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üa cour <0, n’épargnant rien pour ia servir ,W, le maréchal sentait aussi le terrain peu solide et se heurtait souvent à des intrigues. Il avait du peu à peu épurer l’entourage W, sous prétexte d’économie, et introduire quelques nouveaux serviteurs plus surs que les autres W. Il cherchaità inspirer confiance à Louise de Savoie il lui exprimait son dévouement pour le jeune comte W, il laissait deviner que la reine avait des intérêts peut-être différents M. ... On connaissait l’état de santé du roi W. Mais, malgré mille égards, Louise n’était pas femme à pardonner au maréchal cette espèce de captivité ni la surveillance exercée sur son fils W ; le maréchal (10) le sentait parfaitement!11). Tout était matière à grief. Le maréchal chassa de la maison l’historien Saint-Gelais, sire de Montlieu : Mme d’Angoulême s’en montra peinée, froissée, d’une manière vraiment bien particulière et qui donna lieu a de singuliers bruits !12h Lorsque le comte d’Angoulême sortit des mains
if! P. 357, 364, 367.
(3) Le sire de Surgères (un Breton) avait épousé , par les soins du maréchal , une fille naturelle du feu comte d’Angoulême et de Jeanne de Polignac (p. 3 1 3, 3 14, 36a, 364). Jeanne de Polignac était restée' dans la maison comme amie d’enfance du feu comte et comme gouvernante de François d’Angoulême: François coucha dans sa chambre jusqu’à l’âge de quatre ans, âge où sa mère le prit dans la sienne. C’est le maréchal qui avait éloigné Jeanne de Polignac : Surgères en témoigna un vif mécontentement : le maréchal dut le chasser, et naturellement Louise prit parti pour lui , quoiqu’il méritât peu de considération (p. 76, 167, a35, etc.).
i4! P. 69, 70, 79, 79, i35, 211, 212, 262, 371 (et à ce sujet i56, 107). Le maréchal congédia ainsi les sires de Fléac et de Mailloux (ou d’Amailhou) comme » vieux et pesans», et les remplaça par Pierre de Pontbriant. Il ne conserva Renaud du Refuge qu’à la demande de Louise de Sa¬
voie et seulement comme écuyer tranchant (p. 371).
I5' P. 2 5i et passim.
<•> crMon roi, mon seigneur, mon César, et mon fils!»... comme disait Louise de Savoie. ( Journal de Louise de Savoie.)
<”! P. 147, 1 4 8, 2 33. — Louise de Savoie, lorsqu’elle arriva à la cour et fut remise à la garde du maréchal, crut comprendre que celui-ci était l’auteur de son déplacement. Elle lui en voulait déjà de son rôle d’exécuteur testamentaire (p. 2.33. — Contra, p. 266, 267, 293).
(ll>) Quoique, tout haut, il s’en louât (p. 29A).
,n> P. 27, 1 35, 1 58, 234, 294. (V. l’avis du roi, p. 55 , 160.)
(12) Saint-Gelais raconte lui-même (p. 36g) comment il dut quitter la .maison d’Angoulême, où il se trouvait depuis trente-huit ans. Il ne fut privé toutefois d’aucune de ses pensions ni de ses, charges (p. 369, 370);
des femmes W, Louise de Savoie obtint d’abord de le garder dans sa chambre : mais le soin de mener chaque mâtin le prince à la messe et à la promenade incombait au lieutenant du maréchal. Un certain Du •Restai, chargé de cette mission pendant une absence du lieutenant ordinaire, s’en acquitta, il faut en convenir, plutôt en soldat qu’en courtisan. Louise de Savoie n’admettait personne à son lever, pas même ses femmes de service (2). Chaque matin Du Restai allait recevoir le prince à la porte de sa mère. Un jour il trouva la porte fermée et on lui répondit sans explications que le prince ne sortirait pas. Craignant une surprise, il insista, et, sur le refus des valets de chambre d’ouvrir la porte, il la poussa lui-même, et elle céda. Louise fut outrée '3I : elle se plaignit que des mortes-payes W voulussent assister à son lever; elle en fit beaucoup de bruit, elle écrivit de tous côtés à la cour pour réclamer la destitution du maréchal (5). Le maréchal de Gié , alors près du roi à Lyon , fut le premier à blâmer son lieutenant et à le destituer M; il vint s’installer lui-même à Amboise b), et lorsqu’il dut en repartir pour accom-
il revint même à Amboise ; Louise de Savoie iui fit dire de ne plus revenir (p. 367 et 368), néanmoins on continua encore à le voir partout dans son entourage (p. 3 1 4 ). Il paraît que cela était public. Les amis de Saint-Gelais attribuaient son renvoi à un motif d'économie (p. 3y 1 ) , mais on y voyait un motifbeaucoup plus grave (p. 235,275, 278).
(1) C’est-à-dire de Jeanne de Polignac.
Bien que nous ne relevions pas les nombreuses erreurs auxquelles ont donné lieu les événements que nous retraçons, ce fait a produit une confusion tellement plaisante que nous ne pouvons la passer sous silence. Le. bibliophile Jacob ( Hist . du xvd siècle , t. III, p. 83), et, sur sa foi, M. de Lescure (Les amours de François I" , p. A3), M. Vatout (p. Agi). . . en infèrent que François avait déjà des mœurs très dissolues. Il rr avait, à l’âge de dix ans, dit le bibliophile
Jacob., une maîtresse, une cour, des favoris et des guerres. Une damoiselle de sa mère, nommée Jeanne de Polignac, couchait avec lui. « Jeanne de Polignac, que nous n’entendons pas défendre d’ailleurs, était grand’mère, et François coucha dans sa chambre jusqu’à l’âge de quatre ans !
<!) P. 2 3 A. — Elle vint même trouver le roi à Chinon; le maréchal lui dit qu’il était enchanté quelle eût fait ce voyage (p. 35, 5 A , 3 1 2 ). Il chassa Surgères à cette occasion (p. 235, 2 9A). L’évêque d’Albi, à qui s’était notamment adressée Louise de Savoie, instruisit le maréchal de toutes ces menées.
Il faut sans doute rapporter aux environs de cette époque une lettre amicale du maréchal de Gié au sire du Bouchage,
INTRODUCTION
pagner le roi en Italie, il laissa à un nouveau délégué, le sire de la Roque, les plus expresses recommandations W. Mais Louise de Savoie n’attendait qu’une nouvelle occasion pour recommencer ses plaintes (2h Le maréchal partageait alors avec le cardinal d’Amboise le pouvoir suprême <3). Sa prospérité était au comble et l’on s’en fait une idée en voyant le roi lui demander comme un service personnel de lui prêter 20,000 écus W, en engageant une partie de sa vaisselle d’or, pour la guerre d’Italie (6). Le maréchal achète en bas Poitou la forêt d’Étampes et la seigneurie de Frontenay-la-Batu (actuellement Fron* tenay-Rohan-Rohan) il retrouve en i5oi la jouissance de ses domailles du royaume de Naples W et s’empresse de les vendre pour 12,000 livres <8>. Il loue à Trivulce pour 600 ducats par an des biens que le roi venait de lui transporter en Milanais M. Il accompagne le roi en Lombardie en t5o2i10* et règle toutes les affaires de l’occupation
Maréchal en i5o3. Le domaine de Baugé, affecté en effet an payement de cette dette, ne fut dégagé que par le duc d’Alençon, le 3o avril 1 5 1 6 . ( Dictionnaire d’Expilly, V° Baugé.)
<•> P. 38g, 683, 686 et 687.
(s) P. 692. — Il les vendit à Albéric Caraffa, comte de Marigliano, qui, du reste, prétendait à leur possession et se qualifiait duc d’ Ariane.
m P. 690, 878 et 379. — Trivulce les sous-loua. Ces terres avaient été jusque-lli attribuées à l’évêque de Luçon.
<l0) Il accompagna le roi à un incendie à Asti, à son entrée à Milan et à Gênes, à un tournoi... (Jean d'Auton, t. II, p. 108, 186, 1 89 , i 99 , 2 1 7 ; A. Ferron , Descriptio adventus Ludovici XII, Francorum regis, in urbem Getmam.)
<H> On a prétendu que cela avait, été pour le maréchal une source de profits immenses, évalués à 100,000 ducats (p. 2 84, 373, 376
datée d’Amboise ai avril : le maréchal raconte qu’il a reçu un coup de pied de cheval , mais qu’il compte bientôt cependant pouvoir remonter à cheval et accompagner cnostre maistre la ou il luy plaira». (Bibl. nat. ,ms. fr. 2928, f. 52.) Le maréchal avait donné aussi au jeune comte d’Angoulême une haquenée qui faillit le tuer en i5o2. ( Journal de Louise de Savoie. )
P. 235 et 236.
(3) Mémoires de Fleurânges, ch. i,
P. 699, 701, 710. Bibl. nat., mS.
fr. 2930, f. 127.
(s) Le maréchal prêta au roi la somme de 20,000 livres (p. 710 et 711). Le procureur général, plus tard, a contesté la réalité de ces prêts du maréchal et prétendu n’y voir que des actes simulés, obtenus par lui pour s’assurer la possession de Baugé, qu’il n’avait qu’à titre viager. C’est une étrange accusation et bien fausse. Une première somme de 5, 000 livres fut remboursée au
en l’absence du cardinal d’Amboise, éloigné par la fièvre M. Au retour d’Italie, il s’empresse de revenir à Amboise M.
En i5oi, le roi et Louise de Savoie avaient tous deux été gravement malades (3), et cette circonstance décida sans doute le maréchal à prendre l’initiative d’un projet qu’il mûrissait et qu’il croyait nécessaire à l’avenir de la France : le mariage de la jeune Claude, héritière de la Bretagne, avec François d’Angoulême, héritier de la couronne de France. Dès i5oi, il ouvrit les négociations près du roi et de la comtesse avec une insistance (4) dont l’histoire doit lui savoir gré et qui sera son éternel honneur. Le roi se montra très favorable aux projets que lui exposait le maréchal et il lui permit d’en parler en son nom à Louise de Savoie; il en parla lui-même à la comtesse (5). Louise, au contraire, marqua peu d’empressement (6). Le divorce de Louis XII avec Jeanne de France, si justifié qu’il fût, avait causé un scandale difficile à calmer. Claude de France était aussi disgrâciée que Jeanne et paraissait presque
et suiv.); mais on ne prouva rien, sinon que te maréchal avait vendu les domaines à lui concédés en Italie, comme nous l’avons dit. Les Génois lui offrirent en i5oa pour Aoo ducats de vaisselle d’or, comme don de bienvenue , mais officiellement : toute la cour reçut de pareils présents. L’évêque d’Albi, evir integerrimæ famæ», comme dit l’auteur de la Descriptio adventus, avait reçu le même présent; Georges d’Amboise reçut un plat et une aiguière d’or de la valeur de a,5oo ducats. (Jean d’Auton, t. II, p. a3ç), Descriptio adventus....) C’était une curée générale. Sur son lit de mort, le cardinal d’Amboise récapitulait que, lui, cardinallégat, archevêque de Rouen et pensionnaire du roi, il recevait tous les ans, depuis la conquête de Milan, 5o,ooo ducats, rendus à Lyon, delà part des Milanais, Génois, Bolonais, Lucquois, Romains, Napolitains et Siciliens; 3o,ooo ducats des Florentins et des Sardes, et, en outre, divers cadeaux des
Florentins. Le cardinal avait aussi reçu des terres en Milanais. Le sire de Chaumont faisait reconstruire à grands frais son château de Meillant , et l’on disait : b Milan a fait Meillant. -, Louis de Gravide avait prêté 80,000 livres au roi. Dans son testament, il déclara abandonner cette somme et rendre purement et simplement au roi les terres qu’il avait en engagement.
(1) Jean d’Auton, Descriptio adventus . . . . Le P. Anselme, t. VII, Moreri,t. IX, p. 3o8, l’appellent général en chef des armées du roi.
(î> M. Chevalier, Inventaire, p. 3 6 2 .
<3) Les médecins pronostiquèrent dès lors une mort subite du roi (p. SA, ia3, i3i, 198, 1A8 et 249).
<*> P. 6, 35, 36, 76, 83, 108, 109, 110, 166. — Tout le monde savait que c’était l’ambition du maréchal.
INTRODUCTION