‹ Procédures politiques du règne de Louis XII [i.e. douze]Chapitre 36 sur 348 · REQUETE DU MARECHAL · texte numérisé non relu

REQUETE DU MARECHAL

repoussant la procédure inquisitoriale : concluant à la délégation de commissaires -, et à V autorisation d’avoir un conseil.

(Trésor des chartes de Bretagne, E 191, n° 2.)

A messeigneurs du grant conseil, supplie Pierre de Rohan, duc de Nemours, chevalier de l’ordre du Roy et mareschal de France; comme

l) La terre de Montcontour, entre Tours et Loudun, appartenait au sire de Segré.

(2) D’après l’exemplaire coté E 1 9 1 , n° 2 , pièce 3 , aux archives de la Loire-Inférieure ,

la déposition de Jean Grimaud, que nous avons reproduite page 7, d’après l’exemplaire coté E 191, n° 1, sous la date du 7 juillet, serait du même jour que celle-ci, 8 octobre.

tout le temps de sa vie il se soit, grâces a Dieu, saigement et prudentement gouverné et conduyt en touz ses affaires, et depuys quarante deux ans en ça, il ait continuellement employé tout son temps ou service des Roys et de la chose publicque de ce royaume, en quoy il se soit grandement, louablement et vertueusement porté et acquité, ainsi que tout ce est comun et notoire en ce royaume et ailleurs, sans avoir fait, commis ou entreprins aucune chose digne de blasme ou reprehencion ; et ce neantmoins , depuys peu de temps en ça , soubz umbre de certaines telles quelles informacions qu’on dit avoir esté faictes par gens prins a poste, et au raport d’aucunes gens malveillans, ennemys capitaulx, emulateurs, conspirateurs et controuveurs de ceste affaire, du tout suspectz a icelluy suppliant, par le dire et depposicion desquelz l’estât, honneur et renommée dudit suppliant, en tout bon jugement, ne peult, ne doit estre en riens grevé, chargé ou actenue, vous, Mesdits seigneurs, non advertiz desdites conspiracions, malveillances et autres causes de suspicion susdites, auriez décerné quelque adjournement personnel a l’encontre de luy, en voulant contre luy procéder par voye d’inquisicion, tout ainsi que s’il par informacions non suspectes vous estoit apparu ledit suppliant estre chargé des cas a luy impousez : a quoy toutesfoiz, eu regard ausdictes suspicions et autres choses dessusdites, en touz termes de raison, la matière n’est subjecte. Ce considéré, et affin d’empescher par voye de droit le procès inquisicional , vous plaise recevoir ledit suppliant a prouver et informer, tant de sa bonne famé et renommée que aussi desdictes conspiracions, innimictez, malveillances et autres suspicions dessusdites : et pour ce faire députer aucuns de vous, Messeigneurs, ou autres, telz qu’il vous plaira, par davant lesquelz ledit suppliant, sur les intenditz et articles qu’il entend faire a ceste lin, fera ses preuves.

Et, avecques ce , pour soustenir et conduire l’effect de ceste présente requeste , vous plaise luy concéder et permectre avoir du conseil qu’il vous requiert luy estre par vous impartv et distribué, et vous ferez bien.

— Quant le suppliant aura obey et satisfait a l’appoinctement donné «e jour d’uy, par lequel a esté dit qu’il respondra aux interrogatoires

qui lu y seront faitz , le conseil luy pourvoira sur le contenu y dessus, ainsi qu’il appartiendra par raison (1).

Fait a Orléans, le quinziesme octobre, mil cinq cens et quatre. — J. De Moulins.

Donné, etc.

L’interrogatoire du maréchal ayant commencé le même jour, i5 octobre (ci-après, page îào), il fut fait droit à sa requête et commission fut donnée d’examiner ses témoins aux juges déjà institués pour l’examiner lui-même.

Orléans, 17 octobre i5o&.

COMMISSION AUX CONSEILLERS CH. DE CARMONNE, PRESIDENT, NICOLAY, DU PR AT ET PIERRE DE SAINT-ANDRE D’INSTRUIRE À CHARGE ET A DECHARGE..

(Trésor des chartes de Bretagne, E 191, n° 1.)

Orléans, 18 octobre i5e&.

DÉPOSITION DE RENAUD BOUCHETEL, CLERC, SERVITEUR DU MARECHAL ( Même cote que ci-dessus. )

Il avoue avoir vu M. de Segré après son interrogatoire, mais sans aucune mission de la part du maréchal M.

(J| Cf. le texte de l’appointement portant cette décision, ci-dessous page 12 h.

(i| Ce Rouchetel , dont il est souvent question au procès, appartenait sans doute à l’importante famille Rouchetel de Rourges, dont un membre , Jean Bouchetel , secrétaire de Louis XI, était beau-frère de Jacques Cœur. En 1 5 0 4 , Bernardin Bouchetel était

commissaire aux revues (voir Bibl. nat. , fonds français , ms. 2 S7 1 8 , n° 1 0 2', quittance du uk janvier i5o5, nouveau style). En 1 4g8, François Bouchetel, comme maire de Bourges, reçut Jeanne de France. ( Jeanne de France, duchesse d’Orléans, par M. de Maulde, p. 36g.)

(3) Voir ci-après, page 167.

Orléans, 19 octobre i5o6.

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