EN FAVEUR DU MARECHAL
Il ne sait rien des propos allégués contre lui.
(Trésor des chartes de Bretagne, E 191, n° 1.)
Du xixe octobre mil cinq cens et quatre, a Orléans.
Pardevant nous, Christofle de Camionne, conseillier du Roy et president en la court de Parlement a Paris, Jehan Nicolay et Anthoine Du Prat, conseilliers et maistres des requestes ordinaires de l’ostel dudit seigneur en son grant conseil, commissaires en ceste partie, messire Brandelis de Champaigne , natif du Maine aagé de cinquante deux ans ou environ, apres serement par lui fait sur les sainctz evangilles de Dieu de dire* vérité sur ce qu’il sera par nous interrogué , a dit et depposé en la maniéré que s’ensuit.
Et premièrement, interrogué si on lui a jamais parlé de le mettre au service de monseigneur d’Angoulesme : dit que oy et qu’il peut avoir trois ans, le Roy estant a Lyon, monseigneur le mareschal de Gyé lui en parla.
Interrogué en quelles parolles lui en parla ledit le mareschal : dit que ledit mareschal lui dist que madame d’Angoulesme 1 avoit par pluseurs foiz requis et pressé de lui trouver quelques bons personnaiges, pour dresser et mettre ordre ou fait de la maison de mondit seigneur son fdz, pour ce que les principaulx serviteurs de la maison de feu monseigneur d’Angoulesme estoient trespasses, et que ledit mareschal
Compagnon d’armes du maréchal, il servit dans toutes les guerres et fut grièvement blessé à Saint- Aubin-du-Cormier; conseiller et chambellan du roi, seigneur de Bazoges, Brouassin, Villaines, Vaucelles et Bazailles , capitaine de cent hommes d’ar¬
mes des Ordonnances, lieutenant général d’Artois, grand sénéchal du Perche, du Maine et du comté de Laval, gouverneur de Saumur, troisième fils de Pierre, sire de Champagne, prince de Montorio et d’Aquilas.
cognoissoit deux bons gentilzhommes qui estoient saiges pour bien servir mondit seigneur d’Angoulesme en sesdites affaires; et lui avoit ledit mareschal nommé lui qui parle et le seigneur de Segré : et avoit ledit marescbal oultre dit a ladite dame qu’il ne savoit si lesdits deux gentilzhommes vouldroient servir ledit seigneur d’Angoulesme, parcequ’ilz estoient au Roy et qu’ilz avoient gros estât de lui, et que a peine en pourroit elle finer sans le congié du Roy.
Interrogué s’il y eut autres parolles entre ledit mareschal et lui , touchant ceste matière : dit que ledit mareschal demanda a il qui parle qui lui en sembloit : a quoy lui qui parle fit responce qu’il n’avoit jamais esté en service que des Roys et ne vouldroit servir deux maistres, et n’avoit intencion de servir autres que les Roys; et dit, sur ce interrogué, qu’il n’y eut autres parolles entre ledit mareschal et lui qui parle, et ne lui parla depuis ledit seigneur mareschal de ladite matière.
Dit outre, sur ce interrogé, qu’il cognoist ledit seigneur mareschal si bon chevalier que il s’en vouldroit bien raporter a lui , mais que , la ou ledit seigneur mareschal vouldroit dire le contraire, que il lui respondroit que ne seroit pas vray. . . .
Dans le reste de sa déposition , le sénéchal du Maine reconnaît qu’il est un vieux compagnon d armes du maréchal, qu’il a été le voir plusieurs fois, qu il a reçu ses confidences, mais il ne sait rien quant au fond du procès.
Orléans, 19 et 21 octobre ibo&.