‹ Procédures politiques du règne de Louis XII [i.e. douze]Chapitre 7 sur 348 · P,!1!EH1E NATIONALE · texte numérisé non relu

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l’ombre les protégés d’Anne de Bretagne; il ne cherchait qu’à lui donner le change à elle-même. Admis le matin à entretenir le roi, avant son lever, des affaires de l’État, si la reine partageait le lit de Louis XII ou bien se trouvait dans la chambre, le maréchal composait ses paroles et disait souvent le contraire de sa pensée, quitte à se contredire une heure après (1). Anne se croyait adorée en Bretagne ® : Pierre de Bohan avait soin d’y entretenir certaines petites inimitiés En France, il sondait adroitement et cherchait à s’attacher ® les personnes qu’on savait mécontentes de la reine, le sire d’Albret® et autres.

Une très grave affaire vint grossir ces difficultés.

Un des premiers soins du roi en montant sur le trône avait été, sur le conseil même du maréchal (6), de faire venir auprès de lui, afin de les avoir cr dans sa main « , la comtesse d’Angoulême et ses enfants®. Louis XII aimait fort peu la jeune comtesse, femme artificieuse, perfide®, rancunière; et même, sans l'intervention du maréchal, il lui aurait volontiers retiré la garde de ses enfants®. 11 chargea verbalement le maréchal de Gié du gouvernement du jeune prince et de la garde de la mère (10).

m P. 5, 4i, i64. — Notamment elle comblait de pensions les barons (p. i64).

(S) Représentées par le sire de Segré, mécontent, quoiqu’il eût encore (p. 70) de grosses pensions (p. 48, 106), le maréchal de Rieux (p. 54, i64, 20g), Olivier de Coetmen (p. i63), te sire de Rohan. . .

<5) Arn. Ferron. «Erat Alebretus parum gratus ob fldem olim violatam ad Britanniam. » Le sire d’ Albret était mécontent qu’on lui contestât le comté de Castres, que son beau-frère Boffile de Juge lui avait transmis.

Le maréchal l’engageait h tenir bon et à envoyer des représentants à la cour. Le maréchal voyait avec déplaisir la reine s’entourer de Gascons (p. 1 65 ). P. 43, i56,

<6) P. 202. — L’évêque d’Albi, Georges

d’Amboise et le sire du Bouchage donnèrent au roi le même conseil.

P. 1 55. Il continua Louise de Savoie dans la tutelle (p. 727) et assigna 800 liv. de pension au jeune comte.-(Bibl. nap, Cabinet des titres, Orléans, XV, n° 100A.)

<3) P. 160.— Leslettrespatentesconférant le duché de Valois à François d’Angoulême sont datées du Verger. (Ordonnances , t. XXI, p. i64.) Saint-Gelais dit que Louis XII laissa tra madicte dame d’Engoulesme tout entièrement le gouvernement de ses enfans et de leurs biens , sans jamais y avoir voulu metti-e homme ne femme sans le vouloir de ladicte dame, dont elle luy est merveilleusement tenue et obligées. G’est un langage singulièrement officiel.

|lt) P. 1 33 ,149, 1 55 , 190, 192, 207,

Après avoir mené la comtesse à Romorantin, puis i’ avoir envoyée à Biois W, dont on reconstruisait alors le château (2', le roi désigna le château d’Amboise comme sa résidence *3'. Le maréchal acheta la capitainerie d’Amboise*4' à prix d’or *5' et y installa un petit *"' détachement d’archers de sa compagnie, sous les ordres du capitaine Ploret, son homme de confiance *7'.

Bientôt tous les regards se tournèrent vers le château d’Amboise, lorsqu’on put conjecturer que le jeune François d’Angouîême hériterait de la couronne. Pierre de Rohan , maître du cours de la Loire, c’està-dire de la route de Bretagne, par ses capitaineries d’Angers et d’Amboise et par la nomination de capitaines à sa dévotion dans les places de Tours et de Saumur *sî, s’appliqua avec un soin minutieux à fortifier la situation de son pupille princier et la sienne propret10'. La reine, pied à pied, cherchait à contrecarrer*11' des desseins dont elle entrevoyait parfaitement le but. Elle vint faire à Amboise une entrée solennelle pour affirmer sa souveraineté *12' : elle obtint du roi l’ordre d enlever de

(l) La peste régnait alors (1^98) à Blois et à Romorantin (Saint-Gelais).

(s) r Les maçons y besoignoient.»P.202,

(t) P. i46, tgo, aoa, 2o4, 3 1 1 , 35g, 36o ; arch. d’Amboise, Compte des élus, CC 1 1 4 , Inventaire de M. l’abbé Chevalier. — La date de cet achat n’est pas clairement établie. Suivant le maréchal, il aurait eu lieu vers Noël 1698 (p. 102); suivant d’autres témoins, il n’aurait eu lieu que bien plus tard (p. 369, 36o); ce qui est certain , c’est que le maréchal était capitaine d'Amboise en 1499.

<s) En définitive , la capitainerie d'Amboise valait 600 livres par an : le maréchal assura à Codebecarre, le capitaine, un revenu égal, et versa comptant 2,000 écus. 11 fit nommer Codebecarre capitaine à Milan et celui-ci s’y distingua. (Jean d’Aulon,t. I", p. 97, 106.)

<7> Ploret était breton (p. 79),

(*> P. 4, 38, i36, i52, i58, 204, et bibl. de Nantes, fonds Bizeul, n° 126. — Le maréchal comptait aussi sur le capitaine de Chinon (p.-i38).

(•> Il ne pouvait avoir à Amboise plus de 2 5 archers et encore ceux-ci y vivaient-ils si difficilement qu’il fallait les relever périodiquement. Ces archers commirent quelques excès qu’on reprocha vivement au maréchal , quoiqu’il fût alors en Milanais (p. 42 , 86 , i37, 218, 283, 356, 35g, 36i, 373, 38o, 38i, 382, 383, 384, 385).

(“i P. 25, 28, 35, 52, 54, 56, i58, 161, 191, 249, etc., et p. 297, 3o3.

(12) Inventaire de M. Chevalier, p. 53. Elle y entra sans le roi. (Cartier, Essais historiques sur la ville d’Amboise, p. ii et 52.)

i.xvin PROCÈS DU MARÉCHAL DE GIË.

l'artillerie que le maréchal avait fait installer sous un hangar ® : elle obtint la nomination d’un de ses hommes comme lieutenant à Tours®.

Du côté de Louise de Savoie, traité en apparence sur le pied de la plus cordiale et de la pins intime familiarité au point de prêter à l’insinuation que, veuf depuis 1 Ô97 M, il voulait épouser sa jeune cousine ® ; sans cesse en correspondance avec elle quand il se trouvait à

(1) Voir le récit de tout cet incident dont le maréchal fut fort courroucé, p. 27, 35, 46, 5i, 75, 1 38 , 159, 2/ i 9 , 25o, 254. Cet incident se produisit vers 1 499 ou i5oo (p. i59).

<!> P. 34, i33, 1 63. — Le maréchal, toujours insatiable, aurait voulu obtenir la terre de Brissac : la reine la lit donner à un jeune favori, René de Cossé, panetier et chambellan, mais fort insignifiant, plus propre à organiser une chasse qu’à mener une affaire. Le maréchal en fut outré : il se croyait te pour servir s d’autre taille que René de Cossé (p. 34, 54, i33, 1 63 , 208, 254). — La terre de Brissac appartenait aux Brézé : Louis XI- la confisqua , mais il la rendit en i48i. Jacques de Brézé la céda définitivement à René de Cossé le 26 mai i5oa (d’après le P. Anselme). Le roi ne dut intervenir à la vente que d’une manière indirecte.

(3> P. 355, 356, 357, 36i, 363, 364, 383,728,780. — Le maréchal ayant acheté la forêt d’Étampes , en Saintonge , Louise de Savoie, comme dame de Chizé (après les d’ Armagnac), lui abandonna les droits de lods et ventes, d’une valeur environ de 700 livres; elle réitéra cet abandon par mandement du 20 juin i5o3 et se montra fort serviable pour lui dans toute cette affairé.

' 1 Depuis le 19 mai 1497, selon dom Morice, ms. de Nantes 1807. Cf. Pr. de l Hist. de Br et., t. III, c. 84o. Brantôme

prétend que le maréchal s’était remarié à Naples. 11 confond sans doute avec le fils aîné du maréchal qui se remaria , en 1 5 1 2 , avec Jeanne de Saint-Séverin, comme le dit un poème (traduit de vers latins) sur le Verger (ms. fr. 2235], f. 49) :

Or Pierre de Rohan, le mareschal de France,

Troys enfans masles eut en première alliance Qu’il feist par mariage avec de Penhouet La dame, entre lesquelz Charles premier estoit,

Du Verger et Gyé seigneur, conte de Guyse ;

Le second fust François, archevesque, en l’eglise, De Lyon, et d’Angers evesque ; le tiers Pierre, Lequel tint de Rohan la seigneurye et terre Par Anne, de Rohan heritiere, qu’il eut Pour femme, et de par luy airisy repeuplé fut De Rohan le sang masle estainct et périssant,

Que voyons a présent très beau et florissant.

Ce Charles, filz de Pierre, eut pour première femme Charlotte d’Armignac, et cesle bonne dame Estant morte en gessine, il va en Itallie De Bezignan au prince et de luy il s’allve,

Prent sa fille, excellente en beauté et en grâce,

Aux roys de Naples proche et de sang et de race;

Le nom est Sainct-Sevrin , la case Bezignan.. . .

w P. 294,3o4,3o5. — Aucun témoin ne le confirme; néanmoins plusieurs historiens ont avancé ce fait comme certain , en y ajoutant des détails de fantaisie. (V. M. deLescure, Les amours de François I", p. 42, note; Valout, Hist. du château d’Amboise,

p. 495 . ) Le maréchal avait plus de

cinquante ans. Il épousa Marguerite d’Armagnac, qui était plus âgée et plus riche que Louise de Savoie.

INTRODUCTION

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