DÉPOSITION DE ROBERT DE LA MARTHONNIE, ECUYER, SEIGNEUR DE BONNES W
sur les rapports du maréchal et du sire d’Albret.
(Trésor des chartes de Bretagne, E 192, n° 1.)
Du premier jour de mars, mil cinq cens et quatre, a Paris.
Robert de la Marthonnie, escuier, seigneur de Bonnes, aagé de xxxiu ans ou environ , tesmoing produict de la part du procureur general du Roy sur les xxxii, xxxm, xxxv, xxxvi, xt, xn, xlii, xliii et xliv° des articles des salvacions baillées par ledit procureur contre messire Pierre de Rohan, seigneur de Gyé et mareschal de France, apres serment par luy faict de dire vérité, dit, sur les xxxii et xxxm0 desdits articles, que, apres et depuis le mariage de feue madamoiselle Marguerite d’Armagnac, duchesse de Nemours, et dudit de Rohan, il fut aux obsèques de feu monseigneur d’Albic en l’eglise des Cordeliers de Lyon , et vid en icelles obsèques monseigneur d’Albret et messire Pierre de Rohan emsembie près l’un de l’autre; et est recors que, au sortir d’une porte de ladite eglise, il vid ledit de Rohan fere place audit d’Albret pour passer le premier.
Dit oultre qu’il fut présent en la ville de Lyon en ung soupper que fit monseigneur l’evesque du Puy a monseigneur le légat, auquel soupper luy qui deppose demoura, tant pour servir monseigneur d Albret, son maistre, que aussi pour aider affaire le service avec les gens dudit evesque du Puy, son grand oncle. Et vid ledit de Rohan assis audit soupper joignant monseigneur d’Albret. Durant lequel souper mondit seigneur d’Albret et ledit de Rohan eurent plusieurs paroles et devises ensemble; et le scet parcequ’il estoict présent audit souper.
Et plus ne scet desdits xxxii et xxxm0 articles, parceque luy qui dep-
<*) Serviteur du sire d’Albret, petit-neveu de IMvêque du Puy.
imprimerie na-tionài
pose n’estoict présent quant ledit de Rohan dist adieu audit seigneur d’Albret.
Sur le xxxvc desdits articles, dit qu’il y a six ans ou environ qu’il est au service de mondit seigneur d’Albret et qu’il a veu, durand ledit tamps qu’il a servy, ledit seigneur d’Albret joyr du comté de Castres et en jôyssoit paravant et ne scet s’il y a procès pour raison dudit comté, ne autrement, entre mondit seigneur d’Albret, ledit de Rohan et son filz.
Sur le xxxvic desdits articles, dit qu’il n’a sceu que mondit seigneur d’Albret se soict vanté devant le Roy, ne ailleurs, de se vanger dudit de Rohan.
Dit plus que, au moys de may derrenierement passé, ledit seigneur d’Albret, son maistre, estant lors en sa maison de Nayrae, et luy qui deppose en sa maison de Donnes, escrivit a luy qui deppose qu’il se retirast par devers luy pour l’acompaigner a aller en court, et que le Roy l’avoit mandé venir par devers luy. A ceste cause partit ledit deppousant et trouva ledit seigneur d’Albret, son maistre, a Montignac, et jllec ouyt dire qu’ilz y estoient venuz aulcuns messaigiers de part le Roy pour le haster de venir et encores, quant luy qui deppose arriva audit de Montignac, y avoit ung gentilhomme du Roy ou de la Rovne, du nom duquel n’est recors, qui estoit audit lieu de Montignac pour haster ledit seigneur d’Albret; et par ce moyen croit icelluy depposant que ledit seigneur d’Albret ne s’est ingéré de luy mesures d’aller en court.
Dit plus que luy qui deppose estoict présent au lieu de Montrischart quant les commissaires ordonnez par le Roy vindrent examiner ledit seigneur d’Albret, et est recors que icelluy seigneur d’Albret a regret et deplaisance depposoit de ladite matière, et le scet, car icelluy seigneur d Albret dist que il seroit content n’estre embesoigné en ladite matière pareeque ledit de Rohan estoit son parant et chevallier de 1 ordre. Et ne croit icelluy depposant que ledit seigueur d’Albret voulsist dire ny depposer autre chouse que vérité, actendu la dignité et qualité de sa personne.
Sur les xl, xli, xlii, Xliii et xuve desdits articles, dit que luy depposant, au tamps mencionné ausdits articles, estoict paige de monseigneur d’Orval, par quoy au vray ne sauroit. depposer du contenu en iceulx articles, si n’est qu’il a ouy dire audit seigneur d’Albret et autres qu’il s’estoit retiré en Bretaigne avec le Roy qui est a présent et plusieurs autres du royaume; et autre chouse n’en scet, si n’est du contenu alla fin dudit XLive article que le feu roy C-harles, derrenier trespassé, et le Roy estant de présent, depuys ladite guerre de Bretaigne, ainsi qu’il est notoire, ont recuylly ledit seigneur d’Albret, faict bonne chere et traicté en estât et pencion; et le scet luy qui deppose parseque, du tamps dudit feu roy que ledit depposant estoict au service dudit seigneur d’Orval, et aussi du tamps du Roy qui a présent est, luy que deppose, estant au service dudit seigneur d’Albret, a veu plusieurs foiz ledit seigneur d’Albret en court et estre traicté par lesdits roys ainsi que dessus a dit et depposé.
Et autre chose ne scet du contenu esdits articles et a signé sa depposition. — R. de la Martonie.
Même date.