept cens livres tournois qu’il a semblablement payée et baillée audit Castellan, et pour la seconde foiz, pour l’interesl et perte de finance de quatre mil escuz d’or au soleil qui ont esté pareillement empruntez de luy de l’ordonnance et commandement dudit seigneur, a rendre a deux foires et pour parfaire au Roy ladite somme de cm livres tournois, ledit emprunct fait, comme dit est, es présences des dessusdits; pour ce, ladite somme de . vue l.t.

A Nicolas Payan, escuier, seigneur de la Penniere et maistre d’ostel de la Royne, la somme de trente cinq livres tournois, a luy donnée et ordonnée par ledit seigneur pour et en recompence d’aucuns bons et agréables services qu’il luy a faiz et espere qui fera cy apres, laquelle somme a esté obmise et obliée a couchier ou roole du quartier precedent; pour ce, ladite somme de . xxx[v]l. t.

A Bonnet Dupuy, maistre d’ostel de mondit seigneur, la somme de trente cinq solz tournois pour le rembourser de semblable somme qu’il a baillée au taborin de madame de Candale(1), laquelle mondit seigneur luy a donnée pour avoir joué devant luy, pour ce . xxxvs. t.

111 M11' de Candale (Anne de Foix) e'tait une des demoiselles d’honneur de la reine.

PROCÈS DE DIVORCE DE LOUIS XII

Au fol Nanete, trente six solz trois deniers tournois, que mondit seigneur 1 uy a donnez en la ville de Tours pour avoir des chausses, pour ce . . xxxvi s. m d.

A Jaquete de Courselles, pouvre femme, la somme de soixante douze solz six deniers tournois, a elle donnée et ordonnée par ledit seigneur pour s’en aller en Bretaigne et ailleurs en ses affaires, pour ce . lxxii s. vi d.

A Jehan des Barres, homme d’armes de la compaignie de mondit seigneur, la somme de cinquante deux livres dix solz tournois, a luy donnée et ordonnée par ledit seigneur pour avoir ung harnois et autres habillemens pour le fait de la guerre; pour ce, ladite somme de . liiI. xs.t.

A Jehan de Savignv, page de mondit seigneur, la somme de sept livres rinq solz tournois, en quatre escuz d’or au soleil, que mondit seigneur luy a donnez et ordonnez en ceste ville de Molins pour s’en aller en sa maison, pour soy faire guérir et penser de la maladie de fîevres qu’il a prins en laditte ville: pour ce ladite somme de . viil. vs. t.

Sumrna : m m vc xi 1. v s. t.

Voyages et chevauchées.

A Estienne Nel, chevaucheur d’escuirie de mondit seigneur, la somme de douze livres tournois pour ung voyage qu’il a fait par commandement de mondit seigneur, partant de Molins avec le cappitaine de Blois porter lettres a monseigneur d’Aumont (1>, depar ledit seigneur, qui estoit a Blois, et dudit lieu a Saint Ament porter lettres a monseigneur de Champdenier^' et retourner audit Blois porter autres lettres audit d’Aumont, et de la a Chartres devers 1 evesque et doyen dudit lieu porter lettres de mondit seigneur, et de tout luy en apporter responce. Ouquel voyage il a vacqué, tant a aller que retourner audit Molins, par l’espace de vingt quatre journées, au feur de xs.t. par jour, vallant ladite somme de . . . . xii 1. 1.

A Martin Lutet, chevaucheur ordinaire d’escuirie de mondit seigneur, la somme de neuf livres tournois, pour plusieurs voyages qu’il a faiz par ordonnance dudit seigneur ainsi qui s’ensuit.

Premièrement, ung voyage partant de Lion porter signer lettres a mondit

111 Le sire d’Aumont, mari de Françoise de (!> François de Rochechouart, chambel-

Maillé , dame d’honneur de Jeanne de France. lan du duc.

seigneur a la Heronniere, ou il a vaqué 11 journées. Ung autre voyage dudit lieu a ladite Heronniere porter lettres a mondit seigneur qui venoient d’Ast, ou il a vaqué 11 journées. Ung autre voyage dudit Lion a Tournon devers l’abbé dudit lieu, ou il a vaqué v journées. Ung autre voyage dudit Lion a la Rocbe Guyon, en Normandie, devers le seigneur dudit lieu, luy porter lettres de mondit seigneur pour avoir ung chien courant, lequel il amena a Lion ou estoit mpndit seigneur, et vacqué tant a aller, retourner pour amener ledit chien, xxviii journées entières.

Et montent ensemble lesdits voyages, lesquelz ont esté obmis a compter ou roolle précédant d avril , may et juing, xxxvii journées entières, au feur de v s. par jour, vallent ladite somme de . ixl. vs t

A Phelipot le Jan , aussi chevaucheur ordinaire de l’escuirie dudit seigneur, la somme de sept livres quinze solz tournois , pour plusieurs voyages qu’il a faiz par ordonnance dudit seigneur.

C’est assavoir 11 journées qu’il a vacquées a aller de Lion a Coulombiers porter lettres a mondit seigneur.

Item, vi journées qu’il a vacquées partant dudit Lion pour aller a Belle en Bourgongne porter lettres au Basque pour avoir des oiseaulx pour ledit seigneur.

Item, 11 autres journées partant dudit Lion et estre alé a Anjou® porter lettres a monseigneur de Myolans <2> dcpar ledit seigneur.

Item, n journées partant dudit Lion a aller a la Verpillere apres Guillan le palefrenier qui aloit mener les grans chevaulx en Ast.

Item, 11 autres journées partant de Molins pour aller a Saint Poursin quérir le page Argelouse qui y estoit malade.

Item, vi journées partant de la Palice et estre alé a Lion porter ung chien que mondit seigneur y envoyoit et retourner a Arsy.

Item, v journées partant du Danjon pour aller a Saint Branchier en Bourgongne porter lettres au grant venneur et retourner a Jaligny.

Et six autres journées qu’il a vacquées partant dudit Molins pour aller a Tournon en Bourgongne devers ledit grant venneur luy porter lettres que mondit seigneur luy escripvoit.

(1) Anjou, département de l’Isère, arrondissement deVienne. — (!) Jacques de Miolans, seigneur d’Anjou.

PROCÈS DE DIVORCE DE LOUIS XII

Lesquelz voyages montent ensemble xxxi journées au feur de v sous par jour, vallent ladite somme de . vii 1. xv s. t.

A Nanzeay, varlet des lévriers de mondit seigneur, la somme de quarente cinq solz tournois pour deux voyages qu’il a faiz par les postes partant de la Palice pour aller a Varennes quérir maistre Jeban Burgensis, qui y estait, pour mondit seigneur qui estait mal disposé, et l’autre quérir Mondoulcet pour venir en dilligence devers ledit seigneur; pour lesdits deux voyages et postes, ladite somme de . xlv s. t.

A Jeban Dadoreau, sommelier d’eschançonnerie dudit seigneur, la somme de quarente solz tournois pour quatre journées qu’il a vacquées a estre venu tout exprès de Blois a Molins aporter lettres du chancelier et trésorier a mondit seigneur pour aucuns ses affaires, au feur de x s. par jour, vallant ladite somme de . xi s. t.

A Gambon , servant a l’eschançonnerie dudit seigneur, la somme de vingt solz tournois pour deux journées qu’il a faictes en diligence apres maistre Salmon(1) qui s’en aloit a Blois, pour le faire retourner a Molins, pour ce que mondit seigneur estait malade , pour ce . xx s. t.

A Robert Charpentier, chevaucheur ordinaire de l’escuirie de mondit seigneur, la somme de dix sept livres quinze solz tournois, pour les voyages qu’il a faiz par ordonnance de mondit seigneur cy apres declairez. .

Premier voyage, partant de Lion a aller en Angolmas avec monseigneur de Thevray, ou il a vacqué xlvi journées.

Item, ung autre voyage partant de Blois pour aller a Lion porter cinq descharges pour les faire conteroller et les retourner audit Blois, ou il a vacqué xvi journées.

Et ung autre voyage, partant dudit Blois pour aller au Danjon devers mondit seigneur luy porter lettres de messieurs ses chancelier et trésorier et retourner devers eulx porter responce, ou il a vacqué ix journées.

Et montent ensemble lesdits voyages i.xxi journées, au feur de v s. t. par mur, vallent ladite somme de . xvn 1. xv s. t.

A Perot Roux, chevaucheur d’escuirie de mondit seigneur, la somme de huit livres dix solz tournois pour voyages qu’il a faiz ainsi qui s’ensuit.

(l) Salomon de Bombelies, médecin du duc.

I remierement, ung voyage partant du Danjon et estre aie a Cheuroles devers le train de mondit seigneur qui y estoit, ou il a vacqué une journée.

Lue autre journée partant de Jalligny et estre alé a Varennes pour faire partir ledit train qui y estoit.

Ung autre voyage partant dudit Jalligny et estre alé au Danjon porter lettres a mondit seigneur, ou il a vacqué une journée.

Item, ung autre voyage partant de Molins et estre alé a Desire devers monseigneur de Nevers, ou il a vacqué m journées.

Et ung autre voyage partant de ladite ville de Molins et estre alé a Bussay devers monsieur le maistre d ostel Bonnet, que mondit seigneur mandoit venir devers luy audit Molins, ou il a vacqué unze journées.

Qui est en tout xvii journées, au feur de x s. par jour, vallant ladite somme de . vml.xs.t.

A Jehan Bordier, fourrier de mondit seigneur, la somme de soixante sept solz six deniers tournois pour ung voyage qu’il a fait par le commandement de mondit seigneur, partant de Molins pour aller a Lion, pour aucunes affaires dudit seigneur, dont ne vieulx autre declaracion en estre faicte. Ouquel voyage il a vacqué, tant a aller, séjourner que retourner audit Molins, par l’espace de îx journées entières, au feur de vu s. vi d. t. par jour, vallant ladite somme de . ixvn s. vi d. t.

A Martin Lutet, chevaucheur ordinaire de l’escuirie de mondit seigeur, la somme de huit livres quinze solz tournois, pour les voyages cy apres declairez, qu’il a faiz par ordonnance et commandement de mondit seigneur.

C’est assavoir : premier, partant de Lion et estre alé a Barme (1> porter lettres audit seigneur qui estoient venues d’Ast, ou il a vacqué ni journées.

Item, une journée partant dudit Lion pour aller a la Bresle apres mondit seigneur qui y estoit , luy porter lettres.

Item, une autre journée partant de Molins et estre alé a Torcy porter signer unes lettres audit seigneur qui y estoit.

Item, il journées pour estre allé dudit Molins a Bourbon Lensis porter lettres aux venneurs dudit seigneur.

Item, ung voyage pour estre allé dudit Molins a Charmes porter lettres

(1) Charmes , arrondissement de Gannat.

1100 PROCÈS DE DIVORCE DE LOUIS XII

a mondit seigneur que son maistre d’ostel d’Autry luy envoyoit , ou il a vacqué il journées.

Item, vingt journées qu’il a vacquées partant dudit Molins a aller en Ast porter lettres dudit seigneur a son procureur Blaisedeux et a autres pour les affaires dudit seigneur.

Et ung autre voyage pour estre alé dudit Molins a Lion quérir certaines lettres de chartre pour mondit seigneur, ou il a vaqué vi journées.

Qui est en tout xxxv journées, au leur de v s. par jour, vallant ladite somme de . vm 1. xv s.

A Jacob Erist, varlet de fourrière de mondit seigneur, la somme de cinquante cinq solz tournois pour ung voyage et despence qu’il a faicte, partant de Jaligny, pour aller a Blois porter des oiseaulx de mondit seigneur, pour les mectre en mue, et retourner audit Molins. Ouquel voyage il a vacqué xi journées, au feur de v s. par jour, vallant ladite somme de . lv s. t.

A Marin Tan, chevaueheur ordinaire de l’escuirie de mondit seigneur, la somme de vingt deux livres dix solz tournois, pour quatre vingts dix journées qu’il a vacquées et sejournées a Lion par ordonnance et commandement dudit seigneur pour nourrir et faire muer des oiseaulx que mondit seigneur luy avoit baillez, et estre venu dudit Lion a Molins, au feur de v s. par jour, vallant mi xx x journées ladite somme de . xxii 1. x s. t.

A Pierre Galerneau , de la vennerie dudit seigneur, la somme de quatre livres tournois pour ung voyage qu’il a fait, partant de Blois a aller devers mondit seigneur en Bourbonois luy mener ung chien, lequel mondit seigneur envoya quérir, pour ce . un 1. 1.

A Jehan Pourcel et Berthault Mainys, clercs, la somme de soixante huit livres tournois.

C’est assavoir : li livres v sous tournois pour ung voyage par eulx fait de Blois en Normandie es villes de Bernay, Lisieux, Caudebec, Monstiervillier, Arques, Caen et Rouen, devers les receveurs desdits lieux, pour recouvrer d’eulx la somme de vsi vc livres , dont ledit seigneur a esté assigné de sa pension pour le quartier de ( sic ). Ouquel voyage ilz ont vacqué

par l’espace de xli journées entières, au feur de xxv sous par jour, vallant somme de li livres v sous tournois, et xvi livres xv sous tournois pour avoir fait porter ladite somme de recepte a autres jusques a la ville de Blois, en

ce compris sacs, cordages et penniers, et monte tout ensemble ladite somme •le . lxviii 1. 1.

A François du Refuge, pennetier dudit seigneur, la somme de soixante dix solz tournois pour ung voyage qu’il a fait de Blois a Vau Joux devers monseigneur de Buel, luy porter lettres de par ledit seigneur pour aucuns chiens qu’il luy avoit envoyez par ledit du Refuge. Ouquel voyage a vacqué sept journées entières, au feur de x s. t. par jour, vallant ladite somme de. . . lxx s. t.

A François Doulcet, conterolleur de la despence dudit seigneur, la somme de cent solz tournois pour ung voyage qu’il a fait par ordonnance dudit seigneur, partant de Blois pour aller au Chasteau du Loir, pour soy enquérir et informer de la valeur et revenu dudit lieu(1>. Ouquel voyage il a vacqué par l’espace de v journées entières, au feur de xx sous par jour, vallant ladite somme de . . es. t.

A Jehan Chalocin, dit Valois, herault d’armes de mondit seigneur, la somme de sept vingts deux livres dix solz tournois , pour ung voyage qu’il a fait par l’ordonnance et commandement de mondit seigneur en la compaignie de messire Obsin de Novare et de maistre Jehan Hervoet, secrétaire de mondit seigneur, partant de Lion le xve jour de may et retourné audit Lion le xvie jour de juing ensuivant imxxxvn. Durant lequel temps il a esté et fait residance en Ast et autres lieux delà les nions, et a fait plusieurs voyages devers monseigneur de Savoye, le marquis de Saluce, le seigneur Constantin et autres lieux, ou il a esté par l’ordonnance et commandement de messire Jehan Jaques et ledit conte Obsin, ainsi qui luy avoit esté ordonné faire par mondit seigneur. Ouquel voyage il a vacqué, tant a aller, séjourner, comme dit est, par l’espace de mcmixx journées, qui vallent, au feur de vii s. vi den. tournois par jour, ladite somme de . vu xxii 1. x s. t.

A Guillaume Doulcet, conterolleur des finances de mondit seigneur, la somme de huit livres tournois pour ung voyage par luy fait en la compaignie de maistre Estienne Morviller a Lorry et Vitry pour estre aux baulx de la peisson ® de la forest d’Orléans. Ouquel voyage il a vacqué vin journées entières, au feur de xx s. t. par jour, vallant ladite somme de . vin 1. 1.

(1> Château-du-Loir avait été donné par le roi à Jean-Jacques Trivulce, qui cherchait h s’en défaire et qui finit par le céder au maréchal de Gié. — (!) Paisson ou panage, droit de pâturage pour les porcs.

PROCÈS DE DIVORCE DE LOUIS XII

A maistre Jehan Hervoet, secrétaire de mondit seigneur, la somme de sept vingt deux livres dix solz tournois pour ung voyage qu’il a fait en Ytalie par l’ordonnance et commandement de mondit seigneur avec ledit messire Jehan Jaques, avec lequel il c’est tenu pour les affaires de mondit seigneur par l’espace de douze mois vingt jours, qui sont iiicimxx journées, au feur de vu s. vi dcn. par jour, vallant ladite somme de . viixxnl. xs. t.

Audit trésorier, la somme de cinquante sept livres dix solz tournois pour ung voyage qu’il a fait, partant de Blois a aller a Lion mener et conduire vingt mil escuz d’or pour rendre aux marchans et banquiers dudit Lion, desquelz mondit seigneur avoit fait emprunter ladite somme pour fournir la somme de cm livres que mondit seigneur presta au Roy en ladite ville de Lion : pour lequel emprunct les bagues dudit seigneur furent mises en gaige et pour les recouvrer fut neccessaire audit trésorier y aller. Ouquel voyage il avacqué , tant a aller, séjourner que retourner par l’espace de xx jours entiers, au feur de xl sous par jour, vallant xl livres tournois, et xvii livres x sous tournois qu’il a payez a ung cbartier pour la voicture et ménagé dudit argent depuis ledit Blois jusques a Lion. Lequel chartier a semblablement vacqué xx journées tant a aller que retourner audit Blois, au feur de xvn sous vi deniers tournois par jour, vallant ladite somme de xvn livres x sous tournois, qui est, pour tout, ladite somme de . Lvii 1. x s. t.

A Jaques Hubelin, clerc, la somme de dix sept livres tournois pour ung voyage qu’il a fait par le commandement de mondit seigneur, partant de Molins pour aller a Montbrison recouvrer du receveur des tailles dudit lieu la somme de nu c livres tournois qu’il devoit du second quartier d’assignacion que mondit seigneur a sur luy pour le reste de certaine somme qui estoit deue audit seigneur pour le conte Fourgousin, Auquel voyage a vacqué, tant a aller que séjourner audit Montbrison, pour ce que ledit receveur n’avoit son argent prest, par vm journées entières. Et dudit Montbrison a esté a Lion pour faire amener les hocquetons des archers de la guarde dudit seigneur audit Molins. Ouquel voyage a vacqué, tant a aller dudit Montbrison a Lion et séjourner pour faire embalcr lesdits hocquetons et trouver cheval pour les porter audit Molins, par l’espace de vu journées entières, qui sont xv journées au feur de xii s. vi deniers tournois par jour, vallant ix livres vu sous vi deniers tournois, et vii journées domme et de cheval qui a mené lesdits hocquetons au pris de xv sous tournois par jour, autant d’aler que de retour, vallant cv sous : pour

1 embalage , toilles et cordage et basles xxxn sous vi deniers tournois, et xv sous que cousterent lesdits nn c livres, qui estoit monnoye, a porter depuis Montbrison jusques a Lion. Et monte tout ensemble ladite somme de . . xvn 1. 1.

A Estienne Nel, chevaucheur d’escuirie de mondit seigneur, la somme de buit livres tournois pour voyages qu’il a faiz par l’ordonnance dudit seigneur cy apres declairez.

Premièrement, ung voyage partant d’Amboise et estre alé a Molins devers monseigneur de Bourbon et retourner a Tours, porter lettres a mondit seigneur, ou il a vacqué vi journées, pour le louage des chevaulx qui luy a convenu louer pour faire dilligence, lxxsous.

Item, ni journées pour estre alé de Tours a Chaumont porter lettres de mondit seigneur a monseigneur de Rouen, qui sont îx journées, aufeurde x sous tournois par jour, vallant ou livres tournois; pour tout, ladite somme de . viril, t.

A messire François de Rouchouart (1), chevalier, seigneur de Champdenier, chambellan de mondit seigneur, la somme de douze livres tournois pour ung voyage qu’il a fait par l’ordonnance de mondit seigneur, partant de sa maison pour aller a Chartres devers Tevesque dudit lieu et doyen de l’eglise de Chartres, leur porter lettres et parler a eulx depar ledit seigneur. Ouquel voyage il a vacqué par l’espace de xii journées entières, au feur de xx sous par jour, vallent ladite somme de . xuil. t.

Summa : vc lxvi livres xvii sous vi deniers tournois.

(1) En 1497, François de Rochechouart avait e'té chargé par le duc d’Orléans d’organiser la tutelle des enfants du comte d’Angoulême (voir ci-dessus page lix) et de faire entendre raison à ce sujet à Louise de Savoie. 11 en est fait mention comme il suit dans les Comptes de 1497 (Bibl. nat. ,

Cabinet des titres , Orléans, t. XIV, f. 976):

«A Messire François de Rochouart, chevalier, seigneur de Champdeniers , premier chambellan dudit seigneur, la somme de cinquante cinq livres deux solz six deniers tournois pour ung voiage qu’il a fait par ordonance et commandement de mondit seigneur, partant de Lion a aller a Coignac et

autres lieux ou estoit madame d’Angolesme, on il a vacqué, tant a aller, séjourner que retourner audit Lion, par l’espace de xlv jours, au feur de xx s. par jour, vallant xlv liv. tourn.

trltem, bailla a des gens de conseil qu’il fist venir de Saint Jehan d’Angely en Angolesme pour communicquer avecques lui et parier a madite dame depar ledit seigneur louchant l’ordre de sa maison et gouvernement de ses enffans, lequel conseil a vacqué un jours entiers, pour leurs despenses de leurs chevaulx et vacacion xlii s. vi den.

«Qui est en tout ladite somme de lv 1. 11 s. vi den.n

Despence commune.

Aux clercs de maistre Jehan Peguineau, secrétaire du Roy, la somme de soixante douze solz six deniers tournois, pour leur peine d’avoir fait unes lettres, qui fault porter a messeigneurs des comptes a Blois, pour ungne ordonnance que le Roy a fecte sur les guetz des chastellenies, pour tant en failloit lettres pour le chasleau de Blois; pour ce, ladite somme de. .. lxxii s. vi d. t.

A Jaques de Cursot, seigneur dudit lieu, la somme de soixante quatre livres quinze solz tournois en xxxvn escuz d’or couronne, que mondit seigneur a ordonnez luy estro baillez comme gardeur de gaiges, pour payer le seneschal, Galiot, le seigneur de Jauly et Lalier, contre lesquelz mondit seigneur a perduz a la paulme dedans le jeu du chasteau d’Amboise ; pour ce, ladite somme de . Lxini 1. xv s. t.

A maistre Jehan Menou, secrétaire du Roy, trente cinq solz tournois, pour une provision qu’il a fete pour mondit seigneur, servant a faire renvoyer les causes qui ont esté relevées en l’eschiquier de Normandie aux grans jours de Saint Sauveur Lendelin , pour ce . xxxv s. t.

A Jehan Guiot, clerc de maistre Jehan Cotereau, la somme de dix livres tournois a luy ordonnée pour plusieurs despesches, lettres et escriptures qu’il a fetes pour les affaires de mondit seigneur et en sa maison, durant l’année finissant le derrenier jour de septembre imxxxvn; pour ce, ladite somme de . x 1. 1.

Aux clercs de maistre Florimont Robertet, secrétaire des finances du Roy, la somme de sept livres cinq solz tournois, en quatre escuz d’or au soleil, qui leur ont esté baillez pour leur peine d’avoir grossoyé et fait expedier le don des greiniers de mondit seigneur pour année commençant le premier jour d’octobre mi c un xx xvii (1), pour ce . vii 1. v s. t.

Aux clercs de monseigneur le general Briçonnet, trente six solz trois deniers tournois, pour avoir grossoyé et fait expedier a mondit seigneur le general l’atache dudit mandement, pour ce . xxxvi s. ni d. t.

Summa : mi xx ix livres ni sous ix deniers tournois.

Summa totalis : mi m iii c xlii livres vi sous ni deniers tournois.

(1> II s’agit des greniers à sel du duché , dont le revenu appartenait au roi, mais que le roi tous les ans donnait au duc depuis

nombre d’années. (Voir Bibl. nat. , Cabinet des titres, Orléans; Catalogue de la vente Joursanvault, etc.)

Loys, duc d Orléans, de Milan et de Valois, conte de Blois, de Pavie et de Beaumont, seigneur d’Ast et de Coucy, a nostre amé et féal chancellier et general gouverneur de toutes noz finances , maistre Denis Le Mercier, salut et dilection.

Savoir faisons que nostre amé et féal conseiller, trésorier, argentier et receveur general de toutes noz finances. Jaques Hurault a, par nostre ordonnance et commandement, paie, baillé et délivré aux personnes cy dessus nommées les parties et sommes declairées en ce présent raoulle de parchemin poulie fait de nostre trésorerie des moys de juillet, aoust et septembre l’an mil cccc quatre vingts dix sept , montans ensemble a la somme de quatre mil trois cens quarente deux livres six solz trois deniers tournois, pour les causes plus a plain contenues oudit roolle. Laquelle nous voulons que , en rapportant ledit roolle avec sesdites présentes signées de nostre main et seellées de nostre seel et de vous, general, veriffiées, avecques quictances ou certifficacion desdites parties, icelle somme de mi m iiic xlii livres vi sous ni deniers tournois soit allouée en la despence des comptes de nostredit trésorier et argentier et rabatue de sa recepte par noz amez et feaulx conseiiliers les gens de noz comptes, ausquelz nous mandons ainsi le fere sans aucune difficulté, nonobstant quelzconques ordonnances, mandemens, restrinctions ou deffenses a ce contraires.

Donné a Blois le vr jour d’avril, l’an de grâce mil cccc quatre vingts dix sept.

LOYS

Par monseigneur le duc : Cotereau.

Vise fuerunt présentes supradicte in caméra compotorum domini, die secunda aprilis anni domini millesimi quadringentesimi nonagesimi septimi.

Baffart.

LPRIUEItie NATIONALE.

PROCÈS DE DIVORCE DE LOUIS XII

îkÿS.

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