PAR LE ROY
Soit interrogé par messeigneurs du grant conseil, Pierre de Rohan, seigneur de Gyé, mareschal de France, chevalier de l’ordre, sur les interrogatoires qui s’ensuivent, leurs circumstances et dependences.
I. Et premièrement, soit interrogé du lieu de sa nativité, savoir s’il est né de Bretaigne, si son pere en estoit, quelz biens y avoit sondit pere, et s’il estoit chancellier de Bretaigne.
II. Si ledit de Gyé a esté entretenu par le leu duc de Bretaigne, pere de la Royne; comment et en quel estât.
III. Si le duc, a sa requeste, fist baron de Lanvaulx le seigneur de Guemenné, son frere, et s’il fut cause du premier mariage dudit de Gyé, et de quelle maison estoit la dame de Penhouët, sa première espouse, et quelz biens elle avoit.
IV. Item, si ledit feu duc lui fist jamais don ne bienfait de vaysselle d’argent, chevaulx, or, argent ou autres biens, ou, et quant, et en quelle quantité,
V. Item, si ledit pere d’icelui de Gyé estoit aisné de la maison de Rohan ou puisné, et en quel degré il estoit parent du seigneur de Rohan.
VI. Item, si, depuis la creacion en baron dudit seigneur de Guemenné, frere aisné dudit Pierre, ledit seigneur de Guemenné posséda et tient ladite baronnie et seigneurie de Lanvaulx, a lui donnée par ledit feu duc.
VII. Item, si, a cause desdites choses ou autrement, il estoit et est subject et vassal dudit feu duc de Bretaigne, et mesmement de la Royne, a présent duchesse dudit pays, et si, a cause de ce ou autrement, il a fait le serement de fidelité audit feu duc, ne a ladite duchesse.
imprimerie nationale.
VIII. Item, qui fut cause de le mettre au service du feu Roy Loys XIe, et par quel moyeu, s’il a eu de grans biens dudit feu Roy Loys et quelz.
IX. Item, si ledit Roy Loys, peu paravant son trespas, lui donna congié et le mist hors sa maison, et pour quelle cause, et en quel lieu il se retira.
X. Item, si ledit feu Roy Loys estoit lors délibéré de lui faire faire son procès, le mettre en justice et autrement le faire punir, et pour quelle cause.
XI. Item, par quel moyen il vint au service du feu Roy Charles buitiesme, apres le deces dudit feu Roy Loys, quelz estât et pencion ou autres dons et biensfaiz il eut dudit Roy Charles, combien il perdit au retour du voyage de Naples, a la journée de Fournoue et quelle recompense il en a eu, et si ce a esté en argent ou autrement, et, outre, en quoy a esté assignée ladite recompense, et si depuis il a pas eu de grans biens et honneurs dudit feu Roy Charles, et quelz, et si la Royne lui a pas aidé a les avoir.
XII. Item, si, durant qu’il estoit avec ledit Roy Charles au royaume
de Naples, apres la conqueste et obéissance faicte au Roy, a rançonné aucuns habitons dudit royaume et prins a tort et sans cause plusieurs sommes de finance et entr’autres de la maison de .
XIII. Item, si, a occasion des exactions et pilheries que ledit de Rohan et autres firent audit royaume de Naples, les habitans d’icelui rebellèrent a l’encontre du Roy et se misdreut a la subgection du seigneur dom Phederic.
XIV. Item, s’il a esté bien entretenu par le Roy qu’est a présent et la Royne, et en quelle auctorité et estât, a quels clespens il vivoit, et depuis quel temps il commença a tenir maison lorsqu’il estoit en court.
X\'. Si le Roy et la Royne ont esté cause de son second mariage, si ledit mariage estoit grant, et si ung des plus grans seigneurs de France ne s en fut pas bien contenté.
XVI. Comment il eust l’olfice de mareschal de France, et s’il le
eut, vivant le mareschal Joachin Rouaud son predecesseur; pourquoy elle fut ostée audit Rouaud, et qu’il avoit fait.
XVII. Comment il s’est porté, et s’il a fait son devoir a servir le Roy audit office de mareschal, et s’il a esté tousjours aux guerres en personne ainsi que son office le requert, et qui ont esté ses lieuxtenants.
XVIII. S’il a esté et est chevalier de l’ordre, chambellam ordinaire, mareschal de France et capitaine d’Angiers, Amboyse et autres plusieurs lieux, et son fîlz bailly et capitaine de Tours, et qui a esté et est son lieutenant a Angiers et Amboyse, et quelz gens il a tenu lesdits lieux.
XIX. S’il y avoit homme en France, de robe courte, qui approuchast plus du Roy et de la Royne que lui, ne a si grant crédit.
XX. Item, s’il a requis et fait requérir ladite dame de plusieurs choses pour lui et ses amys, lesquelles lui a libéralement concédées et octroiées.
XXI. S’il jura pas qu’il serviroit bien et loyaument le Roy en la charge desdits offices, quant il lui furent baillez, et ne reveler aucun secret, et par quel moyen il les a obtenuz.
XXII. S’il a tousjours depuis prinsles gaiges et autres droitz appartenais ausdits offices, et si, a cause dudit office de mareschal, lui appartenoil mettre commissaires pour les montres des morte payes de France et autres gens de guerre, et quelz personnaiges il y a commis, et en quel temps.
XXIII. Combien il y avoit de ses gens et serviteurs domesticques qui avoient gaiges de hommes d’armes et d’archiers soubz les cent lances qu’il avoit du Roy.
XXIV. S’il veit jamais le Roy malade, et quantes foiz, et en quelz lieux, et s’il a point dit qu’il ne povoit gueres vivre, et a qui, et si de sa maladie ou mort il a devisé ou parlé a ses gens, domesticques ou autres personnes, en quelle maniéré, ou et par quantes foiz.
XXV. S’il s’est vanté que, apres la mort du Roy, il feroit encores rnieulx ses besoignes qu’il ne faisoit par avant.
XXVI. Si, durant que le Roy estoit dernièrement a Lyon, il manda lettres missives ou messages, a quelzques personnes, pour faire savoir a aucuns, ses parens, amys ou serviteurs, la maladie du Roy, et quantes foiz, et en quelz lieux, et si de ce il veult croire et se rapporter a ceulx qui en firent les diligences.
XXVII. S’il s’est enquis a aucun médecin du Roy quelle fin prendrait sa maladie, si ledit seigneur en echaperoit, et quelle response lui fist, et qui est le médecin.
XXVIII. S’il a parlé de ce, ne de la mort du Roy aux appoticaires du Roy, ou a leurs serviteurs, et quelles parolles il en eust avec eulx, quantes foiz, et ou, etc.
XXIX. S’il a parlé de ladite maladie ou mort a aucuns chambellans ou varletz de chambre du Roy, quantes foiz, et s’il les en veult croire.
XXX. S’il a jamais conspiré la mort du Roy, ne icelle desirée.
XXXI. S’il a dit a aucun personnaige que le Roy se mourait en brief et ferait la fin de sa mere, et s’il a mandé, par lettres ou par creance, icelles parolles a qui, ne par qui, et en quel temps.
XXXII. S’il a mandé, par lettres ou message ayant creance, qu’il savoit une maladie secrete en la personne du Roy et qu’il mourrait en brief d’icelle maladie, et ne pouvoit longuement vivre, quelle estoit ceste maladie, et comment il le savoit, ne par qui.
XXXIII. S’il a fait aucuns préparatoires pour assembler ou faire assembler gens en grant nombre, sans le sceu et congié du Roy, et s’il en a parlé au prothonotaire d’Ambayrac, et a quelles fins.
XXXIV. Qui le mouvoit de mettre et faire tenir ses gens d’armes sur la riviere de Loire, quant le Roy estoit dernièrement a Lyon, et combien ilz y ont esté.
XXXV . Pourquoy il ne tenoit ses gens d’armes en frontière, comme ilz avoient paravant acoustumé, et si lesdits gens d’armes luy ont remonstré qu’d faisoit trop cher vivre a la Cherité et Desize ou il les faisoit tenir, et quelle response il leur en fist.
XXXM. Pour quelle cause il desappoincta le lieutenant de ladite
compaignie durant quelle estoit près de ladite riviere de Loire, et s’il parla jamais de la Royne ne de madame sa fdle a aucuns desdits gens d’armes, ne aussi de la maladie ou mort du Roy, et si les en veult croire.
XXXVII. Si, quant il parla au Roy en presence de la Royne, il lui parloit d’une sorte et, en son absence, d’une autre sorte, et s’il l’a pas ainsi dit et confessé.
XXXVIII. S’il a pas declairé que la Royne ne luy vouloit point bien et le havoit, aussi faisoit il elle, et la craignoit moins que rien, pour quelle cause il disoit aymer point la Royne qui estoit sa princesse naturelle et souveraine dame, et si jamais il mesdit d’elle a aucune personne.
XXXIX. Quant il a ouy, plusieurs foiz, louer et exaulter ladite dame, s’il en secouoit pas la teste et changeoit propoz, comme malcontent des biens qu’on en disoit.
XL. S’il a pas dit a aucuns qu’il ne vouloit pas hanter la Royne, et la cause pourquoy, a qui il en parla, ou, et s’il en a jamais eu devise avec le capitaine de Loches, le grant maistre de Bretaigne ou autres, quelle response ceulx a qui il en devisoit lui en faisoient, ou ce fut, en quel temps, et qualités foiz.
XLI. S’il s’est vanté que la Royne lui tenoit tort de la terre de Bressac et avoit tenu la main pour Régné de Gossé contre lui.
XLII. S’il a pas dit que la Royne lui tenoit tort pour l’office de lieutenant de Tours, et que ladite Royne lui avoit donné une vennie en faisant aporter l’artillerie d’Amboyse a Bloys.
XLIII. S’il a pas declairé a madame d’Angoulesme que la Royne ne tachoit que de le afoiblir, et a quelz fins.
XLIV. S’il a dit a madame d’Angoulesme ou autres que le Roy lui avoit dit que icelle dame le tromperait.
XLV. S’il a fait diligence et procuré d’avoir le gouvernement de monseigneur d’Angoulesme, et pourquoy.
XLVI. S’il fist jurer les arehiers estans a la chappelle d’Amboise, sur Corpus Domini, de servir le Roy soubz sa charge et de laire ce que Ploret leur commanderait en son absence.
XLVII. S’il avoit, paravant, envoie en ladite chappelle pour savoir si Corpus Domini y estoit, a quelle fin, et par qui.
XLVIII. Si, par avant ledit serment prins a ladite chappelle d’Amboise, lesdits arehiers lui avoient fait autre serment, et quel.
XLIX. S’il est acoustumé de prendre telz seremens sur le Corps Nostre Seigneur, pourquoy il le faisoit, de qui il se doubtoit, et combien de temps par avant lesdits arehiers y estoient, dont il les avoit fait venir, et combien il en avoit.
L. Si! a pas declairé ou fait declairer ausdits arehiers ou aucuns deulx, en chambre ou a part, que, le cas advenu de la mort du Roy, il transporterait ledit seigneur d’Angoulesme a Angiers ou ailleurs, et s’i les en veult croire.
LI. S il a parle a autres personnes de amener ledit seigneur d’Angoulesme audit chasteau d Angiers de nuyt le plus secrètement que serait possible, afin que iceulx de Tours n’en eussent cognoissance, et a quelles fins.
LU. S il dist que on praticast le consentement de ce faire envers madame d Angoulesme, si on povoit, et, si elle ne vouloit ce consentir, que on ne laissast pour elle a le faire.
LUI. S il dist a icelui Ploret ou autres que fist faire grande quantité de bateaulx sur la riviere de Loire pour besoigner plus promptement, et qu on dist que c estoit pour aller a 1 esbat sur ladite riviere, es isles près Amboyse.
LIV. S il a devisé madame d Angoulesme ne autres personnes desdits basteaulx, disant qu’il les failloit faire plus tost que plus tart, a ce quon les trouvast au besoin pour la conduicte dudit seigneur d’Angoulesme audit Angiers, le cas advenu de la mort du Roy qui devoit advenir soudainement, ainsi qu’il extimoit; disant oultre que lesdits bateaulx eussent aussi servi pour empescher la Royne d’aller enRretaigne.
LV. S’il donna charge audit Ploret que homme du monde n’entrast audit chasteau d’Angiers apres que mondit seigneur d’Angoulesme y serait, et que, si monseigneur ou madame de Borbon y venoient, qu’il ne les y laissast entrer.
LVI. Quelle paour ou craincte il avoil dudit seigneur de Borbon ou autres grans personnages, puisqu’il ne vouloit qu’on les laissast entrer audit chasteau d’Angiers, ne parler audit seigneur d’Angoulesme qui eust esté oudit cas leur Roy, pourquoy, et a quel fin.
LVII. S’il dist que, en ce faisant, l’on gardast bien ceulx de la ville de Tours ne s’en apparceussent, et la cause pourquoy.
LVIII. S’il a dit a ladite dame d’Angoulesme ou autres qu’il ne cognoissoit, en ce royaume, personnages pour myeulx gouverner et instruire ledit seigneur d’Angoulesme que messire Brandelis de Champaigne, le seigneur de Segré, Ploret, Calongeat, l’Espinace et Cadet pour ses maistres d’ostelz, escuiers et varletz de chambre, et s’il a fait poursuite et diligence de les mettre a son service.
LIX. Si les dessus nommez estoient ses familiers et domestiques et la pluspart ses serviteurs ordinaires, et a quelle fin il les vouloit mettre avec ledit seigneur, soy despartir d’eulx et les mettre hors son service, considéré qu’ilz lui avoient et ont tousjours esté bons et loyaulx.
LX. Si, il et les dessusdits, ont jamais devisé de la maladie ou mort du Roy, et en quelle façon, et s’ilz ont tenu conseil de ce que eust esté a faire, ledit cas advenu, et si les en veult croire ou aucuns d’eulx.
LXI. S’il a pourchassé, par long temps et plusieurs foiz, de mettre son filz pour coucher avec monseigneur d’Angoulesme, et a quelles fins.
LXII. S’il a fait persuader, par le capitaine de Loches ou autres, ladite dame d’Angoulesme de lui tenir la main touchant le gouvernement dudit seigneur d’Angolesme, son filz, et pour estre et demourer le plus grant du royaume.
LXIII. S’il a dit qu’il trouvoit tousjours ladite dame d’Angolesme en un g estât et propoz, mais qu’il ne s’en soucioit pas beaucop, car, la mort du Roy advenue, il s’en feroit bien croire.
LXIV. S’il a dit autresfoiz a madame d’Angoulesme que son plaisir fust le mettre plus près de monseigneur que nul autre, pour avoir le gouvernement par sur tous, et s’il luy a pas declairé qu il estoit 1 omme
en ce monde que lui povoit plus nuyre ou aider, et pourquoy, et a quelle fin.
LXV. S’il a dit que son intencion estoit de mettre mesdites dame la Royne et sa fille en sa subjection pour faire d’elles et de la duché de Bretaigne, apres le deces du Roy, a son plaisir, et a quelle fin.
LXVI. S’il s’est vanté qu’il vaulsist mieulx a la Royne se aider de lui et des siens et qu’ilz estoient pour lui faire plus de service que les Gascons et autres qu’elle tenoit en son service, et soit interrogé a qui il en a parlé, et ou.
LA VII. Si! a dit, ne divulgué que ladite dame malcontentoit ses barons de Bretaigne et les plus grans dudit pays, et lesquelz s’estoient, et pourquoy.
LX VIII. Item, soit interrogé a quelle fin il entendoit, ledit cas advenu du deces du Roy, arrester, se saisir ou empescher la Royne et ladite dame, sa fille, daller en leurdit pays de Bretaigne ou ailleurs.
LXIX. Si! a pas declairé que, s’il avoit le gouvernement de Guienne, qui! pretendoit avec sa seigneurie de Fronzac et ung seigneur d Albret a ses espaules qu il estoit pour faire ranger les plus grans de France a sa voulenté.
LXX. S’il a pas délibéré que, apres la mort du Roy, laquelle il attendoit en brief et a grant affection, il garderait bien que la Royne et madame ne s en iraient, en Bretaigne.
LXXI. S il a pas declairé la Royne estre bien abusée et quelle cuydoit estre bien servie et obeye de ses subgectz de Bretaigne, mais qu elle n’estoit pas comme elle cuidoit et qu’il y avoit ja pourveu et mis ordre, et soit interrogé en quelle maniéré.
LXXI1. Si, en allant ou venant a Lyon, il rencontra jamais le seigneur de Rohan W, quelles parolles ilz eurent ensemble, et touchant quoy.
LXXIIl. S d a dit, depuis, qu’il avoit parlé audit seigneur de Rohan et qu il luy avoit fait bonne response, et de quoy c’estoit.
1 > Son cousin, le sire de Rohan, capitaine de Saumur.
LXXIV. S’il a dit qu’il feroit venir les cent lances qu’il avoit soubz sa charge sur la riviere de Loire afin d’estre plus près pour lui servir quant il en auroit affaire pour ses entreprinses, et s’i les y a point fait venir, en ensuyvant son propos et deliberacion.
LXXV. S’il les gardoit bien de piller, frapper, murtrir et mutiler les pouvres gens.
LXXVI. Si jamais il a eu plaincte qu’ilz eussent forcé, mutilé, ou tué aucuns pouvres gens subgectz du Roy, et si lesdils crimes sont venuz a sa cognoissance , et s’il en a fait aucune justice, punicion ou diligence pour ce faire.
LXXVII. Si, depuis deux ou trois ans en ça, il a esté requis de faire justice de Plouret, son lieutenant, et d’aucuns autres ses archiers estans par lui ou son commandement mis au chasteau d’Amboise; lesquelz, ou aucuns d’eulx, avoient fait mourir une femme grosse audit lieu, a cause de quoy sondit lieutenant fut adjourné a Paris, dont n’a esté fait aucune punicion, ains ledit mareschal a porté et soustenu lesdits archiers comme ses serviteurs en advouant ledit cas.
LXXVIII. Item, s’il eust jamais intelligence avec le seigneur Ludovic, et s’il eut oncques dons ou aucuns presens dudit Ludovic ou d’autres de par lui, et mesmement a l’appoinctement que fut fait a Versay avec ledit feu Roy Charles et les comunaultés de Ytalie.
LXXIX. Quelles parolles il eut, touchant ce, avec les embassadeurs et messagiers dudit seigneur Ludovic, et s’il promist tenir la main a l’encontre dudit seigneur d’Orléans qui lors estoit, et s’il en veult croire ledit seigneur Ludovic.
LXXX. Item, si, en retournant dudit royaume de Naples, il rançonna plusieurs places et villes dudit pays de Ytalie, et d icelles eust et exiga grans sommes de deniers.
LXXXI. S’il a declairé, quant madite dame la fille du Roy estoit a Loches, qu’il estoit bien aise de ce qu’elle y estoit, pour ce que Loches estoit loing de riviere et parcequ’il en feroit mieulx son plaisir, quant le cas seroit advenu de la mort du Roy, qu’il n’eust fait si elle estoit a Blays; et pourquoy il le disoit et a quelle fin.
IMPRIMERIE HATIONAIE.
LXXXII. Si, apres que l’artillerie fut ostée d’Amboyse et menée a Blays, il declaira pas que monseigneur d’Angoulesme n’estoit pas bien a Amboyse, car ce n’estoit pas place pour se defendre.
LXXXIII. S’il avoit point de craincte d’estre assailly, par qui, ne a quel propoz.
LXXXIV. S’il s’est vanté qu’il avoit les capitaines de Tours, Chinon et Saumur bien ses amys, et qu’il s’en aideroit bien a son besoing.
LXXXV. S’il a mandé en Bretaigne, ne ailleurs, que le Boy estoit fort malade, et qu’il s’en alloit mourir.
LXXXYI. S’il a fait jamais riens savoir de ce audit seigneur de Guemené, ne aux seigneurs Du Chastel, Bohan et Bieux, et s’il en veult croire ledit Du Chastel, ne aussi Olivier Bavuriez et Olivier son fîïz , serviteurs d’icelui seigneur Du Chastel.
LXXXVII. S’il a fait escrire ou savoir en Angleterre ladite maladie du Boy et qu’il ne povoit gueres vivre, et s’il en a eu lettres ou messagier, ne aussi dons d’Angleterre, puis cinq ans derniers, et par quelz messagiers, et quantes foiz.
LXXXVIII. S’il a fait savoir, par escript ne autrement, au feu pape Alexandre et au duc Valentinois, que le Roy ne povoit gueres durer ne vivre, et par quantes foiz, et par quelz messaigers, et s’il en veult croire ledit duc Valentinoys, et s’il cognoist bien i’escripture et signe dudit duc de Valentinoys, et quel service il avoit fait audit feu pape, par quoy ledit feu pape se tenoit plus tenu a lui que a nul autre du royaume.
LXXXIX. S’il a jamais envoié aucunes lettres au Roy des Romains, ne aucun messagier ayant de lui creance.
XC. Si! a autresfoiz envoié lettres ou creance au Roy d’Espaigne, en quel temps , touchant quoy, ne par qui.
XCI. S’d a receu d’autres foiz des lettres sécrétés et dons dudit Roy d’Espaigne.
XCII. S il a esté adverti de l’inquisicion contre lui faicte, par qui, et le moien.
XCIII. S’il a fait aucune response au Roy, et signée de sa main, touchant les cas a luy imposez, et s’il advoue ladite response, et si elle contient vérité.
XCIV. S’il a occupé riens du domaine du Roy et auctorité d’icelui, et s’il a baillé a rente perpétuelle aucunes attaches ou places de moulins ou pescheries, pour attribuer a luy et a ses seigneuries, sur les rivières de Gironde, Dordoigne ne autres rivières, ou quartier de Rourdeaulx; de quelle auctorité, et a qui, et pour quelles quantités de rentes.
XCY. S’il a fait servir les mortes payes estans pour le Roy es chasteaux du Ha, de Tronpete et autres a Rourdeaulx, et au chasteau de Rlaye, a garder ses places, en fraudant et diminuant le service du Roy.
XCVI. Combien de mortes payes il a mis et fait tenir a Fronzac pour la garde du chasteau depuis qu’il en a la possession, et si c’estoit aux despens du Roy.
XCVII. Combien, par ordonnance du Roy, doit il avoir ordinairement de morte payes es chasteaux du Ha, de Tronpete et de Rlaye, et si le nombre y a tousjours esté sans discontinuacion.
XCVIII. S’il a fait faire la monstre desdites mortes payes, et par qui, et s’il a excusez ceulx qui a son mandement l’avoient servy aux despens du Roy a Fronzac, et combien de temps.
XCIX. S’il en a point fait retirer partie desdits chasteaulx et fait mettre a Fronzac, ou s’il en a prins d’autres a son apetit pour mettre audit Fronzac, qu’il faisoit payer soubz le nombre que devoit estre ausdit chasteaux pour le Roy et es despens du Roy.
C. Soit enquis si icelui de Rohan, apres qu’il fut adverty par monseigneur le légat de ladite conspiracion que estoit desja descouverte, ploura point, ne pourquoy, et s’il dist en plourant, de ceste matière, a aucuns personnages de court, qu’il s’en vouloit aller hors le royaume.
Donné, etc.
Orléans, 16 octobre, i5o4.
APPOINTEMENT DU GRAND CONSEIL, METTANT LE MARECHAL AU SECRET DURANT SON INTERROGATOIRE.
(Trésor des chartes de Bretagne, E 192, n° 2.)
Du seziesme jour dudit mois d’octobre, audit an, a Orléans, au conseil du Roy ou estoient :
Monseigneur le chancellier, M. Carmonne,
M. DES PoNTOTZ,
M. Nicolay,
M. De Prato,
M. Baudot,
M. DE LüYNES,
M. Buynart P),
M. Maignier,
M. de Sainct André, M. Cohardi',
M. Pavye,
M. Selva,